Question (Fille / 2010)

Bonsoir. J’ai 15 ans, je suis sportive et je viens de commencer le collège.

Ça fait quelques mois qu’on se dispute quotidiennement avec mes parents la plupart du temps je finis dans mon lit le soir en train de pleurer, je sens mon cœur qui se serre et j’arrive pas à respirer. La semaine dernière mon copain est venu dormir une nuit et mes parents ont commencé à m’engueuler et donc mon copain est resté dans ma chambre avec moi et mon père lui a dit “je suis désolé que tu as du assister à ce spectacle” du genre que c’était de ma faute.

Je fais du sport régulièrement. Je m’entraîne avec une équipe LNA et je coach des U10 j’aime bien passer du temps au stade mais mes parents sont bipolaire sur le fait. Un jour ils me disent que le sport c’est important que je dois continuer sinon je vais prendre du poids, l’autre jour il me disent que ce n’est pas important. Si j’ai des devoirs à faire je rate l’entraînement (alors qu’ils savent très bien que j’ai besoin de sport pour me défouler)

Aussi pour l’école c’est eux qui ont pris les décisions pour moi. Je voulais faire billingue anglais, ils ont dit non alors j’ai demandé matu gymnasiale ils ont dit non tu fais bilingue allemand. Puis je voulais prendre maths 1 car je sais que je me suis pas très douée en maths mais j’essaie de les expliquer et ils me disent que je dois me challenger. Déjà que je dois m’habituer au collège, mes entraînements finissent à 21h (je dois rentrer me doucher et finir des devoirs je ne suis pas au lit avant minuit) et je dois réviser je n’ai pas le temps d’être encore plus challengée par une matière que je ne comprends pas de base. Je leur ai dit ça ils m’ont ignoré et dit que je voulais que le collège soit trop facile (ils n’ont pas fait l’école en Suisse).

J’ai la plupart des soirs des pensées de suicide. J’ai même pensé comment je le ferai. J’ai dit à ma mère que je ne me sentais pas bien (pas les pensées de suicide) et même en disant que j’étais pas contente à l’école elle m’a dit que si ça allait pas c’est que moi je vais pas bien et que je devais aller voir qqn car je suis folle.

Mais bon voilà j’en ai marre d’eux. Je leur ai dit que je voulais partir en internat ils ont dit non. J’exprime souvent l’envie de quitter la maison mais ils s’en fichent. Ils ne me laissent pas sortir le soir même pas aux Claperos (je leur ai demandé pour le futur) mais après ils se plaignent que je n’ai pas de vie sociale.

Ya vraiment que mon doudou qui est là pour moi.
Bisous

Réponse

Bonjour,

Tu as bien fait de nous écrire ce que tu traverses en ce moment. À te lire, nous avons l’impression que tu dois faire face à beaucoup de pression à la fois : le début du collège et les exigences scolaires, tes entraînements qui prennent une place importante dans ta vie, le manque de sommeil, mais aussi les disputes fréquentes avec tes parents et le sentiment que tes envies ou tes besoins ne sont pas vraiment entendus.

Nous comprenons que cette situation puisse être épuisante. Tu sembles notamment avoir essayé à plusieurs reprises d’expliquer à tes parents ce dont tu avais besoin concernant l’école, le sport ou encore ton envie d’avoir davantage de liberté, sans avoir l’impression d’être entendue. Et lorsqu’on se sent déjà sous pression, avoir l’impression que quoi que l’on fasse ce n’est jamais vraiment juste peut être particulièrement difficile à vivre.

Tu nous dis aussi que la plupart des soirs, tu as des pensées suicidaires et tu as même déjà réfléchi à la manière dont tu pourrais te suicider. Ces propos nous inquiètent. Ce sont des pensées qu’il est important de prendre au sérieux. Elles montrent à quel point tu souffres actuellement et il est très important que tu ne restes pas seule avec elles.

Tu as essayé de dire à ta mère que tu ne te sentais pas bien. Bravo pour cela, c’est une démarche importante. Sa réaction semble malheureusement t’avoir blessée et peut-être découragée d’en parler davantage. Pourtant, lorsqu’elle te propose d’aller voir quelqu’un, nous pensons que cela pourrait justement être une bonne idée, mais certainement pas parce que tu serais « folle ». Aller voir un·e psychologue, c’est pouvoir rencontrer quelqu’un dont le métier est d’écouter ce que tu traverses sans te juger, de t’aider à comprendre ce qui t’arrive et de chercher avec toi comment faire pour que la situation devienne plus supportable.

Comme il semble difficile pour le moment d'en parler avec tes parents, est-ce qu’il y aurait un·e autre adulte en qui tu as confiance et à qui tu pourrais expliquer ce que tu viens de nous écrire ? Cela pourrait être ton·ta médecin ou un·e professionnel·e de ton école (psychologue scolaire, infirmier·ère scolaire, conseiller·ère sociale, doyen·ne). Nous t’encourageons à parler de ce que tu ressens et de tes pensées suicidaires. Même si cela peut être difficile à dire, rappelle-toi que ces personnes sont là pour te soutenir sans te juger et t’aider à trouver des solutions. Tu peux aussi leur montrer directement le message que tu nous as envoyé si mettre tout cela en mots une nouvelle fois te semble trop compliqué.

Si à un moment tu sens que tes pensées suicidaires deviennent plus fortes et que tu pourrais te faire du mal ou passer à l'acte, il est primordial que tu ne restes pas seule et que tu te rendes aux urgences de l’hôpital le plus proche de chez toi ou que tu appelles les urgences au 144.

Tu as bien fait de nous écrire. Ton doudou a l’air d’être un compagnon précieux dans les moments difficiles, pour autant tu mérites aussi de pouvoir compter sur des personnes autour de toi.

Prends bien soin de toi,

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 20 août 2026

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