Question (Fille / 2009)

Bonjour, j'ai 16 ans, je suis dans une école de culture générale.

J'ai faut beauté de crises d'angoisses ces temps-ci, je me sens déprimé, j'ai des idées ⚫️ pas constamment mais assez régulièrement. Je suis fatiguée,

aujourd'hui quand on m'a dit ça va la phrase qui m'est venu en tête était "j'ai la boule au ventre de vivre, la vie me donne la nausées" j'ai aussi pensé "je crois que je fais un burn out de la vie" mais bien sûr j'ai répondu "oui ça va!" Quand une fille de la classe m'a dit "on dirait que t'as envie de te tirer une balle" dans ma tête la phrase qui m'est venue était "pas qu'une" mais j'ai répondu "je suis fatiguée" et j'étais choquée de mes propres pensées...

j'ai aussi beaucoup écrit cette semaine, mais à mon avis si quelque tombe sur ce cahier je vais être dirigé tout droit en psychiatrie... Mais il y a des moment où je vais bien, mais ils sont devenus plus rare.

En fait j'ai pas vraiment envie de mourir, j'ai juste envie de mettre un terme à mon mal-être quotidien. Car en soit, j'aime beaucoup trop mes parents, mon frère, ma cousine, mes cousins, mes autres cousines, ma familles et mes amies, même mes profs et ceux de la classe je les trouve cool.

Mais je perds espoir, j'ai demandé de l'aide, je vous ai déjà écrit pour mes crises d'angoisses, j'ai même réussi à en parler (uniquement des crises d'angoisses ce qui est déjà pas mal) à mes parents, j'ai montré mon bras à 2 profs, car je voulais de l'aide, j'en avais besoin, mais finalement j'ai tout essayé,
je vous ai écrit, j'ai discuté avec mes parents, j'ai aussi parlé avec mes amies, j'ai essayé d'en parler aux profs (pas tous juste 1 et le médiateur scolaire) sans trop parler non plus (je sais qu'il y a des risques si j'en dis trop) j'ai fait des recherches dans des livres pour voir si je pouvais trouver des idées de solutions qui pourrait m'aider, j'ai installé l'application "Lynnk", je continue de chanter (ce qui m'a toujours le plus aider) j'ai écrit mes pensées, je me suis filmé en train de dire ce que je pense mais sans poster juste pour me lâcher,... mais rien ne fonctionne,

aujourd'hui le médiateur qui continue de me demander comment je vais même si je ne vais plus le voir, me l'a demandé si j'avais envie de dire "j'ai rechuté, ça va pas, je fais un burn out de la vie j'ai ai marre, je suis saoulée" j'ai juste dit " ça va, je suis juste très fatigué, j'ai pas beaucoup dormir avec l'examen de biologie qu'il y avait ce matin, mais sinon ça va bien!" J'ai trouvé sympa qu'il demande, mais je ne veux plus dire la vérité, j'en ai juste marre, et j'abandonne d'essayer d'aller mieux quand rien ne fonctionne, ça m'a saouler!

Là je suis en train de vous écrire, je vous écris comme si je parlais dans mon cahier, j'ai pas l'impression de demander de l'aide en vous écrivant, juste écrire pour me vider la tête, dans un endroit qui sera effacé.

C'est sûrement pour ça que j'ai écrit tout ça... parce que pour moi je n'écris pas là où je pense écrire... mais c'est peut-être mieux ainsi ou pas... vous allez en faire quoi de ce message? Vous les gardez ? C'est qui qui les lit ?

J'ai écrit tout ça aujourd'hui, mais peut-être demain ça ira mieux... même si ça fait longtemps que je dis ça... Je suis désolée de vous dérangez pour des histoires d'ados...

