Les discriminations peuvent être liées à l’origine ou à la religion, mais certaines personnes peuvent aussi être traitées différemment ou injustement pour d’autres raisons : voici un aperçu pour mieux les (re)connaitre.

L'orientation sexuelle

L’orientation sexuelle, c’est le fait d’être attiré émotionnellement, affectivement ou sexuellement par quelqu’un·e.

Le fait d’être une personne trans ne relève pas de l’orientation sexuelle mais plutôt de l’identité ou de l’expression de genre, c’est-à-dire le fait de se sentir homme, femme ou autrement.

Dans beaucoup de sociétés, l’hétérosexualité a longtemps été considérée comme la norme. En conséquence les personnes qui n’étaient pas hétérosexuelles ont souvent été vues comme « différentes » ou « déviantes ». Elles ont en ce sens été victimes d’homophobie (ou de biphobie) et de discrimination en raison de l’orientation sexuelle.

À partir des années 1960, des personnes et des groupes queer (c’est-à-dire des gens dont l’amour ou l’identité ne suivent pas les normes traditionnelles) se sont battu·e·s pour être accepté·e·s et respecté·e·s. Aujourd’hui, dans beaucoup de pays toutes les formes d’orientation sexuelle sont reconnues mais elles ne sont pas toujours considérées comme égales à égales (face à l’accès au mariage par exemple). Dans certains endroits du monde, aimer une personne du même sexe par exemple, est encore interdit par la loi.

Personne ne doit être traité·e différemment, rejeté·e ou encore harcelé·e à cause de son orientation sexuelle.

En Suisse, la loi protège toutes les personnes contre ce critère de discrimination depuis 2020 : l’article 261 bis du Code pénal interdit les propos ou les actes de haine envers quelqu’un·e en raison de son orientation sexuelle.

Exemples de discrimination en raison de l’orientation sexuelle :

À l’école, une fille explique à ses ami·e·s qu’elle aime les filles. Le lendemain, certain·e·s élèves se moquent d’elle et ne souhaitent plus passer du temps avec elle.

Dans la rue, deux garçons se tiennent la main et des passant·e·s les fixent de regard ou leur crient des insultes.

Un entraîneur de foot dit à un garçon qu’il ne peut pas faire partie de l’équipe parce qu’il (ou pense qu’il) est gay.

L’identité de genre

L’identité de genre, c’est la façon dont une personne se sent à l’intérieur : garçon, fille, un peu des deux, ni l’un ni l’autre, ou autrement. Ce n’est pas forcément le « sexe » qui est écrit sur son acte de naissance.

Il existe plusieurs formes de discriminations liées à l’identité de genre.

Le sexisme, c’est lorsqu’on pense qu’un sexe est « supérieur » qu’un autre ou quand on traite différemment les filles et les garçons simplement à cause de leur genre.

La transphobie, c’est le fait de rejeter et déconsidérer les personnes trans, c’est-à-dire celles dont l’identité de genre ne correspond pas au sexe qu’on leur a attribué à la naissance.

En Suisse, il existe déjà des lois pour lutter contre certaines formes de sexisme, comme le harcèlement sexuel ou la discrimination entre hommes et femmes qui concerne surtout le monde du travail.

Mais toutes les formes de discrimination liées à l’identité de genre ne sont pas encore punies par la loi (ni de la même manière).

Notamment, l’identité de genre n’est pas encore protégée par l’article 261 bis, qui interdit les discours de haine envers certaines catégories de personnes.

Il y a des débats pour savoir si la loi devrait être renforcée pour protéger davantage tou·te·s du sexisme et de la transphobie.

Le handicap ou l’état de santé

Le handicap peut se rapport à des difficultés physiques, mentales, ou des maladies chroniques, génétiques ou qui font suite à un accident grave.

Une personne est discriminée lorsqu’elle est traitée moins bien que les autres à cause de son handicap ou de son état de santé, sans raison valable.

Quand les personnes sans handicap sont considérées comme « normales » et supérieures et que celles en situation de handicap sont désavantagées ou exclues, on peut parler de validisme.

