Question (Fille / 2008)

Bonjour,

j’ai remarqué que j’ai d’énorme problèmes de jalousie.

Quand je suis en couple je me met dans des états terrible car je me compare à toutes les personnes que mon copain peut voir et ça me fait énormément de mal, je ne mutile et en pleurs régulièrement. Chaque fois je me regarde en pleurant car je suis trop plate pour plaire.
Toutes ces craintes on été étouffantes dans mes 2 relations sérieuses que j’ai eu où j’ai été les 2 fois trompé fortement.

Depuis petite j’ai toujours cherché l’amour au près de relations car je n’étais pas capable de m’aimer moi meme. Et mes parents sont divorcé, je vie avec ma mère depuis que j’ai 2 ans et elle est malade, ne travaille pas, crie constamment, me tape parfois, me nourrit pas, donc je dois constamment me faire à manger et je suis au lycée. Tout cela me met une pression énorme.

Je suis célibataire maintenant mais j’ai déjà couché avec 2 garçons depuis mon ex et je me sens faible d’accepter ça car je suis facilement excitable et j’accepte. C’est qu’avec du recul que je regrette et je me sens trop facile.

J’aimerais que vous puissiez m’analyser et me donner des explications à ce qui m’arrive et des conseils pour m’en sortir. Désolé si mon message n’est pas très clair et si vous avez des questions pour approfondir vos analyses je suis là. Merci !

Réponse

Ce que tu racontes est fort, lourd et très intime. Mettre tout cela en mots demande beaucoup de courage et tu as fait un premier pas important en venant déposer cela ici.

Si on reprend ce que tu vis, on sent plusieurs choses qui s’entremêlent : une grande souffrance liée à ton image de toi et à ton corps, une jalousie très envahissante dans les relations amoureuses, des blessures liées à des tromperies passées, mais aussi une situation familiale très difficile qui te met sous une pression énorme. Tu expliques que, depuis petite, tu cherches l’amour à travers les relations parce que tu as du mal à t’aimer toi-même. Quand on a grandi dans un climat peu sécurisant, avec peu de soutien, parfois de la violence et beaucoup d’instabilité, il est très fréquent de chercher à l’extérieur ce qui a manqué à l’intérieur. Que ce soit de l’attention, de la reconnaissance ou le sentiment d’exister pour quelqu’un. La jalousie est peut-être une réaction à ce que tu as vécu dans ce contexte.

Le rapport compliqué à ton corps et le fait de te comparer sans cesse aux autres semblent aussi liés à ça. Quand l’estime de soi est fragile, le regard de l’autre prend énormément de place et la moindre comparaison peut devenir très douloureuse. Ce que tu décris ne veut pas dire que ton corps est “insuffisant”, mais que ton regard sur toi est aujourd’hui dur et certainement influencé par tes blessures et ton vécu.

Tu parles aussi de mutilation. C’est important de le dire clairement : se faire du mal physiquement est un signe que quelque chose ne va pas et que la souffrance est trop intense pour être contenue autrement. Ce n’est pas une faiblesse ni un caprice, mais un signal d’alarme. Et c’est justement parce que tu vis beaucoup de choses lourdes en même temps que tu mérites d’être aidée et soutenue.

Concernant ta sexualité, le fait d’avoir accepté des relations que tu regrettes ensuite peut aussi s’inscrire dans cette recherche de validation et de contact. À ton âge, il est normal d’expérimenter, de tâtonner, de se tromper parfois. Le regret ne fait pas de toi quelqu’un de “facile” ou de “faible”. Il peut simplement montrer que tu as besoin de mieux te protéger, d’apprendre à écouter tes limites et d'avancer à ton rythme, ce qui demande du temps et parfois de l’aide.

Ta situation familiale, telle que tu la décris, est très préoccupante. Le manque de soutien, les cris, les coups, le fait de devoir te débrouiller seule pour manger et gérer ton quotidien alors que tu es encore au lycée, tout cela est beaucoup trop lourd à porter seule. Ce n’est pas normal, et ce n’est pas à toi de “faire avec” sans aide.

Au vu de tout ce que tu traverses, un soutien psychologique pourrait vraiment t’aider à y voir plus clair, à comprendre ce qui se joue en toi et à trouver d’autres manières de faire face à la douleur que de te faire du mal. Dans ton canton, il existe des possibilités d’aide, même quand la situation familiale est compliquée. Par exemple, tu peux t’adresser au Centre Neuchâtelois de Psychiatrie (CNP), qui propose des consultations pour les jeunes. Il est aussi possible de passer par un·e médecin pour être orientée vers un suivi pris en charge par l’assurance de base. Tu peux aussi aller voir sur le site de la FSP, la Fédération suisse des psychologues et chercher un·e psychologue ou psychothérapeute selon ta localisation. Lors du premier contact, tu peux demander une séance d’essai pour voir si le courant passe et si c’est quelque chose qui te convient.

Si parler à un·e professionnel·le te semble trop difficile pour l’instant, il est aussi très important que tu ne restes pas seule avec tout ça. As-tu une personne adulte de confiance à qui tu pourrais te confier ? Un·e enseignant·e, un·e infirmier·e scolaire, un·e éducateur·rice, un membre de ta famille, ou une autre personne de ton entourage ? Parfois, le simple fait de ne plus porter tout ça seule peut déjà soulager un peu.

Et si à certains moments la souffrance devient trop intense, ou si tu te sens dépassée, tu peux aussi contacter le 147. C’est une ligne gratuite, anonyme et confidentielle, disponible 24h/24 et 7j/7, pour les jeunes. Tu peux appeler, écrire ou chatter, sans obligation, juste pour parler et être écoutée.

Tu n’as pas à régler tout ça d’un coup. Le plus important, c’est de reconnaître que tu vas mal, ce que tu fais déjà, et d’accepter que tu as le droit d’être aidée.

Prends soin de toi, et n’hésite pas à réécrire si tu en ressens le besoin. Tu mérites du soutien et de la douceur,

L'équipe ciao.ch


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Dernière modification le 3 janvier 2026

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