Question (Fille / 2012)

Mes parents ne veulent pas que je vois un psy.
J'ai essayé d'expliquer à mes parents comment je me sentais le mieux que je pouvais, mais ils ne m'ont pas cru. Ma mère ne m'a même pas pris au sérieux, elle m'a dit que c'était juste l'adolescence et que j'étais juste confuse. J'ai vraiment essayé de lui parler mais elle ne n'écoutait jamais parce qu'elle est "diagnostiquée et médicamentée", elle croit que je suis juste un peu stressée. C'est à peine mon troisième jour d'école mais je vais vraiment de pire en pire, j'ai l'impression que je vais craquer au moindre moment et j'ai de plus en plus de pensées suicidaires.
Je ne sais plus quoi faire, rien ne les fait changer d'avis, mon père m'a entendu pleurer hier soir mais il s'est fâché contre moi et ma mère m'a dit que de toute façon on n'avait pas les moyens de payer un psychologue (ma mère en voit déjà un qui nous coûte beaucoup). Je suis perdue et je n'ai aucune idée de quoi faire, ici c'est le seul endroit où je peux demander de l'aide.

Réponse

Bonjour,

Tout d’abord, nous souhaitons souligner ton courage d’avoir réussi à parler à tes parents de ce que tu traverses. Ce n’est pas facile de mettre des mots sur sa souffrance et de demander de l’aide. Nous sommes désolé·e·s qu’iels n’aient pas entendu à quel point la situation est difficile pour toi.

Parfois, il peut être compliqué pour des parents de se rendre compte, ou même d’entendre, que leur enfant traverse une période de grande souffrance. Nous pouvons imaginer combien cela a dû être difficile et décourageant pour toi de ne pas te sentir prise au sérieux alors que tu as fait l’effort de leur en parler.

Nous souhaitons cependant vraiment t’encourager à poursuivre tes démarches pour recevoir de l’aide. Lorsque tu nous dis que tu vas « de pire en pire », que tu as l’impression que tu vas « craquer » et surtout que tu as de plus en plus de pensées suicidaires, cela nous inquiète. Ce sont des signes que tu traverses une période de grande souffrance et il est important que tu ne restes pas seule avec tout cela.

Tu peux te tourner vers d’autres adultes et professionnel·les autour de toi. Puisque l’école vient de reprendre, tu pourrais par exemple essayer d’en parler à un·e professionnel·le de ton établissement scolaire : un·e psychologue scolaire, un·e infirmier·ère, un·e conseiller·ère social·e, un·e doyen·ne ou encore un·e enseignant·e en qui tu as confiance. Ces professionnel·le·s sont là pour te soutenir sans te juger et iels pourront réfléchir avec toi à la manière d’obtenir l’aide dont tu as besoin.

Tu peux également appeler le numéro 147 gratuitement et à n’importe quel moment, notamment lorsque tu te sens dépassée ou que tu as besoin de parler à quelqu’un. Les professionnel·les qui répondent pourront t’écouter, te soutenir et t’orienter vers les ressources adaptées dans ton canton.

Enfin, si tes pensées suicidaires deviennent plus fortes, si tu commences à penser concrètement à te faire du mal ou si tu as peur de ne pas réussir à rester en sécurité, il est important que tu puisses te rendre aux urgences de l’hôpital le plus près de chez toi ou que tu appelles les urgences au 144.

Tu as déjà fait quelque chose d’important en essayant d’en parler à tes parents puis en écrivant ici. Même si tes parents n’ont, pour le moment, pas réussi à entendre ta souffrance comme tu l’espérais, cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas d’autres personnes qui pourront t’écouter et t’aider. Nous t’encourageons vraiment à aller vers l’une d’elles dès que possible.

Prends bien soin de toi,

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 20 août 2026

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