Question (2005)

Bonjour,
Je suis en térapie depuis un an et demi mais en ce moment c'est redevenu très difficile. A la base on m'a dit que je traversais un épisode depressif. Ce qui ce passe ces dernières semaines c'est que je me veut du mal. Je ne cherche pas à mourir je veux qu'il m'arrive quelque chose de grave, qui durera longtemps. Je lie ça à un besoin d'attention mais je ne sais pas comment y remédier et c'st dur d'en parler à ma psycologue je trouve que sur ce sujet là elle ne me comprend pas.
J'ai pris il y a une semaine et demie du paracétamol en grande quantité et lui en ai ensuite parler elle ne pensait pas qu'il y avait forcément besoin d'aller à l'hopitâl mais moi c'était tout ce que je voulais. Bref on a convenu que j'appelle les urgences pour voir ce qu'iels en pensaient et j'ai passé la demi journée à l'hopital. Le lendemain j'étais en cours comme si rien ne s'était passé.
Pour en revenir à cette envie de me faire du mal, je tiens à préciser que je ne pense pas ici à de la scarification. Oui je me mutile mais je considère ça comme inofensif, dans le sens que à part de laisser des marques je ne risque rien et je prends soin de mes palies pour éviter toute infection. Ce que j'entends est peut-être un surdosage à long terme de paracétamol, ce qui pourrait m'amener à des problème de foie et de rein.
Une part de moi veut ces problèmes mais une autre apparement pas vu que je vous écris aujourd'hui.
Encore une chose pour que vous ayez "toutes les infos", j'ai des soucis avec mon alimentations je jongle entre de la sous-nutrition et des crises d'hyperfagie (je ne dirais pas boulimie car je n'ai jamais réussi à me faire vomir).
En gros je me considère comme qqn de bizarre très consciente du mal que je désire me faire et pas comme qqn de très saine
Je ne vois vraiment pas comment vous pourriez m'aider je crois juste que j'écris pour de l'attention mdr

Réponse

Tout d'abord, nous te remercions pour la confiance que tu nous accordes. Nous t'avons lue avec attention et tu sembles traverser une période difficile en ce moment.

Tu nous décris avoir des comportements de violence envers toi-même comme l'automutilation, les troubles du comportement alimentaire, une surconsommation de médicament. Tu sembles avoir à la fois envie de te faire du mal, mais tu as des ressources qui te permettent de prendre soin de toi malgré ton mal-être. Tu fais attention à tes plaies, tu consultes une psy, tu te rends à l'hôpital, tu nous écris ici.

Tu es capable de chercher de l'aide par différents moyens, de prendre soin de toi malgré tes difficultés. Et nous faisons l'hypothèse que ces ressources dépassent largement le besoin "d'écrire pour de l'attention" comme tu l'as dit.

Les violences envers soi-même sont un moyen de faire face à des émotions difficiles, des souvenirs difficiles ou des situations qui semblent nous dépasser, etc. Cela permet de transformer quelque chose d'invisible (le mal-être, les émotions, les mots, les pensées,...) en quelque chose de visible, de tangible pour les autres. Cela dépasse un "besoin d'attention" de ta part. Il s'agit d'une véritable souffrance. Tu nous dis avoir besoin que l'on s'occupe de toi sur le long terme, d'avoir besoin d'être prise en charge. Pour l'instant, tu imagines qu'il faudrait que quelque chose de grave t'arrive pour que l'on prenne soin de toi.

Les raisons de se faire du mal sont multiples et complexes et nécessitent effectivement un suivi sur le long terme.  Cela va te demander du temps, d'être accompagnée par des personnes de confiance, de l'énergie,... afin de pouvoir mettre des mots sur ce qui est difficile pour toi. Et ainsi faire exister ces souffrances sans te blesser, sans retourner cette violence contre toi.

Nous ne pourrons évidemment pas régler ces soucis pour toi ou à ta place, tu as raison. Par contre, tu as toute notre attention et notre soutien. Tu es sur la bonne voie : tu as une grande capacité d'analyse sur ton état émotionnel, tes besoins, tes difficultés. Tu sais demander de l'aide et solliciter différents types d'aide.

Tu nous dis que tu as l'impression que ta psy ne comprend pas ce que tu essaies de lui dire. Peut-être pourrais-tu lui montrer ton message lors de votre prochain rendez-vous ? Il nous semble que tu as su mettre en mot ton ressenti dans cette question, qu'en penses-tu ?

Nous comprenons de ton message que tu es en grande souffrance. Si tu as besoin de parler à quelqu'un, tu peux toujours joindre le 147. C'est une ligne gratuite pour les jeunes où un‧e professionnel‧le te répondera 24h/24h. Si tes pensées deviennent suicidaires, tu peux également joindre le 022 372 42 42.

Finalement, si tu as besoin d'une aide immédiate, n'hésites pas à prendre contact avec les urgences ou le/la médecin de garde de ton canton.

Nous sommes là pour toi, n'hésite pas à nous écrire ou à nous donner de tes nouvelles !

Bien à toi,


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Dernière modification le 28 octobre 2023

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