Question (Fille / 2009)

Bonjour,

Ces derniers temps, j’ai remarqué que l’une de mes amies ne va pas bien. Je la vois tous les jours à l’école, mais ces derniers temps elle se comporte différemment…

Avant, elle était souriante, sarcastique, passionnée et parlait beaucoup dans notre groupe d’amis.
Mais maintenant, elle est très discrète, ne sourit plus, passe beaucoup de temps sur son téléphone, travaille moins pour l’école, dort moins (environ 5 heures je crois, mais elle ne dormait déjà pas assez avant), elle ne mange pas à midi, et semble ne pas vouloir parler avec nous. Même quand je lui pose une question, ou j’essaye de lui remonter le moral (en parlant de quelque chose qui la passionne par exemple) elle répond brièvement et semble vouloir m’éviter.

J’ai d’abord pensé qu’elle était fâchée avec moi, mais je me suis rapidement rendue compte que mes autres amies s’étaient également aperçues de son changement de comportement…

À chaque fois qu’on lui demande qu’est-ce qui ne va pas, elle nous dit qu’il n’y a rien… mais je sais très bien que ce n’est pas vrai. Alors, ce matin en cours je lui ai parlé et je lui ai dit que je sais très bien que ça ne va pas, et qu’on sera toujours là pour elle si elle a besoin de parler. Elle a commencé à pleurer doucement (d’où ma persuasion qu’elle ne va pas bien) et m’a remercié. J’ai posé ma main sur sa jambe et je lui ai dit qu’on l’aime, mais après je ne peux pas la forcer à se confier à quelqu’un…

J’ai peur qu’elle se fasse du mal, et je regrette beaucoup de ne pas avoir réagi avant, car s’il lui arrive quelque chose, je me sentirais très coupable.
Je ne sais pas quoi faire pour l’aider…

Merci et bonne soirée.

Réponse

Ton message nous a beaucoup touché·e·s. Nous sommes vraiment impressionné·e·s par ta douceur, ta sensibilité et l’empathie qui transparaissent à travers chacun de tes mots. Ton amie a de la chance de t’avoir dans sa vie.

Tu as tout à fait raison : on ne peut pas obliger quelqu’un à se confier. Chacun avance à son rythme, surtout quand quelque chose est difficile à porter. En revanche, on peut essayer de créer un espace sécurisant, être présent·e sans pression, encourager avec douceur, et surtout exprimer son inquiétude avec sincérité et avec le cœur.

Nous comprenons que tu aies déjà essayé de discuter avec elle. Mais as-tu déjà eu l’occasion de lui parler de ton ressenti à toi ? Lui expliquer ce que tu observes et ce que toi tu ressens pourrait l’aider à comprendre que ta démarche vient d’une inquiétude sincère et bienveillante. Et qui sait… peut-être qu’en se sentant comprise et en sécurité, elle trouvera peu à peu la force de s’ouvrir.

Tu pourrais, par exemple, lui dire simplement ce que tu as remarqué (qu’elle sourit moins, qu’elle semble moins concentrée à l’école, qu’elle paraît fatiguée, qu’elle mange moins ou dort mal, etc.) et que tu t'inquiètes pour elle. Cela lui permettra de comprendre que son mal-être ne passe pas inaperçu, parce qu’elle compte pour toi.

Tu peux aussi lui dire qu'elle n’est pas obligée de parler avec toi si elle ne se sent pas prête, mais qu'elle ne doit pas rester seule avec tout ça. Tu pourrais ainsi l'encourager d'en parler à un·e adulte de confiance ou à un·e professionnel·le de votre école (l’infirmier·ère, le ou la psy scolaire, ou un·e prof avec qui elle se sent en sécurité). Parfois, parler à quelqu’un d’extérieur peut être plus facile, et ça ne veut pas dire qu’elle te met à distance, seulement qu’elle cherche l’aide dont elle a besoin.

Tu pourrais aussi lui parler du 147, un numéro d'appel pour les ados où des professionnel·le·s de la santé mentale sont à l'écoute 24h/24 et 7j/7. Enfin, tu pourrais aussi lui dire de nous écrire, car nous sommes aussi là pour elle.

Le simple fait que tu sois là, attentive, patiente et bienveillante, est déjà quelque chose d’immense pour elle. Ta présence, même silencieuse parfois, compte bien plus que tu ne l’imagines. Savoir que quelqu’un remarque, reste, et continue de tendre la main sans forcer, c’est une forme de soutien très précieuse quand on traverse une période difficile.

Mais au milieu de tout ça, il y a aussi quelque chose d’important : toi. N’oublie pas de prendre soin de toi dans ce processus. Être présente pour quelqu’un qui va mal peut être émotionnellement lourd, et tu n’as pas à porter tout cela seule. Tu as le droit d’être fatiguée, d’avoir des doutes, ou de ne pas toujours savoir quoi faire.

Tu parles de culpabilité dans ton message, mais saches que tu n'es pas responsable de ce qu'elle traverse. Nous tenions à te dire que tu as bien agi. Tu n’as pas ignoré les signaux et tu as respecté son rythme et son espace, au lieu de la brusquer. C’est une attitude respectueuse et bienveillante et nous tenons à t'en féliciter.

N'hésite pas à revenir si tu as d'autres questions,

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 27 janvier 2026

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