Pourquoi arrêter de consommer?

Dernière modification: 9 octobre 2018

On peut vouloir arrêter de consommer parce que cela coûte trop cher, pour répondre à la demande de ses parents, de la justice, à cause de son travail, d'un·e ami·e, etc. Arrêter de consommer n'est pas toujours facile. C'est parfois un travail de longue haleine qui implique d'importants changements dans sa vie. C'est souvent lorsqu'on essaie d'arrêter qu'on mesure réellement la place que prenait la consommation dans notre vie.

Prendre la décision d'arrêter de boire, de fumer, de prendre des drogues illégales ou de baisser sa consommation prend parfois du temps, ce n'est pas une décision facile à prendre, et surtout pas lorsque la consommation apporte certains avantages dont il peut sembler difficile de se passer.

Il est important de se donner un moment pour réfléchir à ce qui motive l'envie d'arrêter pour mieux comprendre les enjeux et surtout pour se donner de vrais moyens pour réussir. C'est aussi un temps nécessaire pour mesurer l'impact de sa consommation sur sa santé, ses relations, sa formation, etc. et ce bilan peut permettre de renforcer la motivation à arrêter.

On peut dresser une liste de tous les avantages liés à l'arrêt :

  • santé,
  • relation,
  • argent,
  • projets professionnels,
  • plus de temps pour soi,
  • possibilité de développer de nouvelles activités, etc.

On peut aussi établir une liste de ce qu'on risque de perdre en arrêtant de consommer. C'est une manière de mesurer les peurs et d'y apporter des réponses. Parfois l'objectif est de diminuer la consommation parce que l'arrêt semble impossible ou fait trop peur.

Comment faire?

Il n'y a pas de recette-miracle. Une fois que les motivations à vouloir arrêter sont claires, il faut se donner des moyens pour réussir, car la volonté ne suffit pas. Il est important de répondre autrement aux besoins auxquels répondait la consommation.

Par exemple, si on boit pour mieux dormir, il faut trouver d'autres méthodes pour bien dormir, sinon l'arrêt est voué à l'échec. On peut se sentir fragile dans un premier temps et il est important d'éviter des situations qui peuvent amener à rechuter comme fréquenter des consommateur·trice·s, ou au contraire s'isoler. Cela ne veut pas dire qu'il faudra toujours éviter ces moments, mais dans un premier temps c'est se donner plus de chances pour réussir.

Il est important que l'arrêt ne soit pas vécu comme une punition mais comme la découverte d'autres plaisirs. En fait pour arriver à ne pas rechuter et avoir du plaisir dans ce que l'on vit, il ne suffit pas de dire "non" à la consommation mais il faut dire "oui" à autre chose.

Arrêter de fumer

Il n'y a pas de formule magique mais des conseils qui ont fait leurs preuves :

  • Choisir le moment pour arrêter et fixer une date. Il ne faut pas que ce soit un moment où il y a trop de stress (période d'examens par ex.).
  • Eviter les lieux et les occasions qui peuvent donner envie de fumer à nouveau (les lieux enfumés par ex.).
  • Avertir son entourage et lui demander de respecter son choix d'arrêter de fumer. Si possible demander de l'aide pour maintenir cette décision.
  • Commencer une nouvelle activité et rencontrer des personnes non-fumeuses. La tentation est moins grande de fumer à nouveau.
  • Remplacer certaines habitudes autour de la cigarette par d'autres habitudes moins nocives : par ex. si on se sent en colère, impatient·e, nerveux·euse, aller marcher ou respirer un bon coup.
  • Apprendre à se relaxer : suivre un cours, rejoindre un groupe pour apprendre des techniques de relaxation.
  • Commencer une activité sportive ou en pratiquer plus régulièrement. Faire du sport peut encourager à maintenir la décision d'arrêter, aider à se détendre et se relaxer. Et puis on ne peut pas fumer en nageant, tout simplement !
  • Trouver une activité pour s'occuper les mains (jouer avec un cure-dent, boule anti-stress, etc.), car lorsqu'on fumait on était occupé·e à tenir sa cigarette, à fumer, à déposer les cendres.

Arrêter de fumer, c'est positif déjà 20 minutes après la dernière cigarette !

  • au bout de 20 minutes : le rythme cardiaque et la température du corps sont les mêmes qu'un non-fumeur
  • 8 heures après : le monoxyde de carbone a été remplacé par de l'oxygène dans les vaisseaux sanguins
  • 1 jour après : L'haleine du fumeur a disparu
  • 2 jours après : L'odorat et le goût s'affinent
  • 3 mois après : La capacité pulmonaire augmente de 10%
  • 1 an après : les risques de maladies cardio-vasculaires et de cancers commencent à diminuer

Chercher de l'aide

Se donner des moyens, c'est aussi chercher de l'aide, s'entourer de personnes qui vont soutenir la décision d'arrêter.

Quand on est dans un état de dépendance à un produit, il n'est pas facile de reconnaître qu'on a perdu sa liberté. On peut avoir honte de la situation et avoir peur du jugement des autres. Pourtant il est important de pouvoir parler de ce qu'on vit avec quelqu'un de confiance.

En mettant en mots ses émotions, ses interrogations, on y voit plus clair et l'autre peut apporter son soutien, ses conseils et ses encouragements.

Qui peut aider?

Il existe différentes sortes d'aide. Tout d'abord il y a l'entourage (famille, amis, proches) qui peut être d'un grand soutien. Ce sont elles·eux qui connaissent le mieux la personne et qui vivent souvent au quotidien avec elle. Mais parfois les relations sont trop tendues et il est nécessaire de faire appel à des professionnel·le·s.

On peut demander de l'aide à un·e médecin. Lorsqu'il y a dépendance physique, il est important d'avoir un suivi médical afin d'éviter tout problème lié au sevrage.

On peut s'adresser à un centre spécialisé qui reçoit la personne consommatrice et/ou son entourage pour faire un bilan de la situation et définir les moyens appropriés pour s'en sortir.

On peut également chercher du soutien auprès de groupes d'entraide qui offrent la possibilité de rencontres et d'échanges avec des personnes qui vivent ou ont vécu les mêmes difficultés.

Et les rechutes ?

Arrêter de consommer n'est pas simple, il n'est pas rare de rechuter. Ce n'est pas parce qu'on ne réussit pas du premier coup qu'il faut se décourager.

Les rechutes permettent souvent de mieux comprendre les raisons pour lesquelles on est encore très fragile. En identifiant ces situations, on se donne davantage de moyens pour le prochain arrêt qui a de plus grandes chances d'être définitif.

  • Boire, fumer, se droguer

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