Vous savez je pense que mon prof en a marre, j'ai souvent été lui dire que ça allait pas ces dernières semaines, alors que avant j'allais super mega bien et que je faisais des blagues, que je rigolais et faisais la folle, mais là j'ai même rater un de ses cours pour une crise d'angoisse, à la fin du cours j'allais mieux il est venu me voir et il a dit "là quand je te vois t'a l'air bien" perso ça m'a vexer, car oui j'arrivais mieux à respirer, oui ça allait mieux physiquement mais dans ma tête j'avais plus envie d'exister, alors bon et le fait qu'il dise ça pour moi c'était genre "t'as raté un cours pour rien, t'as l'air bien là" c'était peut-être pas ça, mais je l'ai interpréter ainsi et ça m'a saouler,

les profs du cycles avaient raison, " vous êtes des grands, on s'en fous de vous, bah ouais, au début je croyais qu'on s'en foutait pas mais un peu quand même... comme au cycle, quand je me suis fait harceler ils en avaient rien à faire, je me faisais taper, barré le passage dans la rue, cracher dessus, y avait des rumeurs, j'étais insulter, je me faisais suivre à la récré, mais ils ont rien fait, car quand je parlais je voulais juste faire ma victime...

bref, je suis reparti, j'ai vraiment l'impression d'écrire dans un journal intime virtuel au lieu d'un site d'aide mais c'est pas grave on s'en fish 🐟

Réponse

Ton témoignage nous a beaucoup touché·es. Tu as réussi à mettre des mots sur ce que tu ressens et à nommer ta peine. Cela demande beaucoup de courage et une belle capacité à réfléchir sur toi-même.

Nous voulons d’abord te féliciter d’avoir parlé à tes parents et à des professionnel·les de confiance dans ton école. Même si tu n’as pas encore réussi à tout leur dire, tu as déjà franchi une étape très importante : celle de demander de l’aide. Ce n’est pas facile, et c’est déjà un pas très précieux.

Les crises d’angoisse et les idées noires dont tu parles ne sont pas anodines et méritent vraiment d’être prises au sérieux. Sache que tu peux appeler à tout moment le 147, une ligne d’aide pour les jeunes. Des professionnel·les y sont disponibles 24h/24 et 7j/7 pour t’écouter et te soutenir lorsque tu as des idées noires. Dans ton canton, tu peux aussi appeler le 027 321 21 21 si tes idées noires deviennent envahissantes.

Tu expliques aussi que tu as parfois des périodes où tu te sens "méga bien", mais que ces moments difficiles reviennent. Cela peut être le signe que certaines choses en toi ont encore besoin d’être comprises et apaisées.

Une étape importante peut donc être de continuer à mettre des mots sur ce que tu ressens et sur ce qui te fait souffrir. Comprendre ce qui se passe en toi peut effectivement aider, petit à petit, à aller vers un mieux-être. Un peu comme un puzzle : il faut d’abord regarder les différentes pièces avant de pouvoir comprendre comment elles s’assemblent. Continuer donc à parler à tes parents, ton prof ou le médiateur, peut vraiment t'aider.

Tu dis que montrer ton cahier à tes parents pourrait les effrayer. En même temps, partager une partie de ce que tu ressens pourrait aussi les aider à mieux comprendre ce que tu vis et à être encore plus présent·e·s pour toi. Leur rôle est notamment de te soutenir et de t’accompagner dans les moments difficiles, afin que tu puisses avancer et continuer à grandir de la manière la plus sereine possible. En comprenant mieux ce que tu ressens, iels pourraient aussi ajuster leur manière d’être avec toi et trouver comment te soutenir au mieux.

Vous pourriez aussi discuter de la possibilité de voir un·e professionnel·le de la santé si tu le souhaites. Un·e psy pourrait t’offrir un espace sécurisant où tu pourrais parler librement et explorer, avec son aide, tes émotions et tes pensées. Nous te mettons en lien quelques articles à ce sujet qui pourraient t'intéresser.

Tu sembles avoir une grande force intérieure. Elle t’a probablement aidée à traverser la situation de harcèlement que tu as vécue au cycle. Mais ce type d’expérience peut laisser des traces et la douleur peut rester présente. Ce que tu as vécu n’était pas normal, et tu mérites aujourd’hui d’être soutenue.

Nous t’encourageons vraiment à continuer à en parler. Tu n’as pas à porter tout cela seule🌺.

Nous t’envoyons beaucoup de courage pour la suite et restons là si tu souhaites revenir nous donner de tes nouvelles,

L'équipe ciao.ch


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Dernière modification le 11 mars 2026

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