Les sectes

Dernière modification: 4 Novembre 2020

Une secte peut être définie de manière neutre ou critique.

Dans son acception neutre, une secte est un groupe qui s'est différencié d'un autre soit en se coupant (secare) soit en suivant (sequor) des enseignements décrits comme non-conformes par le groupe majoritaire

Aujourd'hui, c'est la définition critique qui tend à se généraliser. Une secte est dès lors un groupe religieux perçu comme dangereux.

Comme aucun groupe ne se définit lui-même comme dangereux, le concept de secte est toujours appliqué de l'extérieur par un ensemble d'individus à un autre. Se pose dès lors la grande question des "critères" de ce qui est dangereux. Puisque la définition même de la secte naît d'un désaccord entre groupes d'individus, aucune unanimité ne peut être dégagée à propos de ces critères. Voici toutefois quelques propositions pour qualifier ce qui est dangereux dans un groupe religieux (et probablement en tout groupe).

Un groupe religieux est qualifié de secte (et les religions historiques ont pu l'être, peuvent l'être ou pourraient elles aussi le redevenir) quand un ou plusieurs de ces facteurs sont présents:

  • Accaparement de la plénitude de la Vérité: le monde est perçu en blanc et en noir, entre ceux du dedans qui ont le Vrai et ceux du dehors qui sont dans l'erreur (par exemple: les témoins de Jéhovah, et dans une mesure moindre, les mormons ou les néo-apostoliques; au sein des religions historiques, les groupes ou communautés absolutistes qui refusent non seulement le dialogue inter-religieux, mais aussi tout dialogue intra-religieux).
  • Prise de pouvoir par un·e ou des chef·fe·s de fileune ou plusieurs personnes charismatiques sont à la tête d’un mouvement qui met en place des dépendances, intellectuelles, affectives, voire sexuelles, et cela au lieu de susciter une nouvelle indépendance en vue d'une réelle interdépendance (par exemple: les excès passés des Enfants de Dieu ou la pratique problématique de certains "gourous" comme Shri Mataji, Guru Mahara Ji, Rajneesh, au sein de certaines sectes orientales).
  • Invocation de forces troubles: entités occultes et "extra-terrestres" qui prétendent mener à une vie plus riche, mais qui mènent à la mort... (par exemple: OTS, les Portes du Paradis, les groupes soucoupistes et les mouvements ésotérico-occultes...).
  • Absence d'une liberté réelle pour entrer et pour sortir du groupe: pressions sur les nouveaux membres pour qu'ils quittent leurs ami·e·s et leur famille si ceux·celles-ci ne se convertissent pas à leur tour; menaces spirituelles fortes en cas de prise de distance de leur part (les communautés très hiérarchisées, voire même certaines communautés "chrétiennes" ou "musulmanes").
  • Demande d'argent pour transmettre les niveaux "supérieurs" de l'enseignement: l'absence de gratuité révèle l'intérêt premier du groupe pour ce que l'adepte peut lui donner et non pour ce que le groupe peut lui offrir (par exemple: la scientologie).

La dangerosité n’est pas immédiatement discernable car certains des points précédents peuvent être dissimulés ou être justifiés selon certain·e·s.

Certain·e·s adeptes ne veulent pas croire qu’ils·elles sont dans l’erreur, il est donc très difficile parfois d’accepter le fait de s’être fait mener dans une secte alors qu’ils·elles croient avoir trouvé une pensée nouvelle et vraie.

Un signe plus objectif est la non-collaboration effective du groupe avec d'autres groupes religieux. Cette autosuffisance (qui n'a pas besoin d'autrui) empêche tout regard extérieur, rend imperméable à l'inter-critique et anesthésie les possibilités d'une réelle autocritique.

Religion, spiritualité, secte?

Qu'est-ce que la spiritualité?

En un mot, il y a comportement sectaire (fortement amplifié dans les sectes et le plus souvent régulé dans les religions, mais pas toujours!) chaque fois qu'il y a prise de pouvoir dans le groupe sur l'avoir ou le savoir, l'être ou l'agir de ses membres.

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