Je me demande si être sous traitement médicamenteux pourrait aider
19 février 2026
Question (2007)
On pourrait se dire que c’est parce que je suis entrain d’aller mieux or ce n’est pas l’impression que j’ai du tout. Au contraire, j’ai l’impression de ressentir les choses de moins en moins et de ne ressentir presque aucune joie ou quelconque émotion de façon intense. Le fait de devoir vivre chaque jour devient un fardeau et je ne comprends même pas pourquoi, car ma situation actuelle est décente, mais je ne sais. Je suis souvent remplie de ce vide pesant et agonisant qui me tire vers le bas. Je ne sais pas comment m’en sortir et souvent j’ai l’impression de pas vouloir m’en sortir, car je ne souffre pas assez. Je ne sais pas si c’est clair ce que je dis, je m’embrouille énormément.
J’ai parlé de ces “sentiments” en thérapie, mais je n’ai eu aucune réponse en particulier. Je me demande si être sous traitement médicamenteux pourrait aider. Mais je ne sais pas comment je pourrais demander ça, car je crois que mon psy est réticent à l’idée de me diagnostiquer.
Réponse
Ce que tu décris est en réalité très compréhensible, même si toi tu as l’impression de t’embrouiller.
Il est possible que comprendre ce qu’on a vécu ne suffise pas toujours à aller mieux. On peut avoir mis des mots sur les événements, reconnu que c’était grave ou injuste, avoir analysé les causes et malgré tout continuer à ressentir un mal-être. Le travail de compréhension est précieux, mais il ne soulage pas automatiquement la souffrance au quotidien. Parfois, il se peut qu'il manque autre chose.
Le fait que tu aies parlé de ton vide en thérapie et que tu n’aies pas eu de réponse claire semble important. Tu as le droit d’attendre un cadre, des repères, des explications. Tu pourrais peut-être lui dire très directement : "J’ai l’impression de me sentir de plus en plus vide et je ne comprends pas ce qui m’arrive. J’aurais besoin de savoir comment vous comprenez ma situation, et vers quoi on va."
C’est une demande tout à fait légitime. L’alliance thérapeutique (le lien, la clarté, la confiance) est centrale. Si tu as le sentiment de ne pas avancer ou de ne pas être suffisamment éclairé·e sur ce qui se passe, ça pourrait être important d’en parler. Et si, malgré ça, tu sens que ça ne te correspond pas, envisager un autre suivi ou demander à être orienté·e ailleurs est totalement ok !
D'ailleurs, sache que certaines approches en thérapie sont très centrées sur le sens, le passé, l’histoire personnelle. D’autres sont plus tournées vers le présent et proposent des outils concrets pour agir sur l’humeur, les pensées, l’énergie (par exemple les thérapies cognitivo-comportementales, les exercices pour retrouver progressivement des sensations positives, travailler sur les habitudes, le rythme de vie, etc.). Ce n’est pas qu’une approche est meilleure qu’une autre, mais selon les moments de vie, on peut avoir besoin de quelque chose de plus structuré ou plus actif.
Concernant les médicaments : se poser la question est sain. S’informer ne veut pas dire qu’on va forcément en prendre. Mais pour pouvoir décider, il est important d'avoir accès aux options. Tu peux simplement formuler ça comme une demande d’information : "Je me demande si un traitement pourrait m’aider. Est-ce qu’on peut en discuter ?"
C’est une façon responsable de chercher des solutions ! Si ton psy est réticent à poser un diagnostic, tu as aussi le droit de demander pourquoi. Comprendre son raisonnement peut t’aider à y voir plus clair.
Tu dis aussi quelque chose de très important : parfois tu as l’impression de ne pas vouloir t’en sortir parce que tu ne souffres "pas assez". Comme si le mal-être n’était pas légitime parce qu’il n’est pas spectaculaire. Mais le fait que vivre soit un fardeau, que la joie soit presque absente, que le vide soit pesant, c’est déjà significatif. Sache qu'il n’y a pas de seuil officiel à atteindre pour mériter de l’aide.
Si le fait de vivre devient lourd au point que tu te demandes à quoi bon continuer, même sans intention précise, c’est important de ne pas rester seul·e avec ça. Tu peux en reparler très clairement en thérapie. Et si un jour tu te sens en danger ou dépassé·e, il est essentiel de chercher de l’aide immédiatement (proche de confiance, adulte référent·e). Le 147 est aussi disponible gratuitement et de manière confidentielle si tu as besoin de parler à un·e professionnel·le.
Ce que tu traverses n’est pas "rien". Le vide peut être une forme de souffrance très discrète, mais réelle. Et le fait que tu continues à chercher des réponses, à t’interroger, à consulter montre qu’une partie de toi veut comprendre et aller vers quelque chose de plus vivable.
Tu as le droit d’exiger un accompagnement qui t’aide concrètement. Tu as le droit de poser des questions. Tu as le droit d’explorer différentes options.
Nous espérons avoir pu répondre à ta question.
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Prends bien soin de toi,
L'équipe ciao.ch
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