Nous, il ne nous a jamais touché,
Il insiste pour qu'on l'embrasse, lui fasse des câlins, pour lui le consentement c'est pour les "méchant monsieur" à l'école, ça n'a pas lieu d'être à la maison,
Mais il ne nous a jamais touché,
Il lance des remarques sur mon corps a le regard insistant,
Mais il ne nous a jamais touché,
Il frappe les murs jusqu'à les casser, il crie, il hurle, se met en colère, bave, tremble, il est enragé,
Mais il ne nous a jamais touché,
On fait attention à ce que l'on dit, ce que l'on fait pour ne pas le braquer, le contrarier, éviter la crise à tout prix, mais il ne nous a jamais touché,
Nous on penses qu'on a merdé, que c'est notre faute, le poids de la culpabilité nous ronge, il dit qu'on lui manque, qu'il est malheureux, sous cachetons, que bientôt il ne sera plus là.
On pourrait faire des efforts, il n'est pas si terrible ?
En plus il ne nous a jamais touché,
De la justice on attendais beaucoup, trop peut-être ... On passe devant la juge, on ne nous croit pas. "Vous ne faites pas un caprice quand même ? Regarder il est pas méchants votre père !"
C'est vrai au fond non il ne nous a jamais touché.
Sur notre vie il aura laisser sa trace sans jamais nous toucher,
Le son du portail qui claque, c'est lui, nos oreilles dressées à l'affut du moindre bruit, on part se cacher, on laisse maman seule pour l'affronter. Bon ou mauvais jour ? Jour à cris ? Jour a coups ?
On avait peur et on a peur qu'il finisse par nous toucher, peur de le croiser dans la rue, les sursauts quand on voit un chapeau. On a peur qu'il y arrive à nous briser.
Alors quand on nous demande si il est violent, on répond non, pas physiquement ...
Aujourd'hui on se dit qu'on a eu de la chance, qu'il ne nous est jamais touché, que ce ne soit pas aller plus loin, mais ce ne devrait pas être une chance !
"Dans la jungle de la vie, la vraie, les grand ne protègent pas les petits ! Ils s'en foutent les grands !"
La première étape, et c'est peut-être la plus difficiles, c'est celle de se rendre compte que la situation n'était pas normale, que ce que l'on a vécu n'était pas acceptable. Ce n'est pas que nous n'étions pas assez fort, pour supporter ce que tout le monde supporte. Non, ce n'est pas vrai, cet homme nous à fait du mal.
"Les gens forts, les gens bons pardonnent. La première gifle elle finit par arriver parce qu’on a trop pardonné, et trop pardonner, parfois, c'est donner l'autorisation de recommencer, voire de faire pire C'est donner l'autorisation d'être ... d'être maltraitée."

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