Question (Fille / 2012)

Bonjour, j’espère que vous allez bien,
je vais y aller franchement en une semaine, j’ai réussi à essayer de me pendre quatre fois , essayer de sauter par la fenêtre, essayer de me couper les veines avec ma plus grande frustration, je n’ai pas réussi.
Je me mutile.(jambes, bras, dos.) car je ne m’aime pas et car j’ai beaucoup de mal-être psychologique.
Il se fut que j’ai des problèmes familiaux fâcheux Mon chat est mort un peu avant mon anniversaire et mes parents qui me crie dessus et je ne sais guère pourquoi (il ne me frappe pas!).
Il se fut que j’ai été harcelé six ans et on a donc décidé de me mettre dans une école privée coûteuse, ce qui me met une pression énorme car je ne veux pas décevoir, en ne réussissant pas à me mettre au rythme de cette école.
Je m’inquiète beaucoup pour mon avenir, j’ai envie d’être vétérinaire mais on me dit souvent que je n’y arriverai pas et puis quand les enseignants me disent que je n’y arriverai pas si j’arrive pas quelque chose de simple maintenant, me fais extrêmement de mal car j’ai pas du tout d’estime en moi, j’ai pas confiance en moi.
Il se fut aussi que je porte un masque social depuis maintenant sept ans je fais cela pour éviter les pourquoi et des questions dans le genre « ça va? ». Et je ne sais pas comment réagir avec mes parents qui me crie dessus, car quand il me crie dessus et que je leur crie en retour, ça monte et ça explose, mais quand je dis ok c’est signe d’irrespect, alors je me fais crier dessus encore plus.
Et puis j’ai pas beaucoup d’amis. Il se fut, je n’ai pas été diagnostiquée, mais pendant une bonne période de mon harcèlement, j’ai décidé de maigrir car on me disait que j’étais grosse. Alors j’ai réussi à avoir la pire solution me faire vomir après les repas. pour ne pas inquiéter mes parents je mange à table mais il ne savait pas le après du repas, je n’ai pas été diagnostiquer d’anorexie, car je n’ai pas fait de test, et vu que cela marchait, je loupait de plus en plus de repas et j’ai essayé d’éviter le plus le sucre possible. J’en suis pas fier car je sais que ce n’est pas bien, mais j’arrive pas à arrêter de me dire moi-même que je suis grosse, même étant dans une nouvelle école, et étant dans un nouveau départ.
Je souffre encore beaucoup de la mort de mon chat, et c’est que il y a quelques semaines que je me suis rendue compte que je l’ai vraiment perdu, j’avais toujours ce petit espoir qu’il revienne. Mais quand j’ai réalisé que au final ce n’était pas possible, j’ai perdu toute fois en ce que j’avais encore. Il se trouve que chaque petit souvenir que j’avais avec lui, me fait pleurer encore chaque photo…
j’ai pris conscience de sa mort, il y a guère longtemps, il faisait ses griffes sur un tapis de yoga et je l’ai retrouvé et c’est la cela m’a fait beaucoup pleurer et j’ai vraiment réalisé qu’il était parti. J’ai vraiment l’impression qu’il va revenir c’est très fâcheux car quand je vois qu’il revient pas ça me rend encore plus triste parce que j’ai toujours cet espoir qui veut pas mourir.
Quand il est parti, il est parti avec un morceau de moi-même, il est parti avec mon âme et mon amour que j’avais pour lui. Et quand il est mort, c’était enfin une période normale, on va dire ça comme ça où j’avais un peu d’amis, j’étais pas trop embêté mais il a fallu qu’il meurt. Je vous écris car j’avais besoin de parler. Alors voilà merci pour votre réponse.
Bonne continuation

Réponse

Bonjour,

En lisant ton message, nous avons surtout l'impression que tu portes énormément de souffrance depuis longtemps et que tu es arrivée à un point où tout déborde d'un coup. Le fait d'avoir essayé de te faire du mal plusieurs fois en une semaine montre que tu ne vas bien du tout en ce moment, et tu ne devrais pas rester seule avec ça. Nous t’encourageons à te tourner vers un·e professionnel·le de la santé (ou adulte de confiance). Si tu te sens en danger ou à risque de te faire du mal à nouveau, il faut te rendre aux urgences (ou appeler le 144).

