Principales formes de racisme

Dernière modification: 9 octobre 2018

L’antisémitisme

Dans le langage courant, l'antisémitisme est une forme de racisme dirigée contre les Juif·ve·s. La religion est utilisée comme critère distinctif, les Juif·ve·s sont utilisé·e·s comme boucs émissaires à qui est attribués la responsabilité des divers problèmes locaux, voire des problèmes mondiaux.

L'antisémitisme peut même aller jusqu'à accuser les Juif·ve·s de vouloir chercher à contrôler le monde ou à conspirer contre l'humanité. L'antisémitisme tend, dans sa forme la plus extrême, à l'élimination des Juif·ve·s. Cette forme de racisme existait déjà dans des époques anciennes, où les personnes de religion juive étaient montrées du doigt, et subissaient toutes sortes de discriminations.

L’islamophobie

" Phobie " vient du mot grec " phobos " qui signifie fuite (due à la panique), qui implique aussi une peur intense et irraisonnée.

L'islamophobie désigne une hostilité, des sentiments négatifs ou une attitude xénophobe envers l'islam, ou certaines de ses formes et, par amalgame, envers les personnes d'origine arabe ou maghrébine.

Elle se traduit par de la peur, des préjugés, des actes quotidiens de racisme et de discrimination ou des manifestations plus violentes, envers l'islam et les musulman·e·s.

L'islamophobie est une forme de racisme puisque la religion de l'islam devient un critère distinctif et que les musulman·e·s endossent le rôle de boucs émissaires.

La stigmatisation à laquelle sont confronté·e·s les musulman·e·s s'est intensifiée suite aux événements du 11 septembre 2001 (attaque du World Trade Center par le groupe terroriste Al Quaida) et plus récemment les attentats en Europe revendiqués par l'organisation terroriste Etat islamique.

Le racisme anti-arabe

C'est une forme de racisme puisque l'origine arabe (originaire de la péninsule arabique, un arabe n'est pas forcément de religion musulmane) devient un critère distinctif et que les arabes endossent le rôle de boucs émissaires.

Cette forme de racisme est différente de l'islampohobie puisque le racisme anti-arabe n'est pas forcément un acte dirigé contre la religion musulmane. Toutefois, un acte raciste pourrait combiner les deux et l'hostilité dirigée contre une personne ou un groupe de personnes, pourrait être causé à la fois par son origine arabe et son appartenance à la religion musulmane.

L'attentat du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center de New-York et ceux en Europe revendiqués par l'organisation Etat islamique, ont donné lieu à des nouvelles manifestations de racisme anti-arabe.

La tendance à généraliser et à associer tout arabe à l'extrémisme islamique, le soupçon et la méfiance généralisée à l'égard des personnes arabes (ou qui nous semblent être arabes), ont aggravé la situation de celles et ceux qui étaient déjà victimes de ce racisme anti-arabe ou anti-musulman.

Le racisme anti-noir

Le racisme anti-noir est une forme de racisme qui a sa propre spécificité (de la même manière que l'antisémitisme a la sienne). Il doit être différencié de toutes les autres formes de racisme, de discrimination et d'intolérance.

Le racisme anti-noir représente toute attitude ou comportement qui vise à dévaloriser et à nuire à une personne de couleur noire. Il utilise une caractéristique physique, la couleur de la peau, comme critère principal de discrimination.

Le racisme anti-noir consiste donc à caractériser un ensemble humain par des attributs naturels, en les associant en même temps à des caractéristiques intellectuelles et morales qui s'appliquent à chaque individu relevant de cet ensemble.

Il existe un racisme des Blanc·che·s envers les Noir·e·s (comme d'ailleurs l'inverse: racisme des Noir·e·s envers les Blanc·che·s) mais également un racisme entre Noir·e·s, lié aux nuances de noir. Un "teint clair", un "bleu noir", "couleur de miel", "demi-blanc", sont des variations de ton que les personnes de couleur noire utilisent entre elles pour se caractériser et se différencier.

Les Noirs ont payé un prix suffisamment élevé à ce jour, pour justifier qu'on utilise un terme spécifique (le racisme anti-noir) qui traduit toutes les violences qui leur ont été historiquement infligées, toutes les exploitations dont ils ont souffert.

