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Mes problèmes alimentaires dictent mes journées

19 mai 2022

Question (Fille / 2004)

Bonjour l'équipe ciao,

Je reviens vers vous avec la même problématique. Ma situation ne change pas beaucoup je crois...Si ce n'est que je suis suivie maintenant à l'hôpital, en nutrition à la demande de ma psy. J'ai eu un RDV mais, le prochain n'est que dans 1 mois. J 'y serais hospitalisée de jour. J'ai l'impression que je ne tiendrais pas jusque la...

Comme dit dans les précédents topics, j'ai quelques problèmes avec ma relation au corps et, à la nourriture. Depuis mon dernier message, je suis en pleins yoyo. J'ai pris un peu de poids, que j'ai perdu en quelques semaines. Je suis loin d'avoir atteins mon objectif qui est de passer en dessous des 50 kilos.
Jusque la, tout allait plutôt bien. Mais depuis quelques jours, j'ai vraiment du mal à me nourrir. La nourriture me dégoute et, me donne la nausée. Je commence à me restreindre volontairement puis à la fin, je n'ai plus du tout faim. Chose qui ne me dérange pas plus que ça vu que je perds du poids. Ce qui me dérange, c'est les période de binge qui en suivent. Ça survient pendant la nuit, toujours vers la même heure. Je me réveil avec une envie incontrôlé de manger. Je me fais vomir mais, je peux prendre jusqu'à 400 grammes après mettre pesée. Je pensais qu'en me faisant vomir, je ne prendrais pas de poids, mais je grossi quand même. Je suis censée perdre pas prendre bon sang! Pour autant, je continue à me faire vomir. Maintenant, tout ce que je mange y passe. J'aime la sensation de légèreté après la purge. J'aime me sentir fébrile. J'ai l'impression d'être vide de péché.

Je me sens tellement sale après avoir mis la moindre chose dans ma bouche. Je veux perdre le peu de poitrine que j'ai, je n'en veux plus. Je ne veux plus être femme. Je voudrais que la femme que je suis disparaisse au profit de l'enfant insouciant que j'étais. Pour moi, manger rime avec prendre de formes, chose que je ne supporte pas. Est-ce le syndrome de Peter Pan?
Il parait que si j'arrête de manger, mon corps n'ovulera plus. J'aurais du y penser plus tôt, avant la puberté. Cela m'aurait épargné les règles et les douleurs mensuelles...
C'est assez bizarre mais, je me dis que quand je ne les aurais plus, j'aurais atteins mon objectif. Cela voudra dire que je ne suis plus grosse. Ce sera comme "officielle".

Ces pensées m'obsèdent. Je n'ai plus d'autres goal que de perdre du poids. Dès le réveil, c'est la première chose à laquelle je pense.
Ça me rend dingue. Je voudrais retrouver ma vie d'avant, sans tout ces problèmes liés à la nourriture. Je commence à voir les conséquences sur mon corps mais, négatives. Je suis tout le temps épuisée et, j'ai froid. Très froid.

D'un côté, je veux qu'on m'aide mais, de l'autre, je n'ai pas envie de sortir de cet engrenage. J'ai l'impression que sans mes problèmes alimentaire, je ne suis rien. Ils dictent mes journées. Je pense que sans, je vais juste m'ennuyer en fait. Et, peut être que au fond, c'est juste pour me faire remarquer, je ne sais pas. Je ne sais plus...

Bonne journée.

  • Santé
Réponse

Bonjour,

Nous te sentons dans une très grande souffrance et te félicitons d'avoir écrit à ciao pour en parler à nouveau.

Tu continues à te sentir prise dans l'engrenage de pensées obsédantes qui t'enferment dans une énorme souffrance. Tu te sens aux prises avec deux parties qui t'empêchent pour le moment d'aller vers le changement : une part de toi aimerait recevoir de l'aide et retrouver ta vie d'avant, mais une autre part ne souhaite pas encore changer. Tu as le sentiment que cette part de toi se définit à travers ces troubles du comportement alimentaires (TCA) et que s'ils venaient à disparaître, tu ne serais rien. C'est une pensée qu'ont très souvent les personnes souffrant de TCA, mais malgré cela, n'oublie pas que la maladie ne te définit pas et que tu es aussi une personne qui a des ressources.  

Ces difficultés que tu éprouves au quotidien sont un moyen pour exprimer un mal-être de fond. Ce n'est pas un trouble qu'on peut choisir, c'est l'expression que quelque chose de plus profond en toi est difficile à vivre. Ce mal-être te donne envie de redevenir l'enfant insouciante que tu étais, te fait refuser ta féminité, ne te donne pas envie de grandir...Pour que cela change, il est nécessaire que tu puisses continuer à en parler à ta psy, ce qui va t'aider à trouver des réponses en toi pour faire face différemment à ce qui est difficile à vivre pour toi. 

Tu dis aussi que tu commences à voir les conséquences de ces troubles alimentaires sur ta santé. C'est pour cela que ta psy t'a proposé un suivi à l'hôpital et n'hésite pas à lui dire que tu as l'impression de ne pas arriver à tenir jusqu'au rendez-vous du mois prochain, afin qu'elle puisse trouver des solutions en attendant.

Ciao t’envoie son soutien durant cette période si difficile pour toi. Prends soin de toi !

l'équipe ciao.


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Dernière modification: 25 mai 2022

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