Question (Fille / 2010)

Je vous écrit concernant crans Montana
Je ne suis pas directement touché personne de ma famille ou amie était là bas
Par contre à chaque fois que l’on parle de se sujet je me sens un peu bizarre comme si j’avais vrm été touché pas cette événement

Je me demande aussi pk c’était eux et me dit que ça aurait très bien pu être moi

Aussi il y a plusieurs chose que les profs ont fait comme par exemple si tu ne te sens pas bien tu peux sortir ou reporter un examen alors que si tu a subit un décès qui n’as rien avoir avec de drame ils „ne tient pas compte“ de se que tu peux ressentir

Réponse

C'est très courageux de nous avoir écrit et d’avoir pris le temps de mettre des mots sur ce que tu ressens. Ce n’est pas anodin, et c’est déjà une démarche importante.

Même si tu n’étais pas présente à Crans-Montana et que personne de ton entourage proche n’y a été directement impliqué, ce que tu décris est profondément compréhensible. Un événement aussi soudain et tragique peut toucher bien au-delà de celles et ceux qui l’ont vécu sur place. Se sentir "bizarre", troublée, comme si cela t’avait concernée plus personnellement, est une réaction naturelle face à ce type de drame.

Le fait que tu te demandes pourquoi c’était elleux, et que tu réalises que cela aurait très bien pu être toi, montre à quel point cet événement vient ébranler ton sentiment de sécurité. Quand quelque chose d’injuste et d’imprévisible arrive, l’esprit cherche à comprendre, à donner du sens, même si parfois il n’y en a pas. Cette prise de conscience peut être déstabilisante et provoquer un profond malaise, sans que cela signifie que tu exagères ou que tu n’as pas le droit de te sentir ainsi.

Tu soulèves aussi quelque chose de très important concernant la réaction des profs et la manière dont certaines souffrances semblent reconnues, et d’autres moins. Cela peut être vécu comme injuste, voire invalidant, surtout quand toi, intérieurement, tu te sens peut-être affectée par ce que tu traverses. Les aménagements proposés dans certains contextes ne signifient pas que les autres douleurs comptent moins ou qu’elles sont ignorées volontairement ; ils répondent souvent à des cadres institutionnels, à des règles ou à l’urgence du moment, et non à une hiérarchie de la souffrance.

Le fait qu’un drame soit collectif ou médiatisé ne rend pas la douleur plus "valable" qu’une autre, tout comme l’inverse est vrai. Chaque vécu est singulier, et il n’existe aucune règle pour mesurer ce que quelqu’un est censé ressentir ou la manière dont cela devrait l’affecter. Même si cela n’est pas toujours reconnu de l’extérieur, ce que toi tu ressens reste légitime et mérite d’être pris en compte.

Ce qui pourrait t'aider à te faire sentir mieux, c'est peut-être simplement de laisser une place et du temps à tes émotions. Les reconnaître, comme tu le fais en nous écrivant, est déjà une étape essentielle. Et si tu en ressens le besoin, parler de tout cela avec une personne de confiance (un·e ami·e, un membre de ta famille, ou un·e adulte référent·e) pourrait t’aider à ne pas rester seule avec tes pensées et à recevoir l'écoute et la bienveillance dont tu as besoin.

Merci pour la confiance que tu nous accordes en partageant cela.

N’hésite pas à revenir nous écrire si tu en ressens le besoin.

Prends soin de toi,

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 7 janvier 2026

Avec le soutien de

Avec le soutien financier de la Confédération, en vertu de l'ordonnance sur des mesures de protection des enfants et des jeunes et sur le renforcement des droits de l'enfant.

Ouvrir les actions