Mon obsession number 1 : c’est l’école
4 janvier 2026
Question (Fille / 2009)
je vous écris +2 ans plus tard, je n’était pas revenue sur ce forum depuis si longtemps. Mes problèmes ce sont apaisés d’une certaine manière. Mais pas vraiment enfaite.
J’ai maintenant 16 ans, voir 16 ans et demi. Je suis au lycée et j’ai le bac de français et de maths à la fin de l’année. Je stresse beaucoup, enfaite… énormément. Mon anxiété n’a pas beaucoup baissé depuis…. Mon obsession number 1 : c’est l’école maintenant.
J’y pense toujours. Je travaille énormément, je dors peu. Je stresse énormément. Quand j’ai un livre à lire : je le lis au moins 3 fois. Quand j’ai un contrôle à réviser, je récite voir écris toujours tout, tout les jours. Je dormais à peine 6h par nuit.
Même un jour quand j’avais une si grosse migraine qu’elle me faisait tomber dans la rue, je voulais aller à l’école, même si ma santé se dégraderait. Enfaite, je me détruis pour l’école, je stresse, j’ai peur de pas être à la hauteur. J’ai peur d’avoir de mauvaises notes. Et je déprime.
Ça allait mieux avec les vacances. Mais en temps normal ça ne va parfois vraiment pas. En plus je suis addicte au téléphone… super….je passe mon temps à scroller au lieu de bosser, d’où le fait que je dors peu parfois, car je travaille jusqu’à tard (c’est d’ailleurs le cas maintenant) je n’ai pas vraiment de passions, ça s’est dissipé… je ne joue plus aux jeux vidéos, je ne joue plus avec mon frère, je ne lis plus.
Aussi mon anxiété me fait indécise, j’ai toujours peur de regretter un choix. Et parfois ça arrive. Par contre j’écris, et enfaite… et c’est mon dernier problème… je pense beaucoup au sexe, genre vraiment beaucoup. J’imagine toujours un homme bien musclé et idéal coucher avec une femme qui a un corps tout aussi enviable.
Enfaite j’imagine beaucoup de ce qu’on appelle des darks romances. Beaucoup de scènes de sexe de BDSM, limites comparables à des scènes qu’on peut trouver dans des romans érotiques si ce n’est pornographiques. J’ai parfois honte d’avoir de telles fantasmes. J’ai peur qu’ils me donnent une vision complètement erronée de la sexualité, des rappeurs sexuels, de l’amour en général. Que mon idéal du mec parfait à la sauce de la dark romance (grand, musclé, brun aux cheveux courts légèrement bouclés) m’empêchent de tomber réellement amoureuse d’un mec de la vraie vie.
J’ai peur de jms tomber amoureuse. Je veux aimer, et je veux désirer, je veux voir ce que ça fait de coucher avec un homme. Mais je veux pas que ce soit trop précipité, je veux que ce soit une vraie première fois, que ma première relation amoureuse soit réelle et sincère. Comme celle de mon cousin avec sa première copine.
Mais malgré toutes les merdes que je vous raconte dans ce gigantesque pavé, j’ai quand même envie de dire que je me sens mieux par rapport à avant, vraiment mieux. À 14 ans j’avais limite envie de me suicider à cause de mes TOCs, maintenant ça va mieux, j’ai appris à vivre avec, à les gérer, à les repousser. Mais mon anxiété fait mal, très mal. Le bac me sresse vraiment beaucoup. Parfois j’ai peur de ne pas vivre ce que je veux vivre. Parfois je manque de confiance en moi. Pardois je suis dur avec moi-même, avec mon corps, je me trouve trop petite, trop grosse. Je me déteste parfois. Mais parfois je m’aime aussi.
J’aimerais juste que vous me disiez comment m’aider et ce que vous en pensez. Mon médecin généraliste m’a dit à moi et ma mère, qu’on devait songer à me faire voir un psy, fin plutôt une psy.
