Question (Garçon / 2011)

Bonjour,
Suite au drame de crans Montana, j’ai vu beaucoup de vidéos sur les réseaux sociaux
Et il y en a particulièrement une qui m’a beaucoup marqué
Sur cette vidéo qui est filmée depuis l’extérieur du bar, il y a déjà tout le bâtiment en feu, et des gens qui crient, pleure etc
Et on voit aussi qu’il y a plein de gens qui essayent de sortir par les fenêtres, escaliers et tout
Et sur les escaliers il y avais des gens couchés, peut être inconscient, qui empêchait les gens encore en vie de sortir
Et ce me désole, c’est de voir que y’a tout le monde qui film au lieu d’aider ces pauvres personnes prises au piège dans les flammes

Peut être qu’ils ne savaient pas comment aider, mais le minimum c’est d’au moins essayer de dégager les sorties
Enlenver les gens sur les escaliers pour que les autres puissent sortir, casser les vitres (malgré que ça soit du vandalisme en temps normal je pense que ça aurait été vital en cette situation de grande urgence)
Et aussi de voir les gens qui filme à l’intérieur quand ça commence à s’embraser
Ils filment et continuent à faire la fête au lieu de trouver un extincteur, avertirent les autres
Je me doute quand même que la majorité avait bu de l’alcool, mais quand je vois certaines personnes qui film alors que le feu a déjà pris la moitié du plafond c’est quand même pas très agréable à voir
Sachant que beaucoup des personnes qui sont présentes sur les vidéos sont sûrement, à l’heure actuelle, dans le coma, gravement brûlée, décédée

Je trouve ça atroce

Cette incendie a re éveillé chez moi des craintes que j’avais quand j’étais petit
J’étais tromatiser par les incendies parce que dans mon village, il y avait un pyromane, et il avais mis le feu a plein de bâtiment, bateau, voiture
Et maintenant je ne branche plus rien dans aucune prises pendant la nuit par peur de déclencher un incendie et de ne pas me réveiller

Réponse

Nous comprenons tes questionnements. Mais face à une situation aussi dangereuse et violente, les réactions peuvent être très différentes d’une personne à l’autre. Certaines arrivent à agir et à aider, mais d’autres sont submergées par la peur. Dans ces moments-là, la panique peut prendre toute la place et empêcher de réfléchir comme d’habitude. Le cerveau se met en mode survie : on peut se sentir figé·e, perdu·e, incapable de décider quoi faire, ou alors agir de manière automatique, presque sans s’en rendre compte, comme si le corps réagissait avant la tête.

Aujourd’hui, filmer fait partie de ce que beaucoup de personnes ont appris à faire. On nous demande parfois de filmer lors d’un accident pour les assurances, pour garder une preuve, et les réseaux sociaux font aussi partie du quotidien. Dans un moment de choc, certaines personnes réagissent alors par réflexe et font ce qui leur semble le plus familier, sans que la logique ou le recul aient le temps de prendre le dessus. Cela ne signifie pas qu’elles manquent de cœur ou qu’elles ne se soucient pas des autres, mais qu’elles sont dépassées par la situation.

Il est aussi important de se rappeler que tout le monde n’est pas capable d’aider dans une situation dangereuse. Aider demande parfois des connaissances et du sang-froid. Pour certaines personnes, intervenir pourrait même mettre leur propre vie en danger. Le fait de ne pas aider ne signifie donc pas forcément un manque de compassion, mais parfois une grande peur ou un sentiment d’impuissance.

Enfin, comme tu l’as aussi dit, ce drame a réveillé en toi des craintes, notamment la peur des incendies. Les traumas peuvent nous suivre longtemps, même quand nous pensons qu’ils sont derrière nous. Ils restent parfois comme des souvenirs sensibles, prêts à se réveiller quand une situation ressemble à ce que l’on a déjà vécu. Quand ces peurs réapparaissent, il est important de ne pas rester seul avec elles. En parler, prendre du recul et se rappeler que tu es en sécurité aujourd’hui peut peu à peu aider à apaiser ce que tu ressens.

Nous t'encourageons donc à en parler à des personnes proches de toi, comme un·e parent, un·e autre membre de ta famille ou un·e ami·e. Mettre des mots sur ce que tu ressens peut t’aider à ne pas rester seul avec ces images et ces peurs, et à leur donner moins de place dans ta tête. Avec du temps et du soutien, ce qui te fait peur aujourd’hui peut devenir plus supportable. Si c'est quelque chose qui prend trop de place dans ton esprit, tu peux aussi faire appel à un·e psychologue.

Nous restons là pour toi,

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 3 janvier 2026

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