Comment ne pas me mutiler ?
19 février 2026
Question (Garçon / 2011)
Bon, je vous avais déjà écrit pour vous dire que ça ne va pas trop. Et en vrai, je crois que je vais mieux ou que en tout cas, il y a plus de moment où je vais bien (c'est pas très clair dit comme ça). Dans le sens qu'il y a des moments où ça va, où je ne souris pas pour de faux, où j'arrive à vivre pour de vrai. Et puis il y a les autres moments, les moments où je ne vois plus le sens de me lever le matin, où je ne vois plus l'intérêt de lutter pour aller mieux, où je ne vois pas pourquoi je devrais continuer à essayer de stopper tout se qui n'est pas bien (automutilation, problème de sommeil, problème d'hygiène etc...). (J'avais pas prévu de raconter ça de base mais bon.)
Bon, vous devez vous en douter, je ne suis pas dans un moment où ça va. Ça fait un petit moment que je ne me suis pas mutiler (11 jours) sauf que là, j'ai vraiment envie de recommencer, c'est pour ça que je vous écris. Je sais que se n'est pas bien de faire ça mais, comme je l'ai dit avant, je ne vois plus trop l'intérêt de m'en empêcher.
Je le fais habituellement sur les hanches, donc les gens ne le remarquent jamais. Après, plusieurs personnes sont quand même au courant. Mes parents le sont et j'ai un peu peur que si je le refait ils l'apprennent, je n'ai pas envie de les inquiéter. Et puis j'ai pas non plus envie de me redisputer avec ma mère à cause de ça. Certains de mes amis aussi sont au courant mais je n'aime pas leur en parler parce que j'ai peur de les inquiéter et de leur faire du mal si ils le sachent. Et puis je ne revois pas mon psy avant environ un mois donc voilà.
Et puis au de-là du fait de ne pas vouloir inquiéter, je n'ai pas l'impression que parler m'aide beaucoup. J'ai besoin de comprendre se qu'il m'arrive, c'est sûr, mais je n'ai pas vraiment besoin que quelqu'un m'apporte son avis sur la question. Je ne sais pas si c'est très clair.
En plus, comme là on est en vacances, je n'ai plus aucune obligation de me lever le matin donc souvent je ne fais juste rien tout le matin et souvent l'après-midi je ne fais pas beaucoup de chose.
La question principale, c'est comment ne pas me mutiler, je précise parce que ce n'est pas clair.
Bref, j'espère que vous allez mieux que moi.
Réponse
C'est très courageux de nous avoir écrit. Le fait que tu viennes ici avant de te faire du mal, alors que l'envie est forte, ça montre quelque chose d'important : une partie de toi veut tenir. Et 11 jours sans te mutiler, sache que c'est déjà énorme !
Ce que tu décris, les moments où ça va "pour de vrai" et d'autres où tout perd son sens, montre que tu traverses un épisode de détresse émotionnelle. Et avec ce mal-être, c'est naturel que ta situation puisse fluctuer. Et ça, ça mérite d'être pris au sérieux.
Pour répondre à ta question (comment ne pas te mutiler ?), nous ne pouvons pas te donner de solutions magiques. Par contre, il existe quelques astuces qui pourraient te permettre de calmer le pic de l'envie et de retrouver un peu de contrôle sur ton esprit et ton corps.
Déjà, l'idée serait d'essayer de raccourcir l'horizon. C'est-à-dire d'essayer de ne pas te dire de ne plus jamais recommencer, car c'est souvent contre-productif, et ça peut même augmenter l'envie. Parfois, se fixer de ne pas le faire pendant les 30 prochaines minutes permet déjà de passer le pire de la crise. Car très souvent, l'envie monte comme une vague, atteint un pic, puis redescend. Si tu arrives à passer le pic, ça peut devenir plus supportable.
Tu pourrais aussi essayer de remplacer l'automutilation par une autre alternative plus saine, sans te blesser. L'envie de se mutiler a une fonction. Souvent, c'est pour faire taire une émotion, ressentir quelque chose quand tout est vide, reprendre du contrôle, etc. Tu pourrais donc essayer de tenir un glaçon très fort dans une main, passer un élastique sur le poignet et le faire claquer, prendre une douche froide ou chaude ou encore écrire ce que tu ressens sans filtre pendant 10 minutes. Tout ça pourrait te permettre de faire redescendre la tension interne.
Aussi, si tu as un objet précis en tête, tu pourrais essayer de l'éloigner de toi, ou toi de lui. Par exemple, en changeant de pièce : tu peux aller dans un endroit où tu te sens en sécurité, et pourquoi pas avec une personne de confiance qui t'accompagne. Moins cet objet est accessible, plus ça pourrait te laisser du temps pour que l'envie passe.
En dehors de ta volonté de trouver des solutions pour ne plus te mutiler, nous trouvons important que tu dises que parler ne t'aide pas beaucoup. Ce que tu décris (vide, perte de sens, alternance de moments "vivants" et moments sans envie de lutter, problèmes de sommeil, d'hygiène, automutilation, etc.) montre que tu souffres énormément et que ça peut donc cacher quelque chose de plus profond. Et peut-être que puisque tu es en vacances, sans structure, les pensées prennent plus de place et le vide devient plus bruyant.
Dans ce contexte, le fait que tu ne veuilles pas inquiéter tes parents et ami·e·s montre que tu tiens à elleux et c'est une grande qualité ! Mais sache que tu n'es pas responsable de leurs émotions. Et peut-être que le fait que tu te disputes avec ta mère montre simplement que cette situation est aussi difficile pour elle. Car tu es son fils, et te voir souffrir est probablement très douloureux pour elle aussi. Elle peut aussi se sentir impuissante face à ce que tu traverses, et ne pas toujours comprendre ce qui se passe pour toi. Et parfois, quand on se sent démuni·e et inquiet·ète, ça peut ressortir sous forme de tensions ou de réactions maladroites.
Est-ce que tu as déjà essayé d'entamer une discussion posée et calme avec tes deux parents quand tu sens que l'envie de te blesser risque de prendre le dessus ? Car très probablement que tes parents préfèreraient être inquiet·ète·s que de découvrir que tu as souffert seul en silence. Lorsque chacun·e dépose toutes ses émotions, ses craintes, ses impressions, ça peut ouvrir la voie à une discussion sincère, précieuse et cela pourrait permettre de trouver des solutions adaptées à vos besoins respectifs.
Et si c'est trop difficile pour toi d'en parler de vive voix, tu pourrais leur écrire une lettre en leur expliquant tout ce que tu nous as écrit ici. Parfois, écrire permet de plus facilement déposer ses ressentis sans mettre de filtre.
Tu dis que tu ne revois pas ton psy avant un mois. Cependant, si les envies de te faire du mal deviennent trop fortes, n'hésite pas à le contacter avant ton rendez-vous. Il pourrait peut-être te trouver un rendez-vous plus rapidement. Car ta sécurité passe avant tout ! Tu peux aussi contacter le 147, une ligne d'écoute gratuite et confidentielle qui met à ta disposition des professionnel·le·s qualifié·e·s pour te soutenir en toute bienveillance.
Et n'oublie pas que ta démarche d'être venu nous écrire est très courageuse. Tu as déjà fait un immense pas en avant en t'exprimant sur ce sujet !
Nous espérons avoir pu répondre à ta question.
N'hésite pas à revenir nous écrire pour nous donner des nouvelles.
Prends bien soin de toi,
L'équipe ciao.ch
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