Question (Fille / 2009)

Bonjour l'équipe de Ciao.ch.

Cela fait maintenant depuis un petit moment que je n'arrive plus à aller mieux sur un long terme.

Dans ma vie, j'apprends un métier à contrecœur pour mes parents, car ils ont déjà payé une grande somme des frais de scolarité, qui ne peuvent pas être remboursés, car ça fait 6 mois que je suis en formation. J'aimerais vivre de ma passion qui est la guitare. Malheureusement, je n'ai pas eu assez de temps pour réfléchir à un métier qui me plaisait vraiment et j'ai donc suivi la même voie que ma sœur jumelle. Même si je suis une formation que je suis obligée de finir, je continue quand même mes cours de guitare et je cherche à trouver un équilibre avec ma formation et mon hobby pour pouvoir, une fois mon CFC obtenu, pratiquer un peu de mon métier pour gagner de l'argent et après me rediriger sur la voie de la musique. Je ne perds pas espoir, mais je ne prends quand même pas un grand plaisir à suivre cette formation.

Un soir, pendant le weekend, mon frère fêta son anniversaire en même temps qu'un autre de ces amis, car il n'avait pas pu fêter le sien, vu que c'était en semaine. Il rentra donc de chez son ami complètement ivre, mais il arrivait encore à s'exprimer. Mes parents étaient également ivres, et ma mère et ma sœur étaient dans la chambre parentale parce qu'une embrouille entre ma mère et mon père avait déjà commencée avant que mon frère n'arrive, c'est pourquoi ma sœur voulait calmer le jeu en isolant ma mère. J'étais donc autour de la table avec mon père et mon frère, tout les deux bourrés.
Puis, mon frère commença à dire tout ce qu'il ressentait depuis qu'il était petit, et il s'effondra dans les bras de mon père. Il lui dit : "pourquoi vous buvez tous les jours avec maman ?", "j'ai toujours eu l'impression d'être la sous merde de cette famille", "on dirait que la mort de mamie ne vous fait absolument rien alors qu'elle est comme une deuxième maman pour moi", etc. J'essayais de le rassurer sans pour autant le stopper car c'était déjà courageux de sa part de s'exprimer (même si sous l'effet de l'alcool ça lui a facilité la chose). Mon père, déjà bien loin, essayait de trouver les mots juste mais de mon point de vue, on aurait plutôt dit des excuses puis directement des reproches. Plus tard, ma mère et ma sœur nous rejoignirent pour l'écouter. Puis il décida à aller se coucher, et nous l'accompagnâmes tous dans son lit et nous lui souhaitâmes bonne nuit. Nous reveinâmes à table pour parler de ce qui venait de se passer, et ma sœur et moi essayâmes de leur expliquer tranquillement les choses qu'il dît. Au lieu d'écouter, ils ne faisaient que de boire du whisky et de revenir sur leur embrouille personnelle. Nous en eûmes marre et nous leur dirent que ça ne servait à rien de parler avec eux si pour finir, il ne faisait que de boire sans même nous écouter et de repartir dans leurs problèmes sans prendre en compte la détresse de leur fils.
Mon père s'excusa quelque temps après auprès de mon frère, ma sœur et moi, tandis que ma mère resta un moment silencieuse à ce sujet. Ma sœur lui poussa à faire des efforts puis elle l'avoua, mais juste à elle. Je n'arrivais plus à leur parler sans être en colère contre eux, car le mal qu'ils avaient fait à mon frère était juste inacceptable à mes yeux. À présent, je leur parle normalement mais je ne suis pas totalement honnête dans mes sentiments avec eux.

Au niveaux de mes amitiés, celle avec ma meilleure amie s'est arrangée (car il y a eu beaucoup de facteurs qui mon fait douté etc. mais maintenant, c'est réglé). Mais celle qui pose problème est l'amitié que j'ai avec mon meilleur ami, qui est également celui de ma sœur. Nous avons eu des antécédents qui ont fait que jusqu'à présent, nous avons besoin de discuter en face à face avec notre meilleur ami pour lui parler de nos ressentis sur notre relation. Mais je m'embrouille encore avec ma sœur qui s'énerve car j'ai du mal à vouloir lui parler à cause de nos antécédents. Bref, elle me dit que dans l'histoire, c'est de ma faute si j'ai l'impression de me sentir de trop dans ce trio, car j'aurais apparemment une fausse image de moi même ce qui l'énerve. Elle me demande de faire plus d'efforts pour éviter de la contrarier et éviter de perdre cet ami.

Il y a encore beaucoup de petites choses qui font qu'aujourd'hui, je trouve la vie injuste ou mal faite, et que je n'ai plus vraiment envie d'affronter à chaque fois de nouveaux démons, alors que les derniers venaient juste de se terminer. Je cherche fréquemment des moyens de mettre fin à mes jours. J'ai beau essayé à aller mieux, mais je n'y arrive pas. J'ai plus envie de faire d'efforts. J'aimerais juste être en paix et ne plus avoir aucune responsabilité ni plus aucun problème. Si la vie s'arrête, je n'aurais plus de remords ni de regrets sur le dos.

Mais avant que je ne trouve la bonne solution pour en terminer, je me suis dit que je pouvais essayer une dernière fois pour ma famille et mes proches.

Pourriez-vous m'aider s'il vous plaît ?

Réponse

Tu as bien fait de nous écrire et d’avoir pris le temps de partager ce que tu traverses. Ton message est très touchant et montre à quel point tu fais des efforts depuis longtemps, malgré une fatigue et une souffrance qui se sont accumulées.

Tu décris une situation particulièrement lourde : une formation que tu poursuis par loyauté envers tes parents, des tensions familiales importantes liées à l’alcool, la détresse de ton frère qui t’a profondément marquée, ainsi que des relations amicales devenues source de conflit et de remise en question. Tout cela, en même temps, peut donner le sentiment de devoir constamment tenir bon sans jamais pouvoir souffler.

Le fait que tu continues à nourrir ta passion pour la guitare, que tu envisages un chemin possible après l’obtention de ton CFC, et que tu aies écrit aujourd’hui « une dernière fois » pour essayer de trouver de l’aide, montre qu’une partie de toi souhaite encore être soutenue et comprise. Cette partie mérite toute notre attention.

Cependant, ce que tu exprimes à la fin de ton message est très sérieux. Le fait de penser fréquemment à mettre fin à tes jours et de ne plus vouloir faire d’efforts indique que tu as besoin d’un soutien immédiat et humain. Tu n’as pas à porter cela seule.

Si tu es en Suisse, nous t’encourageons vivement à contacter le 147 (Conseil et aide pour les enfants et les jeunes), disponible 24h/24, gratuitement et confidentiellement, par téléphone, chat ou WhatsApp. Tu peux les appeler même si tu ne sais pas quoi dire : ils sont là pour t’écouter et t’aider à traverser ce moment.

En parallèle, il est très important que tu puisses t’appuyer sur des personnes de confiance dans ton entourage. Cela peut être ta sœur, un membre de ta famille, un·e ami·e, un formateur ou une autre personne adulte de référence. Même si c’est difficile, mettre des mots sur ta souffrance auprès de quelqu’un peut alléger le poids que tu portes et t’éviter de rester seule avec ces pensées.

Tu n’as pas à régler toute ta vie ni à prendre des décisions définitives aujourd’hui. L’objectif, pour l’instant, est que tu sois en sécurité et accompagnée. De l’aide existe, et tu mérites d’être soutenue.

Nous t’encourageons sincèrement à faire ce pas vers de l’aide dès maintenant.

Prends soin de toi,

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 19 janvier 2026

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