La justice, la liberté, la solidarité, la tolérance, le respect, l'équité, sont des valeurs essentielles de la démocratie. Ces valeurs sont aussi à la base des droits de l'Homme.

Les droits de l'Homme sont des droits fondamentaux de la personne humaine, aujourd'hui solidement inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, la Convention européenne des droits de l'Homme et d'autres conventions importantes de l'ONU. Ces textes protègent :

  • Les droits civils et politiques, comme le droit à la vie et la liberté d'expression
  • Les droits économiques, sociaux et culturels, comme le droit au travail ou à la santé
  • Les droits des personnes vulnérables, comme les enfants ou les détenu·e·s.

Diverses institutions internationales contrôlent le respect de ces droits où sanctionnent les auteur·e·s de violations graves, notamment le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, la Cour européenne des droits de l'Homme et la Cour pénale internationale. Les États ont aussi la responsabilité de respecter et faire respecter ces droits sur leur territoire.

Pourtant, le respect des droits de l'Homme est loin d'être acquis partout. Il dépend de la bonne volonté des gouvernements et de leur capacité à les protéger. Au niveau individuel, nous avons le droit d'exercer nos droits de l'Homme, mais nous devons aussi respecter les droits des autres.

Respecter l'autre

Notre société reconnaît que "tous les Hommes naissent libres et égaux en droits". Cela signifie que chaque personne a une valeur égale. Par conséquent, je dois respecter l'autre comme j'aimerais qu'il me respecte.

« Ne fais pas à autrui ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse ». Cette maxime est souvent appelée la "Règle d'or". Cette règle peut aussi s'appliquer au collectif. On pourrait la formuler ainsi « Ne fais pas ce qui rendrait le monde invivable si tout le monde faisait ce que tu as envie de faire ». On retrouve cette règle, sous des formulations voisines, dans la plupart des religions, philosophies ou cultures du monde.

Cela implique qu'il nous faut considérer l'étranger·ère (celui qui a une identité que je connais mal) comme un « alter » (un autre) qui me vaut exactement. Il nous faut en plus aussi savoir nous sommes des « alter » (des autres) pour les autres. Ce n'est pas facile à intégrer et pourtant, c'est cette attitude qui permet de vivre ensemble en paix et en se respectant.

Autrement dit, le respect existe seulement quand il fonctionne dans les deux sens, entre les uns et les autres: nous sommes entourés d' « autres » et nous sommes toujours l' « autre » de quelqu'un·e.

Favoriser la rencontre interculturelle

La définition de l'interculturalité continue d'évoluer, mais un consensus semble se dégager pour définir l'interculturalité comme les rapports, les échanges entre cultures, entre civilisations différentes (définition du Petit Robert 2010). L'interculturalité introduit la notion de réciprocité (relation dans les deux sens) dans les échanges et dans la complexité dans les relations entre cultures, avec l'idée de sauvegarde de l'identité culturelle des partenaires en relation.

Cette définition élargit donc le concept du multiculturalisme, qui n'inclut pas l'idée d'établir des liens et de mettre en relation des cultures. L'interculturalité inclut en effet l'idée qu'il faut plus que définir et protéger chaque culture isolément car cela ne suffit pas à créer une vraie cohésion sociale.

L'interaction entre les cultures, les échanges et la communication est au cœur de l'interculturalité. C'est aussi une approche qui implique que la diversité culturelle ne menace pas le tissu social d'une société, mais l'enrichit. C'est la chance d'une plus grande cohésion sociale.

Pour apprendre à vivre l'interculturalité et favoriser la rencontre interculturelle, il faut créer des espaces où les cultures peuvent non seulement coexister, mais aussi interagir et apprendre à se connaître au sein d'une même société.

L'interculturalité « c'est le pari pour la rencontre et le respect ». La rencontre interculturelle doit permettre de favoriser la paix plutôt que la confrontation et la destruction ou la soumission de l'autre.

Encourager la relation plutôt que le conflit

Chaque être humain est différent, mais désire ou a besoin au fond de la même chose : la paix.

La paix est une notion universelle qui concerne chaque être humain et qui correspond à son désir profond. Elle a de multiples visages, celui du respect, de la dignité, de la solidarité, du partage, de la justice, de la fraternité.

