HPV (papillomavirus) et vaccin

Dernière modification: 12 Février 2019

Les HPV pour les filles et les garçons

Les HPV (Papillomavirus humains) sont des virus que peuvent attraper les filles comme les garçons. Il en existe plus de 80 sortes.

La plupart de ces virus infectent la peau et ne sont pas dangereux, ils sont juste ennuyeux : certains peuvent provoquer des verrues aux pieds et aux mains.

Ces virus sont le plus souvent éliminés naturellement par l'organisme. Il arrive souvent que l'on ne se rende pas compte qu'on était infecté·e, car on n'a pas de symptômes. On peut donc être contagieux·euse sans le savoir.

Certains de ces papillomavirus sont plus agressifs. Ils se transmettent très facilement lors des relations sexuelles, par simple contact avec la peau infectée proche des organes sexuels ou par contact avec les muqueuses infectées (vagin, gland, anus entre autres). C'est contre ceux-ci que le vaccin agit.

Ces HPV agressifs peuvent provoquer des verrues sur les parties intimes du garçon ou de la fille (pénis, vagin, anus). Chez les filles, le virus qui ne s'est pas éliminé naturellement ou qui n'a pas été traité à temps peut provoquer des lésions sur le col de l'utérus apparaissant des mois, voire des années plus tard. Ces lésions modifient les cellules du col de l'utérus (lésions pré-cancéreuses) et peuvent à terme provoquer un cancer du col de l'utérus si elles ne sont pas soignées. Ces souches de HPV peuvent également provoquer des cancers de la gorge et de l'anus.

Le virus se transmet très facilement, mais ses conséquences sont rarement graves :

  • sur 100 femmes, 70 seront infectées par le papillomavirus au cours de leur vie et la plupart d'entre elles vont l'éliminer naturellement.
  • sur ces 70, 6 vont développer une lésion pré-cancéreuse.
  • sur ces 6, 1 développera un cancer du col de l'utérus.

Heureusement, cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de solution pour les femmes qui ont développé une lésion pré-cancéreuse ou un cancer du col de l'utérus : il est tout à fait possible de se faire soigner si un dépistage est fait à temps d'où l'importance des contrôles gynécologiques réguliers.

C'est à cause de ce risque de cancer que l'on parle beaucoup des HPV pour les filles - mais cela ne veut pas dire que les HPV ne concernent pas les garçons, qui sont également très souvent infectés par ces virus.

Les garçons peuvent être porteurs sains, c'est-à-dire être contagieux sans avoir de symptômes évidents de l'infection. Ils peuvent également avoir des lésions sous forme de verrues (appelées condylomes), de boutons ou de petites blessures sur les parties génitales (gland, verge ou pubis), et/ou sur l’anus ou dans le rectum. Si un garçon remarque ce genre de verrue ou de lésion, il est indispensable qu'il en parle à un·e médecin (médecin généraliste, dermatologue ou le cas échéant urologue ou proctologue) pour se faire soigner.

On parle souvent de ce vaccin comme d'un vaccin contre le cancer de l'utérus ce qui n'est pas vraiment le cas. C'est plutôt un moyen de prévention du cancer du col de l'utérus chez les filles. Pour les deux tiers des infections, il n’y a pas de symptômes. Les type de HPV à haut risque peuvent cependant provoquer des cancers, notamment celui du col de l’utérus. Les HPV sont aussi responsables d’autres formes de cancer qui peuvent également toucher les hommes.

Une vaccination avant le début de l'activité sexuelle et ainsi avant une infection par des virus HPV est la meilleure chose à faire pour prévenir ce risque. Ce vaccin protège contre les 4 types les plus courants de papillomavirus humains. Dans le cadre des programmes cantonaux, une vaccination est faite à l’école (entre 11 et 13 ans) et proposée gratuitement jusqu'à 26 ans pour les filles et les garçons.

Comment se déroule la vaccination ?

  • La vaccination se fait par une piqûre au bras en 2 doses jusqu'à 15 ans, en 3 doses après.
  • L'immunité (protection déployée par le vaccin) est partielle après la première injection, complète après les 2 ou 3 injections (selon l'âge).
  • La protection est de 5 ans au moins. A ce jour, il n'y a pas assez de recul pour savoir si ce vaccin nécessitera un rappel ou non.
  • Chez certaines personnes, il peut y avoir des effets secondaires légers : des rougeurs au bras ou un peu de fièvre.

Pourquoi se faire vacciner si jeune ?

