Question (Fille / 2010)

Bonjour,

En décembre 2025, j'ai commencé à parler avec un garçon de ma ville par message et quelques jours après, on s'est vu dans la réalité.

Au début, tot se passait bien jusqu'à qu'il me demande de lui faire une fellation. Je lui ai dit que je ne voulais pas mais il a insisté et m'a fait du chantage pendant 1h30. Je n'ai pas cédé.
Mais après, il m'a demandé de le branler mais je ne voulais pas non plus. Il a commencé à être froid et à me dire que c'était rien que ce n'était pas un truc de "ouf". Avec la pression qu'il m'a mise, j'ai fini par céder et je lui ai touché l'appareil génital, ça me dégoutait et je voulais juste partir et pleuré.

Quelques jours après, il m'a dit par message : "Si tu me suces pas je te bloque." C'était la goutte de trop donc je l'ai bloqué et maintenant on ne se parle plus mais quand je le croise par hasard en ville, ma gorge se noue et je commence à faire une crise d'angoisse.

Je veux donc juste savoir si je peux considérer ses actes/chantages oÙ j'ai cédé comme une agression.
Merci de votre réponse et bonne journée :)

Réponse

Tu as bien fait de venir vers nous et de nous dévoiler ce que tu as vécu. Nous savons que c’est un pas qui demande beaucoup de courage, et nous t’en félicitons. 

Ce que tu décris de ce que ce garçon a fait relève d’une infraction à la loi suisse. L’article 189 du Code Pénal en Suisse interdit à « quiconque, notamment en usant de menace ou de violence envers une personne, en exerçant sur elle des pressions d’ordre psychique ou en la mettant hors d’état de résister, de la contraindre à commettre ou à subir un acte d’ordre sexuel ». Le fait que tu aies nommé à plusieurs reprises ton refus et que ce garçon ait insisté et t’ait fait du chantage durant plusieurs heures est un dépassement clair de tes limites intimes. Dans le droit suisse, il s’agit d’une « atteinte et contrainte sexuelle » (article 189 CP). 

Nous tenons à souligner ta magnifique capacité à te protéger, notamment en l’ayant bloqué après qu’il t’a fait du chantage par message. C’est une belle ressource que tu as su activer afin de rester en sécurité ! 

Pour aller plus loin dans notre réponse, il est important que nous te parlions de la LAVI qui est un centre d’aide aux personnes ayant été victimes d’une infraction. Ce sont des centres dont les professionnel·les sont à l'écoute, qui entendent les personnes dans ce qu’elles ont vécu, leur expliquent quels sont leurs droits en matière pénale (par exemple, si tu souhaites un jour porter plainte).

Iels peuvent aussi orienter si besoin les personnes vers des avocat·e·s, ainsi que des psychologues/psychothérapeutes si besoin. Tu peux y obtenir des « bons » pour aller en séance de psychothérapie « gratuitement » (c’est la LAVI qui paie les séances si l’assurance ne prend pas les frais en charge). Nous te joignons l’adresse de la LAVI de ton canton.

Nous pensons qu’une telle démarche pourrait aussi t’aider à travailler ce vécu douloureux et les traces qu’il laisse dans ton quotidien (par exemple, le fait que ta gorge se noue lorsque tu croises ce garçon, ou le fait que tu fasses des crises d’angoisse).

Si tu le souhaites, tu peux être accompagnée d’une personne ressource pour faire les démarches : as-tu dans ton entourage une personne adulte ressource à qui tu pourrais parler de ton vécu (un·e médecin, un·e psy scolaire, un parent, un·e enseignant·e, etc.) ? 

N'hésite pas à revenir vers nous en cas de besoin. Nos pensées t’accompagnent pour la suite de tes démarches ! 

L'équipe ciao.ch


Centre de consultation LAVI pour enfants, hommes et victimes de la circulation | Etat de Fribourg
Dernière modification le 2 février 2026

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Avec le soutien financier de la Confédération, en vertu de l'ordonnance sur des mesures de protection des enfants et des jeunes et sur le renforcement des droits de l'enfant.

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