Abus sexuels et inceste

Dernière modification: 21 Décembre 2018

Il y a abus sexuel sur un enfant lorsqu'une personne utilise le corps d'un·e enfant ou d'un·e adolescent·e (moins de 16 ans, fille ou garçon) pour son propre plaisir sexuel, et qu'il y a 3 ans ou plus d'écart entre ces personnes. Et ceci qu'il y ait violence ou pas, accord ou pas, plaisir ou pas de la part de l'enfant ou de l'adolescent·e. Il faut savoir également que les abus sexuels ne concernent pas seulement les contacts corporels. Contraindre une personne à regarder des images à connotation sexuelle, c'est aussi de la violence sexuelle.

Voici quelques exemples d'abus sexuels sur un enfant :

  • Exposition des organes sexuels de l'adulte à la vue d'un·e enfant ou d'un·e adolescent·e (outrage à la pudeur);
  • Violation de l'intimité ou de la nudité d'un·e enfant ou d'un·e adolescent·e par un·e adulte (voyeurisme);
  • Visionnement de films pornographiques en présence d'un·e enfant ou d'un·e adolescent·e;
  • Caresses des organes sexuels d'un·e enfant ou d'un·e adolescent·e;
  • Tentatives ou actes sexuels complets ou non sur un·e enfant ou un·e adolescent·e;

L'inceste

L'inceste est le mot qui désigne des relations sexuelles interdites par la loi entre membres d'une même famille : entre des frères et sœurs, entre un parent et son enfant, entre un oncle et sa nièce ou son neveu, un grand-père et sa petite-fille, etc

S’il y a un abus sexuel dans la famille, il s’agit d’un inceste. L’inceste est puni par la loi.

Il peut aussi y avoir dans la famille une ambiance incestueuse où la pudeur de l’enfant n’est pas respectée ni son intimité. Ou encore que les parents s’exhibent avec insistance devant leurs enfants ou les laissent voir leur vie sexuelle.

Un abus sexuel à l’intérieur de la famille est extrêmement grave pour l’enfant ou l’adolescent·e car il·elle est menacé·e et agressé·e directement dans l’endroit où il·elle devrait être le plus en sécurité. Il·elle est doublement trahi·e par l’acte qui lui fait violence et par la personne qui est souvent aimée et respectée malgré tout. L’enfant se sent souvent, à tort, coupable de ce qui est arrivé. Il·elle a peur s’il·elle parle de faire du tort à l’abuseur·euse ou au reste de la famille.

Bien souvent, un abus devient un secret de famille que certains membres connaissent ou devinent mais dont personne ne parle et qui étouffe tout le monde tant que la vérité n’est pas révélée.

Quelles causes ?

  • Parce que le parent a lui-même été abusé et n’a pas été aidé correctement à ce moment
  • Parce qu’il a des problèmes psychologiques personnels
  • Parce qu’il croit qu’il a tous les droits sur son enfant et le considère comme un·e petit·e partenaire sexuel·le possible
  • Parce qu’il pense qu’il "fait du bien" à son enfant
  • Parce qu’il boit ou consomme de la drogue et ne se maîtrise pas normalement; parce qu’il ne vit pas une relation de couple satisfaisante
  • Parce qu’il a des pulsions sexuelles dirigées vers les enfants (pédophilie).

Subir un abus ?

Si certaines attitudes représentent clairement des abus sexuels, d'autres sont plus ambiguës et prêtent parfois à confusion.

Si une fois, un membre de ta famille entre dans ta chambre en oubliant de frapper et te surprend en petite tenue ou carrément sans tes vêtements, ceci ne peut pas à proprement parler s'apparenter à un abus sexuel. C'est une maladresse.

Par contre, si tu as le sentiment que systématiquement on t'épie, on te regarde ou cherche à te surprendre dans ton intimité de manière intentionnelle, ce genre de comportement s'apparente bien à un abus sexuel.

Les limites entre ce qui est permis et ce qui est interdit peuvent te sembler floues. Si tu ne sais pas si ce que tu vis actuellement (ou ce qui t'est arrivé dans le passé) est grave ou pas, tu peux parler à un adulte de confiance ou écrire sur ciao.ch pour expliquer ce qui s'est passé.

Comment réagir?

Tu es victime d'un abus sexuel ou tu l'as été ? En parler est la seule issue pour que la violence s'arrête. User de violences sur autrui est grave et c'est interdit par la loi. Dire la vérité permet de faire cesser les abus et les violences. La victime peut porter plainte si elle le souhaite. Ce n'est pas une démarche facile, c'est pourtant un cadeau pour soi-même que de faire le choix de sortir du silence. Tu éprouveras un grand soulagement à ne plus vivre dans le mensonge et dans la peur. Tu pourras repartir sur de nouvelles bases pour reconstruire ta vie.

Si tu veux en savoir plus:

Qu'est-ce-qui me freine pour en parler?

Tu te sens coupable de ce qui t'arrive parce que tu n'as pas pu te défendre ou en parler ? Tu as peut-être été victime de chantage : « si tu en parles, je vais faire du mal également à ton frère, à ta sœur, etc. » ? Ou alors, tu es comme paralysé·e par ce que tu as vécu ? Tu as du mal à y penser et encore plus à en parler.Tu as peut-être honte et peur qu'on ne te croie pas. Imaginer que son père ou sa mère fasse mal à son propre enfant, ça semble impossible... Sache que plus la personne qui a commis un abus sur toi est proche, plus c'est difficile d'en parler et c'est normal. Tu peux vouloir protéger la personne qui t'a abusé·e et qui t'est chère ? Et puis, peut-être que ça fait déjà un certain temps que cet abus a eu lieu ?

Il n'est jamais trop tard pour réagir.

Ce n'est pas à toi de protéger les adultes, mais l'inverse : ce sont eux qui doivent te protéger.

Il est très important que l'on reconnaisse que tu as été victime de quelque chose d'inacceptable et de très grave. Ce que cet·te adulte t'a fait est interdit et doit être puni par la loi. L'enfant doit être protégé·e et l'abuseur·euse puni·e.

L'abuseur·euse doit être dénoncé·e et jugé·e. C'est une épreuve pour la victime car les souvenirs remontent lorsqu'elle reparle de cet abus. C'est aussi un grand soulagement de ne plus vivre dans le mensonge et la peur. Il devient alors peut-être possible d'envisager un pardon mais surtout de se reconstruire. 

Abus et handicap

Une personne en situation de handicap peut être plus faible et sans défense et peut donc subir des abus par des personnes non handicapées. Ceci n'est pas tolérable. Elle est une personne, avec ses droits et ses devoirs. L'un de ses droits, est de ne pas subir des abus et d'être traitée comme tout le monde.

Si toi aussi, tu te trouves en situation de handicap et que tu as subi ou que tu subis encore des abus, ne restes pas seul·e avec ton mal-être, parles-en avec ton·ta médecin de famille par exemple ou avec ta famille.

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