Question (Non binaire / 2007)

(désolé, la question d'avant est partie toute seule)

Pourquoi les gens font plus attention à cette fille qui a commencé à se sh y a 2 ans (et qui a arrêté maintenant) qu'à moi qui le fait depuis genre... Des années ?
(C'est pas si malsain que ça attendez)

Je suis pas pour comparer les souffrances, on a toustes notre vie, nos difficultés, ... Mais j'avoue que ça fait un peu mal de voir cette fille recevoir tout ce soutien quand moi qui est plutôt ouvert sur le fait que ça va mal (jusqu'au trauma dump malheureusement (j'ai arrêté)) se fait juste minimiser ou ignorer.

Genre moi je suis juste bizarre quand elle on s'inquiète pour elle et on prend de ses nouvelles quand elle loupe les cours plus de 2 jours (j'ai loupé 3 semaines, personne m'a écrit et y a qu'un mec dont je suis pas très proche qui m'a demandé parce qu'il pensait que j'avais été viré)

Ok, je suis jaloux.
Mais genre...ça fait des années que ça va pas, je vois des psys et ça s'améliore pas réellement, il a fallu que je parte un temps à l'étranger pour retrouver l'envie de vivre (c'est dangereux de partir quand on est suicidaire, soyez sûrs que vous allez pas vous tuer en chemin ou que vous aurez de l'aide rapidement là où vous allez) et même si je vais mieux (genre...pas besoin d'aller en hôpital psy) bah ça va pas.

Je veux juste recevoir de l'attention en fait. Tout le monde trouve ça mal, mais eh, on cherche tous l'attention. Moi je veux que les gens ils voient que ça va pas (même si ça ruinerait mes projets pro et donc le seul avenir qui me semble vivable)

Bref. Je veux de l'attention.

Réponse

Nous ressentons à quel point ce que tu vis est douloureux pour toi. Être ignoré·e quand on souffre depuis longtemps, voir l’attention aller ailleurs alors qu’on essaie d’être honnête sur son mal-être, ça peut créer beaucoup de colère, de frustration, de jalousie, etc. Ces émotions ont du sens. Ressentir de la jalousie ou un besoin d’attention dans ce contexte ne fait pas de toi quelqu’un de mauvais : ce sont souvent des signaux de détresse. Elles parlent d’un besoin humain et naturel d’être reconnu·e et pris·e au sérieux.

Dire "je veux de l’attention" montre peut-être que quelque chose en toi a peut-être besoin de soutien, de considération, de signes clairs que ton existence et ta souffrance comptent. Chercher de l’attention n’est pas chercher à voler celle des autres, c’est souvent chercher une preuve qu’on compte. Sache que le problème n’est pas ce besoin, mais plutôt la façon dont il peut rester insatisfait ou être mal compris par les autres.

Pour faire face à cette situation, peut-être que tu pourrais essayer de réfléchir à ce qui se passe en toi, pour que ça puisse t’aider à reprendre un peu de pouvoir là-dessus. Il n’y a aucune obligation d’y arriver tout de suite, ni même seul·e. Parfois, mettre des mots est déjà énorme. Par exemple : qu’est-ce que tu attends concrètement quand tu dis "de l’attention" ? Des messages, des questions, de la présence, qu’on prenne de tes nouvelles sans que tu aies à expliquer ? Et avec qui ce serait le plus important pour toi ?

Identifier cela pourrait t’aider à formuler une demande plus claire et plus juste pour toi, sans te mettre davantage en danger ni mettre en péril ce qui compte pour ton avenir.

Il y a aussi une réalité souvent injuste : la souffrance chronique devient moins visible. Quand ça dure, l’entourage s’habitue. Quand quelqu’un continue d’avancer, même difficilement, on suppose que ça va “assez”, surtout quand on semble aller un peu mieux ou qu’on met des mots réfléchis sur ce qu’on vit.

À l’inverse, une crise plus récente ou plus visible déclenche souvent davantage de réactions, non pas parce qu’elle est plus grave, mais parce qu’elle est perçue comme plus urgente. Ce n’est pas une hiérarchie des douleurs, mais un biais humain maladroit et qui peut être blessant pour celleux qui souffrent depuis longtemps. Ce décalage entre ce que tu vis réellement et ce que les autres perçoivent peut faire mal, mais le comprendre peut parfois ouvrir la voie à une autre manière de dire les choses, sans nier ni minimiser ta souffrance.

Quoi qu’il en soit, ce que tu ressens mérite d’être entendu et pris au sérieux. Tu n’as pas à te battre pour prouver que ta souffrance existe. Avancer sur ces questions, même doucement, peut t’aider à trouver des façons plus protectrices pour toi d’exprimer ce que tu vis et d’obtenir le soutien dont tu as besoin.

Nous espérons avoir pu te donner quelques pistes de réflexion.

Prends soin de toi,

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 6 janvier 2026

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