Question (Fille / 2009)

Bonsoir, (je copie-colle mon message que j'ai posté sur un forum mais j'ai besoin de l'avis d'un adulte).

J'ai 16 ans et aujourd'hui, je voudrais vous faire part d'une situation alarmante. Pour bien se faire comprendre, nous avons 3 personnes. Appelons les A, B et C pour l'anonymisation. "B", mon amie, a été victime d'attouchements (elle a 15 ans, "A" en a 17 - le désigner comme la 1ère lettre vu que c'est à cause de lui. Il contribue à salir l'image des hommes). Il n'y a rien de plus que de l'amitié, pas amis avec avantages, donc aucun antécédent de "bénéfices".
J'ai appris récemment qu'il avait fait cela également à une notre amie commune, "C". Il faut savoir qu'elles étaient habillées correctement (veste, pull, pantalon). Elles ont dit non, puis sont parties et l'ont bloqué. Leur comportement ne faisait pas croire à un éventuel flirt ou plus que de l'amitié. Rien d'ambigu.

Nous aimerions porter plainte, seulement voilà, aucune preuve comme un enregistrement ou autre. Et oui, je précise tout cela parce que malheureusement, beaucoup pensent que c'est la faute des victimes, alors que ça ne l'est pas ! Ce n'est pas comme s'il y a eu viol et donc constater des lésions aux parties génitales - certifiées par médecins etc. Que pouvons-nous faire ? Et que si, par miracle, nous arrivons à prouver que tout s'est passé comme énoncé plus tôt, qu'encoure cette personne ?

Une dernière chose : mon amie "B" est dans la même école que "A*. Elle ne souhaite ni en parler à ses parents ou à la police, à part si cela se reproduit. Je suis vraiment perdue et ne sais pas quoi faire. J'aimerais être cette personne courageuse, tenant tête aux policiers, leur crier que c'est vrai, que tout s'est déroulé comme on me l'a rapporté...

Seulement voilà, pas de preuves... Comment prouver quelque chose que n'importe qui peut inventer ?

Je tiens à préciser, ça devrait être normal : non, c'est non. Peut-être mais avec hésitation et peur, c'est non. Oui, puis après, non, c'est non !

Réponse

Merci pour ton mot, tu as bien fait de venir demander l’avis d’une personne adulte et ne pas rester seule avec les confidences de tes amies. 

Tout d’abord, nous tenons à te dire que tes amies ont beaucoup de chance de t’avoir à leurs côtés. Tu sembles être une amie à l’écoute, réactive, soigneuse de leurs besoins, et nous imaginons qu’elles sentent tout cela en toi et que c’est l’une des raisons pour lesquelles elles ont choisi de te dévoiler leur vécu douloureux (ce qui demande beaucoup de courage). 

Tu l’écris très justement à plusieurs reprises, le consentement est primordial dans les relations aux autres et il est interdit de dépasser les limites intimes de quelqu’un. Il existe des lois en Suisse qui interdisent et punissent les attouchements, parmi d’autres infractions à caractère sexuel. Et ce n’est effectivement jamais la personne victime qui est responsable d’un comportement inadéquat et illégal d’une autre personne. 

Nous lisons aussi ton impuissance de vous retrouver sans preuves. Ce que nous t’encourageons à faire, c’est d’encourager tes amies à prendre contact avec la LAVI, qui est un centre d’aide aux personnes ayant été victimes de l’infraction. Les professionnel·les pourront les/vous accueillir, tes amies pourront entendre leurs droits en matière pénale si elles souhaitent porter plainte. Elles pourront aussi être mises en contact avec des avocat·es qui pourront les conseiller sur une démarche pénale et à qui elles pourront parler de leur crainte de ne pas avoir de preuves si ce n’est leur témoignage.

Elles pourront y également recevoir des bons pour un suivi psychothérapeutique en partie pris en charge par la LAVI si elles le souhaitent. Nous te joignons l’adresse de la LAVI de ton canton. 

Nous souhaitons aussi t’encourager à ne pas rester seule à porter tout cela. Parfois, lorsqu’on est quelqu’un d’empathique, nous oublions ou mettons entre parenthèse nos propres besoins. Les tiens ont tout autant de valeurs que ceux de tes amies. Tu peux toi aussi en parler à une personne adulte proche et de confiance, comme un·e médecin, un·e enseignant·e ou psy scolaire ou un·e parent.

Reviens vers nous si tu en ressens le besoin. Bravo et courage pour la suite de tes démarches! 

L'équipe ciao.ch


Centre de consultation LAVI pour enfants, hommes et victimes de la circulation | Etat de Fribourg
Dernière modification le 27 février 2026

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