Question (Fille / 2009)

Bonjour, mon petit frère (11 ans) m'a touchée à des endroits intimes. J'en ai parlé à mes parents et ils ont dit qu’il ne devrait pas faire ça mais ils disent aussi que je dramatise ou que je suis trop sensible.

Depuis j'évite certains vêtements et je me protège quand je suis près de lui.
J'ai l'impression de ne pas trop être prise au sérieux, qu’est ce que je pourrais faire ?

Réponse

Bonjour,

Quel que soit l’âge qu’il a, ton petit frère n’a pas le droit de toucher tes parties intimes, que ce soit sur ou sous tes vêtements. On appelle cela des attouchements. Il existe d’ailleurs des lois en Suisse qui interdisent des attouchements sur les parties dites intimes (la poitrine, les fesses, les parties génitales) entre membres d’une même famille (fratrie, parents-enfants).

Tu as eu beaucoup de courage d’en parler à tes parents, et ils ont raison de dire que ton petit frère ne doit pas faire ça. Par contre, nous sommes désolé·e·s de lire que tu ne t’es pas sentie prise au sérieux ou que tu as pu entendre que tu étais trop sensible. Tu as tout à fait raison de prendre cela au sérieux, car tu as été intrusée dans tes limites et il est vraiment important que ça ne se reproduise pas. Penses-tu que ton petit frère a compris que ça ne se faisait pas, que des lois interdisent cela ?

Tu te demandes ce que tu pourrais faire. Nous t’encourageons à réessayer de parler avec tes parents pour leur expliquer que tu as changé tes habitudes (tu évites de porter certains habits) parce que tu ne te sens plus en sécurité. Tu peux leur dire que non « tu ne dramatises pas » et leur montrer notre réponse. Il est important qu’ils puissent autant t’aider toi pour que tu te sentes de nouveau en sécurité, qu’aider ton petit frère pour qu’il comprenne que ce type d’acte est interdit par la loi. Cela peut aussi leur permettre de comprendre pourquoi il l’a commis.

Tu peux aussi en parler à une personne adulte de confiance dans ton entourage (psy scolaire, infirmier·e scolaire, enseignant·e) afin de ne pas rester seule. Sache qu’avec cette personne (ou seule), tu aurais aussi le droit de prendre contact avec la LAVI de ton canton. Ce sont des centres d’aide aux personnes ayant été victimes d’une infraction (agression physique ou/et sexuelle), et les professionnel·les pourront t’informer des lois, te guider vers ce dont tu aurais besoin, et te proposer d’être orientée pour un suivi psychologique pour avoir un espace pour parler de ce vécu.

Nous lisons que ce vécu laisse des traces sur ton quotidien (tu évites par exemple de porter certains habits), en parler est souvent précieux. Nous te joignons l'adresse du centre LAVI de ton canton.

N’hésite pas à revenir vers nous si tu en ressens le besoin. Prends soin de toi,

L'équipe ciao.ch


Le SAVI Service d'aide aux victimes - savi-ne.ch
Dernière modification le 30 mars 2026

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Avec le soutien financier de la Confédération, en vertu de l'ordonnance sur des mesures de protection des enfants et des jeunes et sur le renforcement des droits de l'enfant.

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