  • Il a été constaté que ce vaccin produit plus d'anticorps entre 10 et 15 ans : le vaccin est donc plus efficace s'il est fait entre 11 et 14 ans.
  • L'idéal est de le faire avant les premières relations sexuelles, pour avoir la certitude de ne pas encore avoir été en contact avec le virus. Mais, avoir déjà eu des relations sexuelles n'est pas une contre-indication au vaccin : on peut tout à fait se faire vacciner même si on n'est plus vierge.

Attention

  • Ce vaccin ne protège pas des autres IST - même vacciné·e il faut continuer de se protéger avec un préservatif.
  • Les contrôles réguliers chez le·la gynécologue restent recommandés : être vacciné·e ne signifie pas que le dépistage du cancer du col de l'utérus devient inutile.

Fausse rumeur : contrairement à ce que l'on entend dire, ce vaccin ne rend pas stérile, ni la femme qui le reçoit, ni ses futurs enfants.

Remarques

  • Dès 2015, la vaccination contre les HPV est recommandée à tous les garçons et les jeunes hommes âgés de 11 à 26 ans en tant que vaccination complémentaire. Les hommes ont des verrues génitales et/ou anales aussi souvent que les femmes et peuvent, dans de rares cas, développer un cancer dû aux HPV (gorge, anus, plus rarement pénis).
  • Depuis le 1er juillet 2016, les coûts de la vaccination sont couverts par les assurances maladie, si elle est effectuée dans le cadre d'un programme cantonal.

J'ai le virus HPV, que faire ?

Contrôle gynécologique

On sait que plus de 70% des cancers du col de l'utérus ont été provoqués par un virus HPV mal ou pas soigné. Mais cela ne veut pas dire que 70% des femmes ayant ce virus ont ou vont développer un cancer !

Le virus peut être détecté lors d'un contrôle gynécologique (dépistage), avec ce que l'on appelle un frottis : le·la médecin va prélever quelques cellules du col de l'utérus pour les analyser. Si l'analyse montre que le virus HPV est présent, pas de panique : cela ne veut pas dire que tu vas développer automatiquement un cancer. Ton·ta médecin te proposera de revenir pour un contrôle 3 mois plus tard.

Trois possibilités se présentent lors de ce 2ème contrôle :

  • tu es guérie, sans traitement particulier. Ton corps a bien travaillé pour lutter contre l'infection : c'est ce qui arrive le plus souvent.
  • la situation est restée la même. Il te sera alors proposé de faire un contrôle régulier tous les ans.
  • la situation s'est aggravée. Le·la médecin te proposera alors une cautérisation : il s'agit de soigner au laser les cellules malades, ce qui permet de guérir complètement.

Toute cette procédure permet d'agir avant que le cancer ne se déclare. C'est pour cela que le contrôle gynécologique régulier est recommandé, même si on se fait vacciner.

Contrôle urologique

En cas de verrues sur le pénis, il est possible de consulter un urologue pour un traitement et son suivi.

Contrôle proctologique

En cas de verrues sur l’anus, il peut y en avoir à l’intérieur du rectum. Pour le savoir, il est possible de consulter un proctologue qui réalisera un examen et le cas échéant pourra proposer un traitement et son suivi.

Les récidives sont fréquentes et plusieurs traitements peuvent être nécessaires.

J'ai guéri, et après?

Si tu as guéri d'une infection due au HPV, tu n'es malheureusement pas immunisé·e pour la vie (comme pour la varicelle par exemple) : on peut attraper plusieurs fois un HPV durant sa vie sexuelle. Ton·ta médecin te parlera peut-être d'une vaccination pour mieux te protéger à l'avenir.

Le vaccin contre le HPV permet de ne pas être infecté·e par certains virus HPV, par contre il ne protège pas des autres IST : le préservatif reste nécessaire !

Je suis vaccinée, je ne crains plus rien ?

Et bien non : être vaccinée ne veut pas dire que tu ne dois plus prendre de précautions. Le vaccin est efficace uniquement contre certains HPV, cela veut dire :

  • Qu'il faut continuer à se protéger lors des rapports sexuels avec des préservatifs et faire des dépistages, car ce vaccin ne protège pas de toutes les autres infections sexuellement transmissibles.
  • Que le cancer du col de l'utérus n'est pas uniquement provoqué par une infection due aux HPV : un contrôle gynécologique régulier continue à être indispensable, d'autant plus que c'est également le moment où le·la médecin contrôle tes seins - ce qui constitue une très bonne prévention pour lutter également contre le cancer du sein !
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