Question (Fille / 2008)

Bonjour.
J'ai apprit récemment que ma cousine ne vivait pas des trucs super chouettes à la maison et que cela l'avait rendue dépressive (elle a été diagnostiquée).

Je sais aussi qu'elle est suivie et qu'elle prend son traitement.

J'essaie de me montrer présente et je suis disponible pour elle.
Je lui ait dit qu'elle pouvait me parler, que j'étais là pour elle et que je ne la jugeait absolument pas.

Ma mère lui a d'ailleurs proposé de venir dormir à la maison autant qu'elle voulait.
Elle vient très souvent et on est toujours heureux de l'accueillir.

Elle me dit que ça l'aide beaucoup et qu'elle peut "enfin respirer".
C'est souvent là qu'elle me parle le plus et je l'écoute.

Malgré cela, j'ai l'impression d'être impuissante et j'aimerai pouvoir l'aider plus.
J'ai peur qu'elle passe à l'acte alors que j'aurait pu faire quelque chose pour l'en empêcher.

De plus, elle est en train d'abandonner les cours dans une école où elle a dû se battre pour y rentrer.
Je sais que c'est un des symptômes de la dépression mais ça me rend vraiment triste de la voir lâcher alors qu'il y a quelques mois, cela la faisait tenir debout.
Elle adore ce qu'elle apprend et c'est pour faire le métier qu'elle rêve depuis longtemps.
Mais la dépression détruit tout.

Que puis-je faire pour l'aider plus?
Que puis-je faire pour qu'elle ne se suicide pas?
Que puis-je faire pour qu'elle passe l'année?

Merci d'avance.

Réponse

Déjà, ce que tu fais pour ta cousine est immense. Être là, écouter sans juger, lui offrir un endroit où elle peut respirer, c’est une preuve d’amour énorme. Ton sentiment d’impuissance est légitime, mais sache que tu sembles jouer déjà un rôle très important pour elle : tu es peut-être une de ses bouées dans son mal-être. 

Il nous semble aussi important de te rassurer sur un point essentiel : ta cousine n’est pas seule face à sa dépression. Le fait qu’elle ait été diagnostiquée, qu’elle soit suivie par des professionnel·le·s et qu’elle ait un traitement, c’est quelque chose de très précieux et de rassurant. Cela veut dire que des personnes formées sont attentives à son état, évaluent les risques et l’accompagnent dans son cheminement.

Le fait que ta maman soit également présente et lui propose un espace sécurisant est aussi une vraie force autour d’elle. L’amour, la bienveillance et la stabilité que vous lui offrez comptent énormément, mais la dépression reste une maladie : elle nécessite un accompagnement professionnel, qui est déjà en place.

De ton côté, tu n’as pas forcément besoin de "faire plus". Continuer ce que tu fais déjà, être constante, fiable, accueillante, l’écouter quand elle parle, lui rappeler qu’elle est toujours la bienvenue chez vous, est sans doute déjà extrêmement aidant. Le fait qu’elle te dise que ça l’aide et qu’elle peut enfin respirer en est un signe très clair. Souvent, simplement “être là”, c’est déjà beaucoup.

Concernant ta peur qu’elle passe à l’acte : cette peur montre à quel point tu tiens à elle. Ce que tu peux faire, c’est rester attentive à certains signaux (ex. discours désespéré, idées de mort exprimées clairement, isolement total, mise en ordre de ses affaires, etc.). Si un jour tu sens que le danger est réel ou immédiat, ce n’est pas trahir sa confiance que d’en parler à un·e adulte de confiance ou à un·e professionnel·le : c’est la protéger. Tu n’as pas, et tu ne peux pas avoir, la responsabilité de sa guérison ou de sa sécurité à toi seule.

C’est aussi compréhensible que le fait qu'elle s'éloigne de son école te rende triste, d'autant plus que c'était quelque chose qui l'animait autrefois. Mais n'oublie pas que lâcher temporairement, ralentir, ce n’est pas forcément renoncer à son rêve. La dépression fausse souvent la perception : aujourd’hui elle n’a peut-être juste plus l’énergie d’y croire. Ce que tu pourrais faire, ce serait de lui rappeler que son rêve n’est pas perdu, juste en pause, et que sa santé passe avant tout.

Et si jamais ta cousine a aussi besoin de parler à quelqu’un en dehors des séances, elle peut aussi se tourner vers des ressources gratuites et confidentielles, comme le 147 ou ciao.ch / ontécoute.ch, qui peuvent être un soutien complémentaire. N'hésite pas à les lui transmettre !

Et surtout, nous pensons important que toi, tu puisses aussi te protéger. Tu as le droit d’être fatiguée, inquiète, triste. Tu as le droit d’en parler à ta mère ou à quelqu’un d'autre de confiance si tu sens que ça te pèse. Aider quelqu’un, aussi beau que soit le geste, ne signifie pas s’effacer soi-même ! 💫

N’oublie pas que tu fais déjà beaucoup, tu fais bien, et tu fais avec ton cœur. Tu ne peux pas la guérir, mais tu peux l’aimer, et c’est déjà énorme. Et elle a de la chance de t’avoir comme cousine !

Nous espérons avoir pu répondre à tes questions,

N’hésite pas à revenir nous écrire, 

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 5 février 2026

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