Question (Garçon / 2011)

Bonjour, récemment comme vous le savez s'est passé le drame de Crans Montana. Malheureusement une fille que je connaissais depuis tout petit a perdu sa vie, à 15 ans...

Depuis qu'on a reçu cette nouvelle je me sens pas très bien : je dors mal et je suis tout le temps triste( ma sœur et ma mère c'est encore pire). Mon papa m'a dit que l'enterrement était le 18 et il voulait savoir si je pensais venir. Mes 2 parents m'ont dit que ça va être très dur et qu'ils ne pensaient pas que je devrais venir.

Je ne sais pas quoi faire car j'aimerais aller car je connaissais la fille et j'aimerais être là pour sa famille mais je n'ai pas l'expérience des enterrements et surtout vu que c'est une personne que je connaissais, ça va être très dur à tenir.

Est-ce que vous pouvez m'aider ? Merci pour votre temps et bonne année

Réponse

Ton message nous a beaucoup touché, et nous voulions te dire que nous pensons très fort à toi et à ta famille. Ce que vous avez vécu est un choc immense, et c’est normal que cela laisse des traces, dans ce que toi et tes proches ressentez, mais aussi dans votre quotidien.

Dans des moments comme celui-ci, le plus important est de ne pas rester seul·e. Pouvoir en parler en famille, partager ses émotions, ses questions ou même ses silences est vraiment précieux. Nous sommes soulagé·e·s de sentir que c’est déjà quelque chose que vous semblez faire, car cela peut aider à traverser cette période difficile ensemble.

Concernant l’enterrement, il n’y a aucune règle à suivre et aucune obligation. Chacun·e vit le deuil à sa manière, et toi seul peux sentir ce qui est juste pour toi. Certaines personnes ressentent le besoin d’y aller, d’autres préfèrent ne pas y assister, et les deux choix sont complètement légitimes.

Les funérailles sont en effet un moment social : on s’y retrouve pour soutenir la famille, pour penser ensemble à la personne disparue, pour montrer qu’elle comptait et qu’elle ne sera pas oubliée. Pour certain·e·s, être présent à ce moment-là permet de réaliser que d’autres ressentent des émotions similaires : de la tristesse, du choc, de la colère, de l’incompréhension ou simplement beaucoup de silence. Cela peut aider à se dire que ce que l’on ressent est normal, et que l’on n’est pas seul·e à traverser ça.

Tu seras probablement entouré par ta famille ou par tes ami·e·s et tu pourras ressentir leur présence comme un soutien, même sans forcément parler. Parfois, le simple fait d’être à côté de quelqu’un, de savoir que l’on peut se tenir près d’une personne familière, peut déjà apporter un peu de réconfort.

Il est aussi possible que des souvenirs ou des émotions remontent à ce moment-là, et c’est normal. Tu n’es pas obligé·e de les exprimer si tu n’en as pas envie. Tu as le droit de rester silencieux, de pleurer, ou simplement d’observer ce qui se passe autour de toi. Chacun·e vit ce moment à sa façon, et il n’y a aucune attente particulière envers toi.

Pour certain·e·s, ce temps partagé permet aussi de sentir que la peine peut être portée à plusieurs, et que l’on n’a pas besoin de tout garder à l’intérieur. Et même si ce moment est difficile, il peut parfois aider à se sentir un peu moins seul·e après.

Mais il est aussi important de savoir que soutenir la famille et respecter la mémoire de la personne disparue ne passe pas uniquement par la présence à l’enterrement. Cela peut aussi se faire autrement : en pensant à eux, en leur envoyant un message, en parlant de la personne avec respect, ou en gardant un souvenir dans ton cœur. Prendre soin de toi, te protéger quand c’est nécessaire et avancer à ton rythme est aussi une façon de respecter ce que traverse la famille.

Quelle que soit la décision que tu prendras, elle est valable. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de faire, seulement celle qui te semble possible et juste pour toi à ce moment-là. Si tu choisis d’y aller, tu peux aussi te rappeler que tu as le droit de partir quand tu en ressens le besoin, de faire une pause ou de demander du soutien. Et si tu choisis de ne pas y aller, cela ne veut pas dire que tu te soucies moins des autres.

Nous t'envoyons à toi et ta famille tout notre courage et nous te souhaitons aussi une année 2026 qui ne sera peut-être pas facile dès le début, mais qui, petit à petit, pourra devenir plus légère et plus respirable.

Nous restons là pour toi,

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 7 janvier 2026

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