Question (Fille / 2010)

Bonjour!
J’ai 2 questions à poser, qui me turlupinent depuis quelques mois et auxquelles je n’ai pas trouvé de réponse seule.
1. Je pense souvent à la mort, mais pas à la mienne. Presque toujours, quand je vois quelqu’un, je me demande qu’est-ce qu’il se passerait si cette personne mourrait. Mes parents disent que pas tout le monde fait ça, se demande constamment qu’est qu’il arriverait, et je ne sais pas si c’est bizarre ou quoi. Surtout, depuis quelques mois, la question a changé: comment cette personne pourrait mourir à cause de moi? Jamais volontairement, bien sûr, mais toujours quel accident pourrait arriver? Ça me fait beaucoup stresser, j’angoisse énormément et je n’arrive presque plus à dormir alors que je me rends compte que c’est complètement irrationnel. À quoi est-ce que ça pourrait être dû? Qu’est-ce que je peux faire pour que ça s’arrête?
2. J’invente beaucoup de personnages, j’écris beaucoup aussi. Au début, je parlais à mes personnages dans ma tête, et ça, c’était pas un problème. Mais ça a évolué. Parfois, j’ai l’impression de les entendre parler, et je leur réponds de plus en plus à voix haute sans y penser, ce qui fait que je parle souvent seule en public. J’ai aussi l’impression de les sentir parfois. Ce serait pas un problème si ça ne compliquait pas mes relations sociales plus qu’elles ne le sont déjà…
J’ai déjà consulté une psy, mais elle avait l’air de s’en ficher un peu et on jouait plus au uno qu’on ne discutait franchement, alors je sais pas quoi faire…
Merci de votre réponse!

Réponse

Bonjour,

La réflexion sur la mort soulève de nombreuses questions importantes : qu'est-ce qui donne un sens à notre vie ? Comment bien vivre en sachant que notre vie est limitée ? Pourquoi avons-nous peur de mourir ?

Réfléchir à la mort ne signifie donc pas seulement réfléchir à la fin de la vie. Cela peut aussi nous aider à réfléchir à la manière dont nous voulons vivre, à ce qui est important pour nous, aux personnes qui nous entourent et à ce qui donne du sens à notre existence. Parler de la mort peut ainsi, de manière assez paradoxale, nous aider à mieux comprendre la vie.

La mort est d'ailleurs un sujet très présent en philosophie. Socrate, par exemple, considérait que réfléchir à la mort faisait partie de la réflexion sur la vie. Ces réflexions philosophiques pourraient t'aider à mettre des mots sur certaines de tes questions et à voir comment d'autres personnes, à travers les siècles, ont réfléchi à ce sujet.

Maintenant, ces pensées semblent prendre une très grande place dans ton quotidien. Tu expliques que cela affecte même ton sommeil, ce qui est un signe considérable. Il est donc important que tu ne restes pas seule avec cela, et que tu puisses trouver un moyen de "laisser sortir" tout ce poids. Aurais-tu une personne de confiance dans ton entourage à qui tu pourrais parler de tout cela ? Que ce soit un·e ami·e, un·e membre de ta famille, un·e enseignant·e... ? Nous sommes conscient·e·s qu'il n'est pas toujours facile d'aborder ces sujets-là. Cependant, le simple fait de pouvoir le verbaliser peut déjà apaiser un peu ce que tu ressens et procurer un vrai soulagement.

Concernant les personnages que tu as inventés et le fait que tu leur parles parfois, il nous est difficile de bien comprendre ce que cela représente pour toi à travers un écran. Ce type d’expérience peut avoir des significations très différentes selon les personnes et selon la manière dont elle se manifeste dans la vie quotidienne.

Tu nous dis avoir déjà consulté une psy à ce sujet. Si tu es toujours en contact avec elle, nous t’encourageons à lui en reparler, notamment pour lui expliquer dans quelles situations cela arrive, ce que tu ressens à ce moment-là et quelle place ces personnages prennent dans ta vie. Elle pourra ainsi mieux comprendre ce que tu vis. Tu pourrais d'ailleurs aussi lui parler de tes questionnements autour de la mort, car ils méritent d'être entendus et discutés.

La relation avec un·e psychologue repose beaucoup sur la confiance, le sentiment de pouvoir parler librement et le fait de se sentir écouté·e et compris·e. Il peut donc arriver que le courant ne passe pas entre toi et ta psy.

Si tu ne te sens pas à l’aise avec elle, si tu as l’impression qu’elle ne comprend pas ce que tu essaies de lui expliquer, tu as le droit de chercher un·e autre psy. Trouver la personne avec laquelle tu te sens suffisamment en confiance peut prendre un peu de temps, et c’est tout à fait normal. L’important est que tu puisses avoir un espace où tu te sens libre de parler de ce que tu vis.

Nous espérons avoir pu répondre à tes questions et nous restons à ton écoute,

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 17 août 2026

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