Je fais tous les jours des crises d'angoisses depuis une semaine
6 février 2026
Question (Fille / 2009)
Réponse
Tu as bien fait de venir nous parler de tout ça. Même si nous ne connaissons pas les détails de ta situation, nous ressentons à quel point ces dernières semaines te coûtent en énergie.
Déjà, nous pensons que le fait que tes amies t’aient accompagnée et qu’elles t'aient dit d’en parler montre qu’elles s’inquiètent pour toi, ce qui est une très grande preuve d’amitié ! Et elles ont raison sur un point : quand les crises d’angoisse deviennent quotidiennes, que tu as l’impression de perdre le contrôle et que ça déborde jusque dans ton corps, ce n’est pas quelque chose à porter seule.
Nous comprenons que parler à tes parents te fasse peur. La crainte d'être grondée, pas prise au sérieux est légitime. Mais est-ce que tu saurais dire ce qui te fait penser qu’iels risqueraient de t’engueuler ? Est-ce que c’est déjà arrivé dans d’autres situations similaires, ou est-ce surtout une crainte que tu ressens en ce moment ? Souvent, parler de cette peur-là en premier peut aider à trouver la meilleure façon d’aborder les choses et de se sentir soutenue.
Le rôle de tes parents est justement de te soutenir lorsque les choses ne vont pas bien. Nous pensons donc qu'il est important qu’iels soient informé·e·s de ton état général. Iels ne peuvent pas savoir ce que tu traverses si tu ne le leur partages pas.
Et si leur en parler te fait trop peur, tu pourrais essayer de leur écrire une lettre, comme tu le fais ici. L’écrit peut être un espace plus sécurisant pour déposer ce que tu ressens, à ton propre rythme.
En attendant, si parler à tes parents te semble trop difficile pour l’instant, il existe d’autres adultes de confiance vers qui tu peux te tourner. À l’école, l’infirmier·ère scolaire ou le ou la psy scolaire sont là pour ce genre de situations et savent accueillir l’angoisse sans juger. Un·e professeur·e avec qui tu te sens en sécurité, ou un·e autre membre de ta famille (une tante, un oncle, un·e grand-parent) peut aussi être un bon relais.
Et si tu te sens dépassée ou seule à un moment donné, tu peux aussi appeler ou contacter le 147 : c’est gratuit, confidentiel, et des professionnel·le·s sont disponibles pour les jeunes, même juste pour parler et souffler un peu.
Dans ce contexte, tu dis que tes stimming sont difficiles à gérer. Cela t’aide peut-être à te réguler, et c’est important de le respecter : ton corps cherche à se calmer comme il peut. En même temps, quand ça devient douloureux, comme te mordre ou te frotter fort, ça peut te faire du mal. Peut-être que, petit à petit, tu pourrais tester des alternatives moins blessantes qui gardent cette fonction d’apaisement : serrer une balle ou un objet dur, mâcher un chewing-gum, presser tes mains l’une contre l’autre. L’idée n’est pas d’arrêter à tout prix, mais de trouver ce qui t’aide sans te faire mal.
N’oublie pas que tu traverses peut s’apaiser avec de l’aide. Ton corps et ton esprit te signalent qu’ils ont besoin de soutien.
Nous te félicitons d’être venue nous en parler et nous t’encourageons donc à continuer à ne pas rester seule avec ça. Tu mérites d’être écoutée et accompagnée.
N'hésite pas à revenir nous écrire pour nous donner plus de détails.
Prends bien soin de toi,
L'équipe ciao.ch
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