Question (Fille / 2010)

Mon père boit et je ne sais pas quoi faire

Bonjour, je dois parler de quelque chose que j'ai sur le cœur car ça s'empire depuis quelques années.
Mon père est alcoolique, mais pas comme la représentation qu'on a en général. C'est plutôt le genre à boire pour se détendre. Sauf que depuis quelques temps, il achète des packs de bières qu'il cache parfois à ma mère (parce qu'elle essaie de lui dire d'arrêter), il boit peut-être 4/5 cannettes par jour, le verre de vin le soir est plutôt devenu 2/3 verres, et il cache également du vin blanc en petites bouteilles qu'on a retrouvé dans ses affaires (et quand il en boit il devient détestable, mais pas du tout violent, et il ne crie pas non plus), ainsi que d'autres bouteilles d'alcool, et peut-être ce qu'il consomme quand il est avec ses amis.

Le problème, en plus de l'alcoolisme, c'est que son cœur ne va pas bien du tout. Il a une maladie génétique, et ces derniers temps il s'affaiblit, il est en télétravail, et selon moi il doit absolument courrir aux urgences avant de faire un malaise inquiétant (mais il veut pas y aller car justement il a peur de l'hospitalisation, pourtant ça a été le cas il y a quelques années et dans sa faiblesse, il a jamais autant été le meilleur père que j'aurai pu avoir).

Il a une médecin qui le néglige complètement. Ma mère ne sait pas quoi faire, mon père est encore convaincu qu'il apprécie juste l'alcool et qu'il n'a aucun problème, et se rend pas compte qu'on en pati. J'essaie de lui parler mais ça reste compliqué. Qu'est-ce que je pourrais faire ?

Réponse

Bonjour,

Tout d’abord, le fait que tu nous écrives alors que cette situation te pèse est le bon réflexe. Il est important, dans des situations comme la tienne, de ne pas rester seule et de se sentir soutenue et entourée.

La dépendance à l'alcool est une maladie, et boire ou ne pas boire n’est pas seulement une question de volonté. Souvent, les personnes qui souffrent d'une problématique d'alcool ne veulent pas reconnaître qu’elles ont un problème avec leur consommation ; on appelle cela le déni. Pour qu’elles puissent se soigner, il faut qu’elles reconnaissent leur maladie. Cela veut dire que, malheureusement, tu ne peux pas le soigner à sa place. Il est le seul à pouvoir décider de guérir et tu n’as pas de contrôle sur ses actes.

Le sentiment d’impuissance ou la peur que tu ressens sont des émotions normales, qui peuvent prendre beaucoup de place dans ta vie. Ce que tu peux faire, c’est tout d’abord en parler, et ensuite prendre soin de toi. Et c’est déjà ce qu’il y a de mieux à faire !

Il existe des aides pour les familles et les proches, assurées par des professionnel·le·s. Nous t’avons mis des liens que tu pourras explorer si tu le souhaites, seule ou avec ta mère.

Il est aussi important que tu ne te prives pas des moments pour te sentir bien et aller mieux : faire du sport, voir tes ami·e·s, regarder des films que tu aimes, lire des livres ou même profiter des activités offertes par l’école (s’il y en a).

Ensuite, si la santé de ton père se dégrade ou qu’une situation s’avère difficile (s’il devient violent, s’il y a des disputes, une chute ou un accident), tu peux te préparer en notant dans ton téléphone les numéros de l’ambulance (144) et de la police (117).

Bien sûr, n’hésite pas à nous écrire quand tu en as besoin ou à contacter des professionnel·le·s de la santé. Le plus important est d’en parler pour ne pas porter cette situation toute seule.

Prends bien soin de toi !

L'équipe ciao.ch


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Dernière modification le 2 novembre 2026

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