Question (Garçon / 2008)

Bonjour,

J’ai vécu un diveroce de mes parents compliqué, j’ai un plusieurs petite dépression et j’ai l’impression que je ressent plus les émotions d’empathie. Je suis super émotif, douvent je pleure pour des trucs bêtes et je m’énerve parfois mais pour l’empathie j’ai l’impression que y’a pas du tout.

Par exemple ce qui s’est passé à Cran le 1er janvier tout mes amis sont en mode c horrible presque triste mais moi je ressent rien, juste je me dis « c’est des choses qui arrivent, sûrement ça, ca ou ça aurait permis d’éviter l’incendie… »

Je me dis que c’est pas normal d’être aussi peu empathique et je me demande pourquoi ça m’arrive. J’ai vécu des événements traumatisants (ma mère qui avait bcp bu pendant le divorce et d’autres moments) J’aimerai travailler dans les secours donc peut-être mon corps est déjà détaché de la douleur pour se préparer ou ne plus souffrir comme avant… Je ne sais pourquoi mais je me sens bizzare avec ça… comme si je n’étais pas normal.

Pouvez vous m’aider ?

Réponse

La normalité n’est qu’une construction de la société, née de repères collectifs et changeants. Elle sert à classer et à comparer, mais elle ne dit rien de la richesse, de la complexité ni de la valeur d’un être humain. Chaque personne existe au-delà des normes, avec son histoire, sa sensibilité et sa manière unique d’être au monde.

Tu dis ressentir des émotions fortes et pleurer souvent, mais avoir l'impression que tu ne ressens pas de l'empathie. Ton expérience de vie t’a probablement appris très tôt à te protéger. Comme si tu avais dû te construire une armure pour continuer à avancer, tu as peut-être développé des mécanismes qui t’ont permis de tenir debout malgré les tempêtes. Mais cette armure ne semble pas être ni froide ni vide, car elle laisse passer ce qui est trop lourd à contenir. Pleurer est souvent une manière pour le corps de relâcher une pression accumulée, une soupape quand les choses deviennent trop intenses.

Cependant, ressentir des émotions ne signifie pas forcément ressentir de l’empathie. Les deux ne fonctionnent pas de la même manière. Les émotions concernent ce qui se passe à l’intérieur de toi, tandis que l’empathie demande de pouvoir se tourner vers l’autre et d’entrer en résonance avec ce qu’il vit. Quand on a dû se protéger très tôt, l’esprit peut apprendre à garder une certaine distance avec la souffrance des autres. Ce n’est pas un manque de cœur, mais une stratégie de protection. On peut imaginer l’empathie comme une porte intérieure qui reste souvent fermée pour éviter d’être submergé·e.

Cette façon de fonctionner peut effectivement devenir une force, notamment dans ton projet de travailler dans le domaine du secours. Les métiers du secours ne demandent pas de ressentir l’empathie en permanence, mais d’être capable d’agir, de rester stable, de prendre des décisions et d’aider concrètement quand la situation est grave. Savoir garder une certaine distance émotionnelle peut être un atout pour protéger les autres sans se perdre soi-même. Ton vécu, ta capacité à tenir dans des situations difficiles et ta sensibilité contenue peuvent ainsi trouver un sens et une utilité dans ce chemin que tu envisages.

Nous espérons que notre réponse a pu te donner quelques pistes de réflexion et nous restons à ton écoute,

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 3 janvier 2026

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