Elle est une valeur pour tous les êtres humains. Pourtant, comme le disait déjà le philosophe français Alain (1868-1951) : « La paix n'est jamais, il faut la faire, la vouloir et donc y croire ».

Quelques idées pour y arriver :

  • Considérer l'autre avec bienveillance et appliquer la Règle d'or : "Ne fais pas à autrui ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse"
  • Ne pas oublier que l'autre a des besoins semblables aux nôtres : besoin de respect, de paix et de tranquillité, besoin de travail pour vivre et prendre soin de ses proches, etc., même si sa culture, sa religion, sa couleur de peau sont différentes
  • Se dire que les différences de l'autre peuvent nous apporter quelque chose, nous enrichir, plutôt que voir dans l'autre forcément une menace, un concurrent
  • Essayer de vivre ensemble sans favoriser tout le temps le conflit et l'escalade
  • Quand le manque de compréhension, les désaccords apparaissent : ouvrir le dialogue, essayer de comprendre l'autre et ce qui se passe avant d'attaquer, par des mots ou des actes violents
  • Lors d'un conflit, chercher la paix, ce qui nécessite souvent un·e intermédiaire, un·e médiateur·trice, qui pourra calmer le jeu, favoriser la reprise d'un dialogue respectueux, aider à mieux voir les raisons du conflit, pousser les personnes en conflit à chercher ensemble des solutions

Favoriser l'intégration

L'intégration se définit comme étant un processus qui doit permettre la coexistence entre la population nationale et la population non-nationale (les étranger·ère·s), dans un esprit de tolérance et d'adaptation mutuelle, ayant comme cadre cependant le respect des lois du pays d'accueil.

Ainsi, la société cherche à faciliter l'accueil du·de la nouveau·elle venu·e. De son côté, le·la nouveau·elle venu·e cherche à s'intégrer dans son nouvel environnement. C'est un défi, pas toujours facile et qui implique des responsabilités et des droits réciproques.

Intégrer les étranger·ère·s c'est aussi encourager leur participation économique, sociale, culturelle, voire politique dans certains contextes. Chaque pays détermine ce qu'est l'intégration.

La notion d'intégration est principalement utilisée lorsque l'on parle de la population étrangère, mais elle peut aussi concerner d'autres groupes de population comme les jeunes ou les chômeur·euse·s.

La co-intégration

Au cours des processus d'intégration, les références identitaires et culturelles des uns et des autres s'influencent et se redéfinissent, tout en respectant les racines de chacun·e. Il y a une responsabilité mutuelle de la société d'accueil et des populations migrantes face à la construction d'une société démocratique fondée sur la reconnaissance de sa pluralité. C'est ce que l'on appelle la co-intégration.

  • La co-intégration implique une volonté effective de part et d'autre de s'adapter avec la conviction que la société s'enrichira de la confrontation des différences acceptées.
  • Une vraie politique d'intégration ou de co-intégration passe bien évidemment par l'amélioration des conditions de vie des gens, par la lutte contre le chômage, l'exclusion, etc.

L'assimilation

Pour s'intégrer, le·la nouveau·elle venu·e doit respecter les lois du pays, mais il garde la liberté de limiter son intégration aux niveaux économique, linguistique, etc., sans renoncer à ses valeurs culturelles. Le pas au-delà de l’intégration est l'assimilation.

Contrairement à l'intégration, l'assimilation décrit une situation où les étranger·ère·s ont adhéré à tous les traits culturels de la société de résidence et ont renoncé à toute spécificité culturelle du pays d'origine (langue, croyance, coutumes). Ainsi, on peut être intégré sans s'assimiler.

Les termes "assimilation" et "intégration" recouvrent des réalités très différentes, et c'est une erreur de les utiliser sans distinction, comme c'est parfois le cas au niveau politique. On utilise un mot pour l'autre, on parle d'intégration, mais on pense assimilation. On attend des étranger·ère·s qu'ils se fondent dans la société du pays de résidence. Il y a donc un décalage entre le discours (il est important d'intégrer les étranger·ère·s) et l'objectif recherché (un·e "bon·ne" étranger·ère est quelqu'un·e que rien ne différencie du·de la citoyen·ne du pays).

Avec le soutien de

Avec le soutien financier de la Confédération, en vertu de l'ordonnance sur des mesures de protection des enfants et des jeunes et sur le renforcement des droits de l'enfant.

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