Question (2011)

Je suis atteinte de TCA, et ma meilleure amie l’est aussi. Je suis en train de guérir mais elle, a au contraire une tendance à la perte.

Je sais que rester proche d’elle maintient ma maladie mais elle reste ma meilleure amie et malgré tout le soutien que j’essaie de lui apporter, sa perte de poids provoque la venue de la mienne à cause de justement cette maladie compétitive.

Je ne sais donc pas quoi faire ni comment agir avec elle. Puisque je ne peux pas me confier par peur qu’elle soit encore plus impactée…

Réponse

Déjà, bravo à toi pour le chemin que tu as entamé vers la guérison de tes TCA : c’est un parcours exigeant, courageux, et chaque pas compte !

Ce que tu vis est compliqué. Tu sembles prise entre deux choses importantes: ton amitié avec ta meilleure amie et ta propre guérison. Guérir d’un TCA demande déjà souvent beaucoup d’énergie et être confrontée au TCA d’une personne très proche, peut raviver certains comportements de la maladie sans le vouloir.

Il est important de rappeler une chose essentielle : tu as le droit de te protéger. Se protéger ne veut pas dire abandonner ton amie. Ça veut simplement dire reconnaître que certaines situations, certaines discussions ou certaines comparaisons peuvent te faire du mal. Mettre des limites, c’est une étape normale et importante pour aller mieux.

Tu peux rester présente pour ton amie sans forcément parler de poids, de corps, de nourriture ou de comportements liés aux TCA. Seulement si, cela te convient, vous pouvez aussi continuer à vous voir pour faire d’autres choses ensemble et partager des moments qui n’ont rien à voir avec la maladie. Tu pourrais aussi lui dire, avec beaucoup de douceur, que certains sujets sont difficiles pour toi en ce moment, parce que tu es en train de te soigner. C’est simplement être honnête sur tes besoins !

Si ton amie continue à te parler de choses en lien avec les TCA, tu peux lui dire que tu tiens à elle, mais que c’est difficile pour toi d’entendre et de parler de ça en ce moment. Tu peux ensuite l’encourager à en parler à un·e professionnel·le de la santé (médecin, psy, infirmier·e scolaire).

Nous espérons que de ton côté, tu es aussi suivie par un∙e professionnel∙le avec laquelle ou lequel parler de ta maladie et de ce que tu vis avec ton amie. Si ce n’est pas le cas, nous t'encourageons à faire des démarches pour toi-même !

Même si c’est difficile, ta guérison doit rester une priorité. Parfois, prendre un peu de distance, même temporairement, peut être une façon de protéger votre amitié sur le long terme.

Tu fais déjà preuve de beaucoup de bienveillance et de compréhension envers ton amie comme envers toi-même en cherchant des solutions. Nous t'encourageons à continuer à t’écouter : tes limites sont légitimes, et ton rétablissement compte.

N'hésite pas à revenir nous écrire.

Prends bien soin de toi,

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 20 janvier 2026

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