Dans la vie quotidienne et au travail, la discrimination peut se manifester par :

En Suisse, la loi (la Constitution) protège en principe toutes les personnes en situation de handicap et garantit l’égalité de traitement : pour travailler, louer un logement ou accéder à des services.

Les employeur·euse·s doivent parfois aménager les conditions de travail pour permettre à une personne en situation de handicap ou malade de remplir ses tâches.

Une personne n’est pas obligée de révéler son handicap ou sa maladie. Il existe une exception si cette information peut avoir un impact sur sa sécurité ou celle des autres.

Mais les discriminations restent fréquentes, particulièrement dans le monde du travail et dans l’accès aux espaces et services.

L’âge

L’âgisme se rapport aux discriminations liées à l’âge : quand une personne est traitée injustement parce qu’elle est (trop) jeune ou âgée.

L’âgisme peut par exemple apparaitre :

  • Au travail : un emploi refusé à cause de l’âge d’une personne, ou un licenciement d’une personne plus âgée parce qu’on pense qu’elle coûtera trop cher ou tombera malade plus souvent.
  • Dans la vie quotidienne : une personne n’est pas prise au sérieux parce qu’elle est jeune, ou quand une personne est exclue d’activités à cause de son âge.

Même si l’âgisme est moins visible que d’autres discriminations, il peut avoir de réelles conséquences économiques, sociales et psychologiques.

En Suisse, la loi (la Constitution) interdit de discriminer quelqu’un·e sans raison valable en raison de son âge.

Envers les gens du voyage

Même si elles vivent en Suisse en grand nombre depuis des siècles, les personnes Roms, Sinti/Manouche et Yéniches sont souvent considérées comme des étranger·ère·s et subissent des discriminations (et du racisme). On peut utiliser le terme « antitsiganisme » pour parler de cette forme de discrimination parfois ignorée.

Les gens du voyage (Roms, Sinti/Manouche, Yéniches, etc.) ont un mode de vie particulier qui les amène à changer souvent de lieu de séjour et qui peut rendre leur quotidien plus difficile que pour les autres.

Iels rencontrent souvent des obstacles pour trouver un logement, un emploi ou accéder aux services comme la santé ou l’école. Leur culture et leurs langues sont peu connues et reconnues, et iels subissent beaucoup de préjugés et de racisme, parfois même dans les médias ou de la part de la police ou de politicien·ne·s.

Si les communautés Yéniches et les Sinti/Manouche sont officiellement reconnues comme des minorités nationales, les communautés Roms n’ont pas ce statut de protection.

Même si certains cantons ont créé des aires de séjour et de transit, la situation des gens du voyage est fragile. Les discriminations et les préjugés peuvent toucher à la fois leur mode de vie et leur culture.

Des organisations de défense des droits humains estiment qu’il est urgent de prendre des mesures concrètes pour que tous les gens du voyage puissent vivre dans des conditions égales aux autres et être respectés.

Si tu subis de la discrimination en tant que Yénich, Sinti ou Rom : Fondation Assurer l’avenir des gens du voyage suisses

Et aussi…

Il existe aussi d’autres formes de discrimination qui peuvent exclure et faire du mal.

Par exemple :

  • L’apparence : des cheveux, la taille, le poids, les cicatrices (brûlures, mutilations, etc.) ou les taches de naissance.
  • Les choix personnels : les goûts musicaux, les vêtements, les opinions politiques.
  • La grossesse : certaines personnes peuvent se voir refuser un emploi ou un contrat parce qu’elles sont enceintes.

Ces situations ne sont pas forcément illégales (interdites par la loi) mais elles peuvent être considérées comme des discriminations quand elles reposent sur des caractéristiques personnelles qu’elles entrainent un traitement injuste : par exemple un harcèlement, une exclusion, un refus d’emploi…

Avec le soutien de

Avec le soutien financier de la Confédération, en vertu de l'ordonnance sur des mesures de protection des enfants et des jeunes et sur le renforcement des droits de l'enfant.

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