Question

Bonjour,

Je vous écris suite à votre message.

J'ai besoin d'aide. Je n'arrive plus à sourire, m'amuser, rigoler avec mes frères, etc. Je suis à bout. Mon frère aime bien me "frappé" pour rigoler sauf que moi ça m'énerve. Je n'arrive pas à poser un cardre car il se moque de moi. Si je riposte, il me fait encore plus mal.

Je dois cacher la marque de sa main avec du fond de teint pour éviter que mes parents voient. Sinon mon frère va encore m'embêter. Je n'en peux plus, il ne sait pas tout ce que je supporte.
J'ai de plus en plus envie de me scarifier. Mais je ne peux pas car j'ai un T-shirt et ça va se voir.

Je ne veux juste plus vivre comme ça. Je ne sais plus quoi faire. Je ne peux même pas en parler à mes parents car j'ai peur de leur réaction. En plus je vais partir pendant 3 mois. Je n'ai pas envie de partir dans cet état là.

Je ne sais vraiment plus quoi faire pour arrêter d'avoir ces pensées qui me hantent tous les jours.

Réponse

On sent à quel point tu es épuisée face à ta situation. Et ça, ça mérite d’être entendu et pris au sérieux ! Tu as bien fait de nous écrire.

D’abord, ce que fait ton frère ne ressemble pas à un "jeu", surtout si ça te fait mal, te met en colère et te laisse des marques que tu dois cacher. Tu as le droit de dire stop et d’être respectée. Vivre ça chez toi, là où tu devrais te sentir en sécurité, peut peu à peu te vider de ton énergie, t’empêcher de profiter des moments simples et te faire sentir à bout.

Nous nous demandions si tu as déjà pu dire à ton frère ce que tu ressens, quand vous êtes dans un moment calme, en lui expliquant que ça te fait vraiment mal et que ce n’est pas drôle pour toi ? Et est-ce que tu as déjà essayé quand même d’en parler ouvertement à tes parents, même un peu ? Parfois, mettre des mots sur ce qu’on vit peut permettre aux autres de comprendre la gravité de la situation et d’aider à poser des limites pour que ça s’apaise. Et n'oublie pas que tes parents ont aussi le rôle d'être présent·e·s pour toi pour gérer ce genre de situation !

Et si en parler de vive voix est trop difficile, tu pourrais par exemple leur écrire une lettre, un peu comme tu l’as fait ici. C'est un autre moyen parfois plus libérateur de dire ce qui nous pèse !

Dans un contexte comme le tien, quand on garde toute cette colère, cette peur et cette tristesse à l’intérieur sans pouvoir en parler ni se protéger, la douleur peut devenir tellement forte qu’on cherche un moyen de la faire sortir. Les envies de se scarifier arrivent souvent comme ça : c’est peut-être simplement que tu veux que la souffrance s’arrête. Nous t'encourageons donc fortement à en parler à un·e adulte de confiance de ton entourage. Si c'est trop difficile pour toi d'en parler à tes parents, tu pourrais aussi t'orienter vers un·e autre membre de la famille, un·e professeur·e, l’infirmier·ère ou psy scolaire, ou quelqu’un avec qui tu te sens en sécurité). Le 147, une ligne d’écoute gratuite et anonyme, met aussi à ta disposition des professionnel·le·s qualifié·e·s pour te soutenir et t’aiguiller. Tu as le droit d’être protégée et soutenue !

Nous espérons avoir pu te donner quelques pistes de réflexion.

N'hésite pas à revenir nous écrire.

Prends bien soin de toi,

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 3 mars 2026

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Avec le soutien financier de la Confédération, en vertu de l'ordonnance sur des mesures de protection des enfants et des jeunes et sur le renforcement des droits de l'enfant.

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