J'ai franchi une limite de ma copine, que faire?
2 mai 2026
Question (Garçon / 2005)
Je vis depuis quelques mois un moment difficile de ma vie.
Je suis en couple avec ma copine depuis plusieurs années. Nous sommes heureux et nous communiquons beaucoup. Il y a cependant un problème auquel nous sommes confronté depuis le quasi début ; nous n’avons pas la même libido.
J’ai beaucoup plus souvent envie d’elle, qu’elle de moi.
Heureusement, j’estime que nous communiquons vraiment bien, et on en a parlé souvent. Lorsqu’elle me dit qu’elle n’a pas envie, je n’insiste pas ou je ne force pas. Je ne le prends pas personnellement et je sais que ça ne veut pas dire qu’elle m’aime moins.
Mais progressivement, ça mène à une frustration que je ne contrôle pas. Avec les mois et années, ces situations se multiplient, et c’est toujours dans le même sens.
Ça en fait presque quelque chose de trop important parce qu’on se concentre dessus, alors que le reste est top entre nous.
La frustration que je ressens parfois me met de mauvaise humeur, sans que je puisse le contrôler. Alors, même si je l’encourage à s’exprimer librement de ses envies, de poser ses limites, et d’insister sur le fait que je les respecte, je réagis parfois en acceptant, mais sans pouvoir cacher une frustration.
Parfois je me suis dit que je ne voulais pas qu’elle s’en aperçoive, parce que je ne voulais pas exercer une pression sur elle ou lui faire ressentir de la culpabilité à cause de son refus, et parfois je me suis rappelé que nous avons toujours parlé de tout, et je lui ai ouvertement exprimé mes pensées.
On s’est souvent dit que ce décalage entre nous allait s’améliorer avec le temps, car elle a vécu des expériences sexuelles traumatiques par le passé, et peut être qu’en la soutenant nos envies s’accorderaient.
On a fait beaucoup de progrès ensemble. Et nos envies se sont en effet rapprochées, mais les situations ne sont jamais complètement disparu.
Et on ne s’est pas séparés, parce que cette raison semblait puérile, ridicule, et juste pas suffisant pour justifier de plus être ensemble. Tout le reste fonctionnait à merveille.
Ce n’est pas tout, et la viens le gros du problème.
J’ai toujours voulu insister sur le fait d’avoir une relation saine, et des relations sexuelles saines. Cela passe par une communication extensive, des demandes de consentement pour chaque étape, veiller à ce que l’autre soit bien à tout moment, ne pas juger, débriefer, etc. C’était d’autant plus important qu’elle avait parfois des traumas et des flashbacks d’agression. Mais avec le temps, au bout d’en tout cas un an, ils avaient fini par complètement disparaître de nos moments intimes, ce qui était génial.
Et avec le temps également, il est arrivé que je ne demande pas oralement parfois à chaque stade d’intimité. Si ça passait par l’oral l’énorme majorité du temps, il arrivait que nous nous rapprochions sans parler et sans demander explicitement certaines choses, surtout des caresses.
Des caresses sur ses fesses, ses cuisses et qui pouvaient vouloir dire que je demandais plus, sans parler, ne lui posait pas de problème. Ainsi, nous accédions parfois à un moment intime dans le silence. Nous parlions toujours en cas de doute, ou avant une pénétration. Mais on ne demandait plus toujours tout, au stade où on se chauffait.
Le problème débute ici, car il est arrivé qu’à cette étape muette, on se rende compte que j’avais envie, et qu’elle non. Il m’est arrivé d’avoir la main sur le bas de son ventre, puis elle écartait ma main et/ou me disait qu’elle n’avait pas envie. Dès que je ressentais un refus explicite de cette sorte, je m’interrompais immédiatement, et je m’en voulais parfois de ne pas avoir « lu » l’absence de consentement plus tôt. On en parlait ensuite ou le lendemain, et on convenait tous les deux qu’on devait faire en sorte que cette situation ne se reproduise plus, mais elle ne m’en voulait pas et acceptait mon embarras.
Des situations similaires se sont produites malgré tout quelques fois, car nos limites étaient floues et il a fallu nous en rendre compte. Alors, nous sommes parvenus à la conclusion qu’il fallait obligatoirement communiquer oralement à chaque fois avant de dépasser une certaine limite, étant son bassin. Alors pendant des mois cette situation de « décalage » ne s’est plus reproduite, jusqu’à ce qu’elle revienne il y a 2 mois.
