Depuis l'incendie de Crans-Montana, je n'arrive plus à penser à moi
9 janvier 2026
Question (Fille / 2009)
Mon sourire est parti avec les victimes de ce bar, que je fréquentais très souvent, des amis ont été hospitalisé en Allemagne, et je n’ai pas de nouvelles d’eux.
Je n’étais pas là à ce moment, j’aurais dû y être, c’était prévu, mais j’avais annulé peu de jour avant.
Pendant cette semaine j’ai beaucoup réfléchi et je ne suis remise plusieurs fois en question. La vérité c’est que j’aurais voulu être là, pour prendre la douleur de ces personnes, aux moins un peu pour tout le monde.
Contrairement à d’autres personnes, je n’ai pas découvert la nouvelle par les réseaux. J’habite à 10 minutes près en voiture du lieu de l’accident, et la nuit, les ambulances et les hélicoptères ont envahis mes rêves, qui sont vites devenus des cauchemars, j’avais déjà compris qu’il y avait quelque chose qui clochait, mais j’ai réussis quand même à m’endormir, c’était le dernier soir où j’ai vraiment rêver, et j’ai entendu ces sirènes comme une chose lointaine.
Les nuits suivantes ont étés différentes, peu de sommeil, que quelques heures, au maximum 4, j’arrivais pas à m’enlever leurs regards innocents de mes pensées, j’ai leur âge, j’ai la haine, car ils ne méritait pas ça, ils étaient innocents, ils voulaient s’amuser, rêver, vivre, et maintenant ils ne peuvent plus le faire.
Je pense fort à eux, à chaque instant de mon quotidien, mais c’est négatif pour moi, car je n’arrive plus à penser à moi même.
Comment je peux faire pour m’enlever ces images de la tête si les réseaux, les journaux, la télé, mes amis, en parlent sans cesse? je trouve ça impossible
Réponse
Nous sommes profondément touché·e·s par ton témoignage et par la douleur qui traverse chacun de tes mots. Nous pouvons seulement imaginer ce que cela représente d’avoir dû être à Crans-Montana, de ne finalement pas y être allée, et de porter aujourd’hui tout ce que cela implique émotionnellement. Ce que tu ressens (de la tristesse, de la peur pour tes ami·e·s, de la culpabilité, de l'incompréhension, etc.) est donc profondément humain. Ce sont des réactions normales face à un événement aussi choquant et injuste.
Savoir que des personnes qui te sont chères sont hospitalisées loin de toi peut renforcer le sentiment d’impuissance et d’angoisse que tu ressens. Ne pas pouvoir être à leurs côtés, ne pas toujours avoir des nouvelles ou se sentir éloignée géographiquement rend l’épreuve encore plus difficile. Cela peut effectivement raviver sans cesse les images, les "et si" et les questions sans réponse, qui reviennent malgré toi.
Il est aussi compréhensible que tu n'arrives pas à penser à autre chose. Après un choc comme celui-ci, le cerveau peut rester comme bloqué sur l’événement, cherchant à comprendre. Les images peuvent s’imposer, tourner en boucle et devenir très envahissantes. Ce sont des réactions naturelles et profondément humaines face à un événement aussi violent et bouleversant qui peuvent effectivement devenir extrêmement épuisantes à vivre au quotidien.
Le fait que tu en parles très souvent est aussi compréhensible. Quand un événement aussi choquant survient, le besoin d’en parler encore et encore est une manière pour ton esprit d’essayer de digérer ce qui s’est passé. Répéter, raconter, revenir sur les détails peut être une tentative de donner du sens, de garder un lien avec les personnes concernées ou de soulager un peu la douleur.
Néanmoins, si tu sens que cela t’épuise ou que tu n’arrives plus à souffler, nous t'encourageons à alterner les moments où tu en parles avec des moments où tu t’autorises, sans culpabilité, à penser à autre chose. T’orienter vers un·e professionnel·le peut aussi être une vraie ressource pour déposer ce que tu ressens dans un cadre sécurisant et bienveillant. Beaucoup de psychologues ont libéré des places pour accueillir des jeunes, et tu peux faire une recherche ici à ce sujet. Demander de l’aide ne signifie en aucun cas minimiser ce que tu vis, mais au contraire prendre soin de toi et te protéger.
Ce que nous te proposons encore est de faire une pause, même temporaire, des réseaux sociaux et des contenus liés au drame. Les images, les informations répétées ou les témoignages peuvent sans cesse raviver la douleur et empêcher ton esprit de se reposer. Te préserver de cette surexposition n’est pas fuir la réalité, mais une manière importante et légitime de prendre soin de toi.
Tu fais de ton mieux face à une situation profondément bouleversante. Cela mérite beaucoup de douceur, de patience et de soutien. Tu n’as pas à traverser tout cela seule et tu as le droit d'y aller à ton rythme.
Nous sommes de toute coeur avec toi et t'envoyons tout notre courage. Nous restons là pour toi si tu souhaites nous réécrire,
L'équipe ciao.ch
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