Les chatbots, c'est quoi ?

Les chatbots (agents conversationnels) font partie de ce qui est appelé l’intelligence artificielle générative.

L’intelligence artificielle (l'IA) produit du contenu (texte, image, vidéo) selon une consigne donnée par l’utilisateur∙ice. On appelle cette consigne prompt.

Ces IA sont programmées pour interagir avec l’humain, en reproduisant nos codes de communication. Elles peuvent être utiles pour réviser, créer, trier de l’information, etc…

Certaines personnes pourraient aussi leur parler de leurs doutes, de leurs difficultés et leur demander des conseils.

As-tu déjà remarqué que les chatbots sont avant tout d’accord avec toi ?

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Nos codes de communication

Les relations humaines fonctionnent différemment.

Être en désaccord, débattre ou même se disputer permet de découvrir d'autres points de vue, de remettre ses idées en question et d'apprendre de nouvelles choses.

C'est comme ça que l'on développe son esprit critique et que l'on construit sa propre opinion.

Pourquoi les chatbots cherchent-ils la plupart du temps à te satisfaire ?

C’est une technique qui permet aux entreprises qui les développent de faire évoluer leurs outils et donc de gagner de l’argent.

Comment cela fonctionne ?

Tous les agents conversationnels sont construits pour capturer notre attention et la retenir. Cela s’appelle l’économie de l’attention.

Tu la connais déjà si tu utilises des réseaux sociaux : tout est fait pour que chacun∙e y passe le plus de temps possible sans le voir passer.

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En fait, tout ce que nous faisons (les réglages de préférence, la manière dont on écrit les prompts) et ce que nous avons transmis comme informations (nos données personnelles, âge, genre, etc..) est analysé.

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Pourquoi ? Car plus les entreprises connaissent le profil de leurs utilisateur∙ices, plus elles peuvent leur proposer des réponses, des contenus vidéos et des images, qui leur conviennent.

Cela fidélise la personne qui utilise le chatbot, augmente son temps d’utilisation et peut la motiver, par exemple, à acheter un abonnement.

Pourquoi avons-nous envie de leur parler ?

Ce n’est pas tout, les chatbots utilise une autre technique : l’économie de l’attachement. Ces IA s’appuient sur ce que la personne ressent, sur ses émotions pour capter son attention.

Les chatbots sont programmés pour répondre aux attentes des gens qui les utilisent en les valorisant.

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Pourquoi ? Parce que l’être humain recherche plutôt cela dans ses relations. Dans les amitiés ou les relations amoureuses, les personnes préfèrent généralement recevoir des compliments que des critiques, préfèrent être félicitées que rabaissées.

En utilisant les échanges précédents (les données récoltées), les chatbots créent un lien émotionnel qui motive les utilisateur∙ices à revenir « discuter » avec l’IA.

A prendre avec soi
  • Ces chatbots sont des machines. Ils ne ressentent aucune émotion et n’ont aucune empathie pour ce que la personne ressent.

  • Leurs réponses sont générées à partir de calculs informatiques. Ils analysent ce qui est écrit/dicté pour produire la réponse qui a le plus de chance de paraitre utile, pertinente ou adaptée à la situation.

  • Les chatbots ne peuvent pas te comprendre comme le feraient tes ami∙es, les adultes de confiance autour de toi ou des professionnel∙les.

Comment garder le contrôle ?

En décidant d’utiliser un chatbot, il est possible de lui donner un rôle et des consignes qui limitent l’économie de l’attachement.

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Tu peux lui demander d’être un∙e prof, un∙e psy, une personne de ton âge, … et lui imposer de te donner aussi des réponses qui te questionnent, qui te font réfléchir, qui te proposent un avis contraire au tien.

Quelles lois pour protéger les utilisateur∙trice∙s ?

L’économie de l’attention et l’économie de l’attachement alertent les États et des lois se créent pour protéger en particulier les données utilisatrices et utilisateurs et également les plus jeunes :

En Europe, l’AI Act (août 2024) vise par exemple à les protéger en obligeant l’IA à préciser qu’elle n’est pas une personne humaine. Les entreprises propriétaires des agents conversationnels développent des outils, comme le contrôle parental, pour respecter cette loi.

En mars 2025, le Conseil fédéral suisse a ratifié la Convention sur l’IA du Conseil de l’Europe. Elle vise à garantir que l’utilisation de l’IA respecte les normes juridiques internationales existantes en matière de droits humains et de démocratie.

Selon la loi suisse, les IA doivent respecter la loi sur la protection des données (LPD). Chaque personne doit accéder à l’information de ce qui se fera de ses données et peut refuser certains traitements de celles-ci.

Pour les risques liés à la création de contenus manipulés, tels que les deepfakes, les lois suisses s'appliquent, comme l’usurpation d’identité ou l’atteinte à l’honneur et les articles du droit à la personnalité (droit à l’image).

Et toi, qu'en penses-tu ?
  • Si tu questionnais ton chatbot sur pourquoi il est la plupart du temps d’accord avec toi, que te répondrait-il ?

  • As-tu déjà eu des réponses surprenantes ?

  • Selon leur programmation et leur propriétaire, est-ce que tous les chatbots te donneraient la même réponse ?

  • Comme une IA n’a ni émotions, ni empathie, quelles sont les personnes autour de toi qui pourraient te soutenir si besoin ?

Avec le soutien de

Avec le soutien financier de la Confédération, en vertu de l'ordonnance sur des mesures de protection des enfants et des jeunes et sur le renforcement des droits de l'enfant.

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