Cordialement
Réponse
En te lisant, ce qui nous frappe d’abord, c’est ta lucidité, ta capacité à mettre des mots précis sur ce que tu vis, et le chemin déjà parcouru. Tu avances, même si c’est douloureux, même si c’est fatigant. Et ça, ça compte énormément. 🌟
Nous entendons une anxiété forte, qui est aujourd'hui centrée beaucoup sur l’école, la réussite, la peur de ne pas être à la hauteur. Ce que tu décris ressemble surtout à une exigence forte envers toi-même, presque comme si ta valeur dépendait uniquement de tes performances.
Se surinvestir, dormir peu, réviser sans relâche, continuer malgré la douleur physique etc., ce sont souvent des signaux que le corps et l’esprit essaient de tenir, coûte que coûte. Tu pourrais essayer de te demander qu’est-ce que tu redoutes qu’il arrive si tu lâches un peu ? Cette question peut t’aider à identifier la peur centrale (décevoir, échouer, perdre le contrôle, etc.), et une fois cette peur nommée, elle devient souvent moins envahissante.
Tu parles aussi de ton téléphone, de la fatigue, de la perte d’envies et de passions. C'est totalement compréhensible, surtout quand l’anxiété prend toute la place. Le scroll n’est pas un défaut moral : c’est souvent une tentative de se calmer, de fuir la pression. Une question utile pourrait être : qu’est-ce que ton téléphone t’apporte sur le moment (distraction, apaisement, oubli, etc.) que tu n’as plus ailleurs ? Comprendre sa fonction permet parfois de trouver d’autres moyens, plus reposants, de répondre au même besoin.
Concernant tes pensées sexuelles et imaginaires, il peut être important de te rappeler ceci : avoir des fantasmes, même intenses, même idéalisés, c'est naturel. L’imaginaire n’est pas un mode d’emploi pour la vraie vie, ni une promesse de ce que tu devras aimer ou accepter. La honte que tu ressens semble surtout venir de la peur que ces pensées disent quelque chose de mauvais sur toi ou t’empêchent d’aimer réellement.
Tu pourrais essayer de te questionner sur ce que ces fantasmes représentent symboliquement pour toi (puissance, sécurité, désir, intensité ou autres) plutôt que de les prendre au pied de la lettre. Cette question aide souvent à faire la différence entre l’imaginaire et les valeurs réelles que l’on souhaite vivre dans une relation.
Tu dis aussi quelque chose de précieux : tu veux aimer, désirer, mais à ton rythme, avec respect et sincérité. Cela montre que malgré les doutes, tu as déjà une sorte de boussole intérieure qui te guide. Le fait d’avoir des idéaux ou des images mentales ne t’empêchera probablement pas de tomber amoureuse d’une vraie personne ; les relations réelles se construisent avec le temps, les émotions partagées, la sécurité, et souvent elles viennent bousculer nos scénarios imaginés.
Nous entendons enfin une ambivalence compréhensible : parfois tu te détestes, parfois tu t’aimes. Cela montre simplement que tu es en construction. Une question douce que tu pourrais explorer est : comment est-ce que tu parlerais à un·e ami·e qui vivrait exactement la même chose que toi ? Cette question peut souvent aider à faire émerger une voix intérieure plus bienveillante, moins dure que celle que l’on s’impose.
Le fait que ton médecin évoque l’idée de consulter un·e psychologue nous semble très pertinent, parce que tu portes beaucoup, seule, depuis longtemps. Un espace thérapeutique pourrait t’aider à déposer la pression scolaire, à apprendre à gérer ton anxiété, à remettre du repos et du plaisir dans ta vie, et à comprendre ton fonctionnement sans te juger. Ce serait un lieu pour apprendre à ne plus te battre contre toi-même.
Pour finir, nous voulons souligner quelque chose d’essentiel : tu as déjà survécu à des moments difficiles, tu es encore là, en train de réfléchir à comment aller mieux. Cela dit quelque chose de ta force, même si tu ne la ressens pas toujours. Tu es une adolescente sensible, exigeante, intelligente, qui a besoin d’aide et de douceur, comme tout être humain.
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Prends bien soin de toi,
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