Question (2012)

J’ai fait ma première fois et je le regrette.

J’avais rencontré un garçon grâce a des amies et un soir il s’est passé des trucs, on était attiré par l’autre et au final c’est partie un peu loin et sur le moment j’ai même pas réfléchi si c’était une bonne chose et on en avait envie.
Mais il avait pas de capote, il avait dit qu’il pouvait se retenir si juste on esssaye la pénétration.
On l’a fait 2-3 fois et j’avais eu un peu mal alors il a arrêter.

4 jours après j’ai été chercher une pilule au cas où et j’étais super mal.
Après avoir pris la pilue j’étais rassuré mais depuis ça il a arrêter de me parlé et il parle avec une fille. Il m’a même supprimer des réseaux. Et enfaite je m’en rend compte qu’il voulait juste mon corps et on allait même pas rester proche après ça. Je savais qu’on allait pas avoir de relation mais j’aurai bien voulu rester en contact avec quand même. Et c’est compliqué parce qu’il a eu 17 ans et moi je l’ai fait 1 semaine et demi avant mes 14 ans …

Et maintenant je suis dégoûté de la sexualité. J’y pense pas trop depuis mais parfois oui j’ai des images en tête et ça s’est passé il y a deux mois. Je regrette vraiment et j’aurai voulu le faire avec quelqu’un ou j’aurai été amoureuse et que ça soit différent.

Quand j’etait petite j’avais vécu des attouchement et je m’était promis de pas le faire avec n’importe qui surtout que ça m’avais traumatisé.
Je sais pas trop quoi faire ni en penser.

Personne est au courant sauf ma meilleur amie et les potes de se mec parce qu’il a tout balancé

Réponse

Bonjour,

Il est tout à fait compréhensible que tu te sentes perdue. Ce que tu ressens mérite d’être pris au sérieux. 

En Suisse, il existe une règle importante concernant ce qu’on appelle la « majorité sexuelle ». Lorsqu’un·e jeune a moins de 16 ans, la loi prévoit notamment qu’une personne plus âgée ne peut pas avoir d’actes d’ordre sexuel avec elle lorsque la différence d’âge est de plus de trois ans. Dans la situation que tu décris, tu avais 13 ans et ce jeune avait 17 ans : la différence était donc de quatre ans. La loi ne permettait pas à ce jeune d’avoir des actes d’ordre sexuel avec toi. À cet âge, il était plus âgé que toi et avait davantage de responsabilités dans cette situation. 

Lorsqu’on parle d’ « abus sexuel », cela ne signifie pas forcément qu’il y a eu des coups, des menaces, ou que la personne a dit « non ». Cela peut aussi concerner une situation dans laquelle un·e jeune plus âgé·e a une relation sexuelle avec une personne beaucoup plus jeune qui n’a pas la même capacité à comprendre, décider ou se protéger.

Le fait que tu aies pu avoir envie de ces contacts sexuels, que tu aies accepté ou que tu aies même pu être d’accord à ce moment-là ne signifie pas que tu es responsable de ce qui s’est passé. C’est bien ce garçon plus âgé qui en était responsable. 

Tu as aussi tout à fait le droit d’être blessée par la manière dont il s’est comporté ensuite. Le fait qu’il t’ait bloqué, qu’il ne garde pas contact avec toi ou qu’il parle avec d’autres filles peut être très douloureux. Cela peut notamment te donner le sentiment qu’il s’intéressait seulement à ton corps. Mais son comportement ne dit rien de ta valeur à toi. 

Tu n’as pas besoin de savoir tout de suite quoi penser de cette situation, ni de savoir si elle va changer ton rapport à la sexualité. Après avoir vécu une situation douloureuse, il peut arriver que certains souvenirs ou certaines images reviennent sans qu’on les choisisse.

Par contre, au vu de tout ce que tu nous as raconté (notamment les abus sexuels que tu nous as dit avoir vécus lorsque tu étais enfant, le fait que certaines images reviennent sans que tu le souhaites, le dégoût que tu ressens actuellement vis-à-vis de la sexualité), nous pensons qu’il serait vraiment important que tu puisses en parler à une personne adulte de confiance et bénéficier d’un soutien professionnel. 

Pourrais-tu parler avec tes parents de tout ce que tu vis, par exemple en leur montrant les messages que tu nous écris ? Ou y aurait-il quelqu’un d’autre dans ton entourage (un·e psy scolaire, un·e médecin, un·e enseignant·e, etc.) ? Cette personne adulte de confiance pourrait t’aider à trouver de l’aide professionnelle, par exemple auprès d’un·e psychologue, avec qui tu pourrais prendre le temps de parler de tout cela, comprendre ce que tu ressens et réfléchir à ce que tu souhaites faire. Tu n’as pas besoin d’avoir déjà les réponses avant de demander de l’aide. 

Nous t’avions aussi déjà parlé de la LAVI, t’en souviens-tu ? Si tu ne parviens pas à faire ce pas vers une personne adulte ou vers une aide professionnelle, parviens-tu à dire ce qui t’en empêche ? Nous pourrions essayer de réfléchir ensemble à une manière de rendre ce premier pas un peu plus facile. 

N'hésite pas à revenir si tu en ressens le besoin. Prends soin de toi ! 

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 11 septembre 2026

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