Question (Fille / 2010)

Bonjour,

Je vous contacte aujourd'hui car je suis en souffrance et je ne sais pas comment passer le pas. Cela fait maintenant deux ans que je me questionne sur un potentiel trouble de neurodeveloppement en particulier l'autisme. Et le tdah mais je m'y retrouve moins tout comme le HPI.

Cela fait deux ans que je me suis renseignée sur les neuroatypies en général et l'autisme plus que tout. J'ai écouté des podcasts, lu des articles, essais, témoignages et plein de choses.. Je sais que l'auto diagnostic est plus ou moins bien vu selon les personnes et qu'il est une vraie prison car on ne pense qu'au trouble sur lequel on est tombé à travers nos recherches. Alors qu'un professionnel de la santé mental aura une plus grande vision et connaissances de troubles qui pourront s'apparenter aux mêmes symptômes.

J'essaie donc de me dire que je ne suis pas nécessairement et obligatoirement autiste, c'est pour ça que j'aimerais passer le bilan pour les troubles neuro développementaux (je n'ai plus le nom exact) or il faut passer par un psychologue ou autre professionnel. Et pour passer par eux, ils me faut demander à ma mère car je suis mineure et je n'ai aucune liberté pour me rendre à la MDA sans que ma mère soit au courant.

J'ai vraiment du mal à lui demander de m'autoriser à aller voir un psychologue pour commencer. Elle a une mauvaise opinion et m'a toujours menacée de m'emmener au psy si je faisais des bêtises. Elle va mal le prendre et je ne sais pas comment le formuler en face d'elle. J'ai toujours eu du mal et je suis toujours passer par quelqu'un d'autre pour me faire entendre par elle ce qu'elle prend très mal. Je pensais que le psy pourrait discuter avec elle de la possibilité d'autisme pour effectuer les diagnostics mais je ne sais pas comment lui demander d'aller chez le psy.

Je ne vois personne qui pourrait m'aider. Vu tous les renseignements que j'ai réussi à obtenir sur papier ou internet sur l'autisme, je veux la réponse à ces questionnements interminables. Je considère que si on me pose une question sur l'autisme je pourrais lui répondre sans problème. Je pense que toutes les connaissances que j'ai acquises sur l'autisme sont proches de certains professionnels informés et formés pour l'autisme.

L'attente de ce diagnostic est horrible et ma mère n'est pas du toute ouverte d'esprit, pour elle l'autisme c'est Sheldon Cooper dans Friends. Je ne sais pas comment lui faire comprendre. Elle a découvert (c'était pas volontaire) que je suis homosexuelle et elle continue de me faire des remarques à propos de garçons beaux, elle (fait exprès) ignore mon orientation sexuelle car d'après elle, elle ne connait pas. Elle n'a jamais eu affaire à des homosexuels, elle les considère comme une minorité qui veut acquérir tous les droits et tout remporter.

J'ai peur qu'elle ne fasse pareille si par hasard j'obtiens mon diagnostic d'autisme avant mon indépendance. Est-ce que vous pourriez m'aider dans mes questionnements ? J'espère que j'ai fourni assez de renseignements sur ma situation et désolé pour ce pavé.

Merci d'avance pour votre réponse.

Réponse

A travers ta question, nous lisons que la situation dans laquelle tu te trouves est difficile : il y a à la fois toutes ces interrogations que tu as sur le trouble de l’autisme et l’envie d’avoir des réponses dessus, ce qui est tout à fait normal et compréhensible; mais également l’opinion négative que ta mère a des psychologues, ce qui complique la démarche d’aller consulter. Tu as bien fait de nous écrire ces questionnements, c’est un premier pas important!

Ce que tu nous dis montre une grande maturité : tu t’es énormément renseignée sur les troubles neuro-développementaux, en particulier l’autisme, tu as beaucoup appris sur le sujet, et tu ressens maintenant le besoin de passer un bilan pour obtenir des réponses. C’est vraiment chouette que tu aies pris toutes ces initiatives et que tu aies autant de connaissances sur le sujet.

Tu as raison sur le fait que seul·e un·e professionnel·le de la santé peut poser un diagnostic de TSA, après un bilan complet. Même si tu connais ton fonctionnement mieux que personne, il est important d’obtenir un avis professionnel pour mettre des mots précis sur ce que tu vis. Le fait de vouloir consulter un·e professionnel·le est donc une démarche importante.

Tu nous dis que tu as peur d’en parler à ta mère parce qu’« elle est peu ouverte d’esprit, et que pour elle l’autisme c’est Sheldon Cooper ». Nous comprenons que ça ne doit pas être facile pour toi de lui parler de ce qui te tient à cœur dans ces conditions. Penses-tu qu’il serait possible d’aborder le sujet un peu autrement ? Parfois, dire « je pense être autiste » peut surprendre ou être mal compris. Tu pourrais lui parler plutôt des choses que tu remarques chez toi : ce que tu fais ou ressens différemment des autres, les situations qui te mettent en difficulté, ou encore ce qui te semble étrange dans tes relations avec les autres. Tu peux aussi lui dire qu’aujourd’hui, on parle de trouble du spectre de l’autisme (TSA), car il existe plein de manières différentes d’être "autiste". Chez certaines personnes, les signes sont plus visibles, chez d’autres, ils le sont beaucoup moins, mais ça reste tout aussi important.

Une autre idée serait de dire à ta mère que tu aimerais simplement voir un·e psychologue en ce moment, parce que tu sens que tu aurais besoin d’un peu de soutien, mais sans lui préciser pourquoi. Tu peux voir le ou la psychologue sans que ta mère soit présente et soit informée des raisons, et c’est remboursé par l’assurance maladie de base. Si tu veux en savoir plus, tu peux aussi lire l’article de ciao.ch ci-joint sur le sujet.

Si ta mère se montre négative malgré tout, tu pourrais d’abord te tourner vers le·la psychologue scolaire de ton établissement. Tu peux lui demander un premier rendez‑vous pour parler de ta situation, sans que ta mère en soit informée. Le·la psychologue pourra alors discuter avec toi de ce que tu vis, et éventuellement organiser un entretien à trois avec toi et ta mère. Cela peut aider ta mère à mieux comprendre ce que tu ressens et te donner l’occasion de te faire entendre dans un cadre sécurisé.

De plus, y a‑t‑il une personne de confiance dans ton entourage à qui tu pourrais parler de ce que tu traverses ? Un·e ami·e, un membre de ta famille, ou même un·e professeur·e avec qui tu t’entends bien ? Il est important que tu puisses non seulement être soutenue dans cette situation, mais aussi accompagnée dans tes démarches, pour ne pas avoir à faire cela toute seule.

Pour finir, tu nous dis aussi que ta mère a découvert ton homosexualité et qu’elle continue de l’ignorer, car elle n’a connu aucune personne homosexuelle dans son entourage et a des idées erronées à ce sujet. Nous sommes désolé·e·s de lire cela et comprenons que cela ajoute une angoisse supplémentaire quant à la réaction de ta mère si tu souhaites aller consulter un·e psychologue. Dans tous les cas, sache que le fait que ta mère n’arrive pas encore à comprendre ce que tu vis ne t’empêche pas de creuser dans cette direction. Tu as le droit de vouloir mieux te comprendre et d’être accompagnée dans cette démarche.

Nous espérons avoir pu répondre à ta question!

N’hésite pas à revenir nous voir.

Prends soin de toi,

L'équipe ciao.ch


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Dernière modification le 7 janvier 2026

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