Pour commencer, nous aimerions te dire quelque chose d’important. Même si tu as l’impression de ne plus en pouvoir, ta vie a de la valeur. La douleur que tu ressens aujourd’hui peut donner l’impression qu’il n’y a plus d’issue, mais ce que tu traverses mérite d’être entendu et que tu sois soutenue.

Tu racontes avoir porté un « masque » pendant des années, fait semblant d’aller bien, encaissé du harcèlement pendant 6 ans, subi beaucoup de remarques sur ton corps, la pression scolaire, les disputes à la maison… ça fait énormément pour une seule personne. Et parfois, quand on garde tout à l’intérieur trop longtemps, le corps et la tête finissent par exploser de douleur.

Le fait que tes parents aient déjà entendu ta souffrance à l’époque du harcèlement et aient accepté de changer ton école montre quand même qu’ils ont pu prendre certaines choses au sérieux. C’est pour ça que nous nous demandons s’il serait possible d’essayer de leur reparler de ce qui ne va pas actuellement, même si cela fait peur. Pas forcément en disant tout d’un coup, mais au moins leur faire comprendre que ton mal-être est devenu très lourd à porter. Tu pourrais aussi leur parler du fait que certaines remarques de prof·e·s te blessent énormément et renforcent ton manque de confiance en toi.

Concernant les vomissements et les repas, nous nous demandons aussi où tu en es aujourd’hui avec ça. Est-ce que ces comportements sont derrière toi maintenant ? Est-ce que les pensées sur ton poids et la nourriture prennent encore beaucoup de place ? Parce que nous sentons que cela peut être accompagné de beaucoup de souffrance aussi.

Nous t'encourageons vraiment à ne pas rester seule avec toutes ces pensées. Le 147 est aussi là pour toi. C'est une ligne confidentielle et gratuite qui te met en contact avec des professionnel·le·s. Tu peux les appeler ou leur écrire par WhatsApp à n'importe quel moment du jour ou de la nuit.

Enfin, nous sommes sincèrement désolé·e·s pour ce qui est arrivé à ton chat et nous t’adressons toutes nos condoléances. Tu es en train de vivre un deuil et tu as tout à fait le droit d’être si triste, de pleurer, d’avoir ce fort sentiment de perte. Chacun·e réagit différemment à la mort d’un être cher, mais ce que nous savons c’est que tout l’amour que tu avais pour lui a encore la possibilité d’exister.

Penser à lui est certes douloureux, mais c’est aussi un moyen d’honorer sa vie et ce que vous avez partagé ensemble, ce que vous représentiez l’un·e pour l’autre. L’amour, les souvenirs, les liens, les apprentissages que nous avons pu faire avec et grâce à un animal ou à une personne ne s’effacent pas lorsque la mort survient. À chacun·e de réfléchir à comment il est possible d’honorer cet amour de la manière qui nous convient le mieux.

Peut-être as-tu déjà fait quelque chose dans ce sens ? Tu parles de photos par exemple, as-tu la possibilité d’en mettre une ou deux dans un endroit privilégié (tableau, étagère, lieu protégé dans lequel tu sauras les retrouver) ? Y a-t-il une personne de ton entourage avec qui tu peux parler de ton chat, du manque que tu ressens, de toutes les belles choses partagées avec lui aussi ? Si ce n’est pas le cas, n’hésite pas à écrire dans un carnet, par exemple, ce que tu penses et ce que tu ressens. Tu le sais peut-être, mais écrire permet parfois de découvrir des éléments que nous ne savions pas encore, auxquels nous n’avions tout simplement pas encore pensé.

Tu parles aussi de cette période un peu plus normale, avec des amis, sans trop d’embêtements. Nous sommes content·e·s de savoir que tu as pu vivre cette période qui ressemble à un répit. Nous te souhaitons de tout cœur que tu puisses y retourner de temps à autres, avec ces ami·e·s peut-être, tout en gardant bien précieusement dans ton cœur la force que l’amour de et pour ton chat t’ont donnée.

Reviens quand tu veux, même si c’est juste pour déposer un peu ce que tu as dans la tête. Nous restons là pour toi.

Prends bien soin de toi,

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 20 mai 2026

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