Nous étions à un endroit en vacances où nous nous sentions détendus et déstressés. Et une semaine avant, à notre réveil, nous nous étions chauffés sans parler. Elle s’était frottée à moi en cuillère et une sorte de communication physique entre nous avait eu lieu.
Avec ceci en tête, j’étais réveillé et j’avais envie de partager un moment intime avec elle. J’ai fait des caresses comme j’avais fait une semaine auparavant. Cependant, cette fois-ci, elle dormait, et je m’en suis rendu compte lorsqu’elle s’est replacée dans son sommeil. J’ai immédiatement arrêté et je me suis rendormi honteux.
A notre réveil, elle m’a demandé si je lui avais fait quelque chose pendant la nuit. Je lui ai dit que oui, et que j’étais désolé. Ça la brulait. Et par honte je ne lui ai pas de suite précisé que j’avais stimulé son clitoris, mais que j’avais posé ma main sur sa vulve.
Elle était en colère et je savais qu’elle avait raison de l’être, et je me demandais comment j’avais pu me retrouver dans cette situation là. Elle m’a demandé comment j’avais pu croire qu’elle était d’accord, comment je n’ai pas pu m’apercevoir plus tôt qu’elle dormait, ce à quoi je ne savais pas vraiment répondre.
Je pouvais juste m’excuser et m’interroger tout seul, de donner raison à sa colère et de reconnaître ma culpabilité.
Plus tard, au déjeuner, elle m’a redemandé si j’avais juste posé la main, et j’ai expliqué difficilement que j’avais également stimulé pendant quelques minutes son clitoris, pensant qu’on se chauffait. Elle m’a redemandé si c’était tout, j’ai dit que oui.
C’est ce moment qui est à l’origine de beaucoup de malheur. En parallèle à une autre situation où nous ne partagions pas les mêmes opinions, ça a cassé quelque chose, une sorte de lien de confiance sacré. Elle a recommencé à avoir des flashbacks et des crises d’angoisses. J’ai cassé en un instant quelque chose que j’ai mis des années à réparer avec elle. Je suis devenu ce que je détestais le plus. Et je ne suis pas arrivé à expliquer mon comportement. J’ai pas de bonne justification car je suis dans le tord. Mais je n’arrive pas non plus à comprendre comment ça a pu arriver alors que je suis tant au courant de cette problématique et en colère contre ses auteurs. Je peux juste dire que je n’ai jamais eu l’intention de faire du mal, et que mon cerveau n’a pas réfléchi de manière objective comme je le fais actuellement, mais sur le coup de pulsion ou de l’attirance. Le doute qui résidait m’a fait tenter un rapprochement, car je n’avais pas de barrière explicite. Je m’excuse de tenter de me justifier, car je sais aussi que si je n’étais pas à la place où je me trouve maintenant, j’en voudrais à la personne qui écrirait ce message.
Je suis toujours en couple avec ma copine, mais elle angoisse parfois à l’idée de me voir, alors on se voit beaucoup moins. Quand on se voit, ça nous fait du bien à tous les deux sur le moment. Mais on ne dort plus ensemble pour l’instant. Elle, de son côté, fait des insomnies. Parfois elle est distante, parfois elle est agressive. Je ne peux pas lui en vouloir pour ça. Je comprends que c’est une infime partie du malheur qu’elle peut ressentir. Mais j’en souffre quand même. Depuis ce jour mes sentiments envers elle n’ont pas changé.
J’ai l’impression d’avoir fait quelque chose de mal, mais pas pour autant d’être un monstre. J’ai l’impression d’avoir toujours voulu bien faire, mais de m’être fait rattraper par un sorte de karma diabolique.
Je ne sais pas comment l’aider, alors je lui dit que je suis là pour elle si elle a besoin de moi. Et je pense que j’ai besoin de m’aider moi-même, c’est pourquoi j’écris ici.
Je peux difficilement en parler à des amis ou des proches, car je crains énormément leur réaction. J’ai du mal à saisir la réelle gravité de mes actes, et parler semble parfois comme tendre la tête pour potentiellement me faire frapper.
De son côté à elle, elle dit qu’elle ne peut pas en parler à ses amies, car elle sait que ça me retomberait dessus et que vis à vis de comment je me suis comporté pendant ces années avec elle, elle ne trouve pas correct que je me prenne une vague de haine ou juste que je me retrouve écarté de tous. C’est très difficile de m’exprimer la dessus, mais je lui ai dit que c’était probablement beaucoup mieux qu’elle en parle plutôt qu’elle essaie de cacher ça.