Par exemple, le Gouvernement sud-africain avait mis en place l'Apartheid, un racisme anti-noir officiel qui limitait très fortement la liberté des Noir·e·s. Jusqu'à son abolition au début des années 1990, les discriminations touchaient de nombreux domaines et excluaient les Noirs de la possession du territoire (87% aux Blanc·che·s), de l'accès à la propriété. Leur accès à la formation professionnelle et à l'éducation était très réduit. L'Apartheid limitait leur liberté de se marier, de se déplacer, etc.

En Suisse, le racisme touchant cette population par définition "visible" est bien présent quel que soit le statut de la personne (commerçant·e, réfugié·e, fonctionnaire international·e, étudiant·e,...) ou sa nationalité (il y a des Suisse·esse·s qui sont noir·e·s). On a pu observer en Suisse le risque dans l'opinion publique d'associer automatiquement couleur de peau et criminalité. Pourtant, les Noir·e·s délinquant·e·s ne sont qu'une minorité.

Le fait est, qu'aujourd'hui encore, chaque Noir·e peut constater que le racisme anti-noir existe bel et bien.

Le racisme anti-blanc

Le racisme n'est pas toujours dirigé vers celui que l'on croit. Le racisme anti-blanc (ou albophobie) désigne le racisme dirigé contre les personnes de couleur blanche.

Il s'agit souvent d'un phénomène qui vient s'ajouter à une autre forme de racisme, en général le racisme anti-noir. On peut aussi le voir comme « un racisme à l'envers ». Cette manière de voir est cependant contestée par certain·e·s qui estiment que le racisme envers les Blanc·che·s comme est un racisme comme les autres.

Le concept de racisme anti-blanc reste encore controversé parmi de nombreuses associations de droit de l'homme et de lutte contre le racisme ainsi que parmi certain·e·s intellectuel·le·s. Pourtant de nombreuses agressions nous montrent bien que le racisme anti-blanc est aussi une réalité. Il est donc important de reconnaître le racisme partout où il se manifeste.

En effet, comme tout groupe, les Blanc·che·s peuvent être confronté·e·s à des préjugés racistes. Ces préjugés se fondent, entre autres, sur le mythe de « la toute-puissance blanche » qui consiste à attribuer aux Blanc·che·s la responsabilité de tous les problèmes possibles et imaginables qui frappent un individu appartenant à un groupe social minoritaire.

Comme pour les autres formes de racismes, il faut se souvenir que chercher un bouc émissaire qui explique les problèmes du moment et sur qui on peut mettre la faute est un mécanisme courant. Il peut arriver pour une personne que le simple fait d'être blanche la place dans la position de bouc émissaire.

Plusieurs tendances dans les sociétés modernes prouvent que le racisme anti-blanc existe bel et bien et il est tout aussi condamnable que les autres formes de racisme. Mais on en parle beaucoup moins et il existe très peu d'études à ce sujet. Peut-être parce qu'il est un peu tabou.

La xénophobie

Le concept de "xénophobie" n'a pas été défini dans la norme pénale antiraciste suisse, de sorte qu'il doit être compris au sens usuel du terme. Selon le Petit Robert [édition de 1976], la xénophobie est définie comme étant "l'hostilité à ce qui est étranger". L'étranger·ère peut être une personne d'une autre nationalité venant d'un autre pays, ou simplement d'un autre village ou d'un autre groupe.

La xénophobie est donc l'expression d'une hostilité systématique ou irrationnelle à l'égard de l'étranger·ère ou de ce qui est perçu comme étranger, c'est-à-dire extérieur à moi et à mon groupe d'appartenance. Sa présence ou sa venue est considérée comme un problème, un risque ou une menace pour un équilibre économique, social ou culturel, une menace pour l'harmonie locale.

On a pu observer que ces sentiments apparaissent souvent dans un contexte de crise économique ou de rencontre de cultures. Il apparaît aussi que la xénophobie est souvent la conséquence d'une manipulation des sentiments des individus pour qu'ils voient celles et ceux qui ont d'autres coutumes, traditions ou comportements comme étant étranges ou même menaçant·e·s.

La xénophobie devient du racisme quand on attribue à la personne ou au groupe étranger des caractères stigmatisants qui sont utilisés pour justifier des actes de discrimination et/ou de violence.

  • Discrimination et Racismes

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