Le porno, un mode d'emploi?

Dernière modification: 13 décembre 2018

La pornographie n'est ni un "mode d’emploi" de la sexualité ni une marche à suivre.

Un film porno montre le plus souvent des sexes en gros plan, une sexualité sans respect, ni tendresse. Bien souvent les femmes et plus rarement les hommes sont traité·e·s comme des objets, voire brutalisé·e·s. Et bien sûr le plaisir est simulé, les images bien souvent truquées. Ce sont des fictions.

Le passage à l'acte se fait directement, sans jamais aucun sentiment, sans discussion, sans préliminaires et bien sûr sans amour. La pornographie utilise des fantasmes et montre ce que certaines personnes rêvent de voir : des femmes qui n’en finissent pas de jouir et des hommes en perpétuelle érection, par exemple.

Non seulement ces films ignorent toute la dimension émotionnelle que partage un couple qui se "dit" son amour par le langage des corps, mais en plus ils décrivent une sexualité totalement mécanique.

De plus, la pornographie banalise ce qui ne l’est pas : la fellation, le cunnilingus, la sodomie, la sexualité de groupe, etc. Même les positions adoptées ne le sont que pour permettre aux caméras de filmer des gros plans, et pas pour le plaisir des acteurs.

Le porno vu par Teenspirit :

Pour ceux·celles qui regardent des films pornographiques, il faut savoir qu'un film est une fiction, qu'une femme n'est pas en extase par la pénétration comme dans les fantasmes, mais bien par la qualité de l'attention qu'on a pour elle et par le savoir-faire.

Le film pornographique ne montre justement pas comment faire pour offrir du plaisir. Il montre des sexes en érection qui durent, durent, durent encore et des femmes qui ressemblent à des poupées extasiées.

Des garçons sont convaincus qu'ils souffrent d'éjaculation prématurée, parce qu'ils ont vu l'exemple d'un film pornographique, où plusieurs caméras tournent la même scène sous plusieurs angles; ces différentes prises de vue sont ensuite mises bout à bout et font croire à une puissance sexuelle surnaturelle.

Et des filles se croient frigides, parce qu'elles ne jouissent pas comme c'est simulé dans les films pornos.

Les films pornographiques sont du cinéma et non de la réalité.

Pornographie : danger ?

La pornographie tue les fantasmes. Elle sépare toujours sexe et sentiments.

Elle fragilise et risque de faire croire que la sexualité se passe comme dans ce genre de films. L'abus de pornographie chez des personnes fragiles peut faire des dommages en créant une forme d'accoutumance et une recherche de plus d’excitation encore. Elle coupe de la relation aux autres.

Elle banalise les viols et viols collectifs. Elle fait croire qu'une fille est toujours consentante ou qu'elle l'a bien cherché ! Le plus souvent elle crée des angoisses qui empoisonnent la vie.

Chez les garçons : « Je n'ai pas un pénis assez grand, mon érection ne dure pas assez longtemps, ma copine ne hurle pas de plaisir etc. »

Et pour les filles : « Je ne suis absolument pas parfaite, je dois tout accepter et tout essayer, je dois être entièrement épilée, je ne jouis pas tout de suite donc je suis frigide, etc. »

La loi suisse protège les mineurs de moins de 18 ans contre la pornographie, car leur épanouissement psycho-sexuel n’est pas favorisé par ces représentations.

Fausses croyances véhiculées par le porno

  • Non, les hommes n'éjaculent pas des litres de sperme.
  • Non, un homme ne peut pas tenir en érection pendant des heures.
  • Non, une femme qui jouit vraiment ne doit pas être une femme fontaine.
  • Non, il n'est pas nécessaire de changer de position toute les trente secondes.
  • Non, toutes les femmes n'ont pas le sexe entièrement épilé, ni les hommes d’ailleurs.
  • Non, hommes et femmes ne sont pas forcément partant·e·s pour n'importe quelle pratique sexuelle et il n’est pas indispensable de crier lors de l’orgasme.

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