La solitude me fait également très peur, car je me sens déjà très seul en ce moment. Alors être confronté à des accusations sans même savoir comment me pardonner à moi-même semble être insoutenable.
Quand ça n’allait vraiment pas, j’ai raconté ma situation à deux ami.e.s très proche. C’était terrifiant, mais je n’avais pas le choix. Ils ont plutôt bien réagi, et m’ont conseillé de voir un.e psy.
C’est probablement ce que je vais faire, mais je ne sais pas vraiment quelle démarche entreprendre.
Ce message est très long, et je pourrais developer toujours plus. Mais voilà la situation dans laquelle je me trouve. Et j’ai besoin d’aide pour moi, et aussi pour ma copine.
Merci de m’avoir lu.
Réponse
Bonjour,
Nous te remercions pour ton message et la sincérité avec laquelle tu nous écris ton vécu.
Tout d’abord, nous tenons à vous féliciter, toi et ta copine, pour les bases solides que vous avez construites tout au long de votre relation. Tu mentionnes la communication, nous lisons également le respect et le soutien que vous vous offrez l’un et l’autre depuis toutes ces années.
Bien que tout semble fonctionner entre vous, tu mentionnes toutefois que depuis le début de votre relation, vous n’avez pas la même libido et que cela crée un décalage entre vous. Tu expliques aussi ressentir parfois de la frustration et nous comprenons que les limites de ta copine peuvent parfois challenger tes propres besoins. Vous avez été tous les deux patients en avançant petit à petit, en communiquant autour de règles communes, et tout cela a permis à ta copine de se sentir en sécurité dans votre relation et votre intimité et ne plus être autant impactée par les traces laissées par ses traumatismes sexuels. Vous avez fait un magnifique travail ensemble !
Il y a deux mois, tu as entamé un contact intime avec elle alors qu’elle dormait. Nous comprenons que tu as tout à fait conscience que toucher quelqu’un dans son sommeil signifie que la personne ne peut pas consentir. Même s’il n’y a pas d’intention malveillante, c’est un acte qui n’est pas adéquat et qui ne doit pas se produire. C’est également un acte qui est interdit par la loi en Suisse.
Avec tout cela, nous souhaitons t’inviter à réfléchir à quelques points : qu’est-ce qui fait que tu as pensé que ta copine était réveillée ? Peux-tu dire et sentir ce qu’il s’est passé en toi au moment d’entamer des contacts sexuels ? Comment peux-tu faire pour t’assurer que cela ne se reproduise pas ? Y a-t-il des aménagements à faire dans votre relation dont tu aurais besoin ? Comment peux-tu protéger actuellement la sécurité émotionnelle de ta partenaire, ainsi que la tienne ? Comme tes amis à qui tu en as parlé te l’ont conseillé, il peut effectivement être très utile de consulter un·e psychologue ou psychothérapeute et chercher une aide professionnelle qui peut t’accompagner dans toutes ces réflexions. Tu peux contacter le centre de santé sexuelle de ton canton, ou prendre contact avec ton médecin de famille qui pourra te réorienter au mieux selon tes besoins. Si en parler oralement est difficile pour toi, tu peux aussi montrer le mot que tu nous as écrit, qui est très clair.
Concernant ta copine, l’une de ses limites, importante, a été franchie. Nous te félicitons vraiment d’avoir eu le courage de prendre ta responsabilité et de lui en parler, de répondre à ses questions, d’être là pour elle comme elle en ressent le besoin. Le fait que tu respectes son rythme, son besoin de ne pas dormir ensemble pour l’instant, son besoin parfois de distance, est très précieux même si cela doit être douloureux pour toi. Peut-être que le fait que tu te remettes en question et que tu ailles rencontrer un·e professionnel·le comme un·e psy pour travailler ton vécu pourrait la rassurer. Peut-être qu’il est également possible de rencontrer un·e psy ou un·e sexologue tous les deux, ensemble, pour discuter de cette situation.
Dans tous les cas, nous soutenons que tu as tout à fait raison en disant que tu n’es pas un monstre. Il est important que tu ne te définisses pas uniquement par cet acte : ce que nous t’encourageons à faire, c’est de pouvoir en prendre la responsabilité sans que cela ne te définisse.
N'hésite pas à revenir vers nous si tu en ressens le besoin. Prends soin de toi !
L'équipe ciao.ch
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