Question (Fille / 2009)

Bonjour en ce moment sur les réseaux je vois que des vidéo de l’incident qu’il y a eu à crans Montana et ça me monte vite à la tête les vidéo son assez horrible je trouve je fait que de dires que je suis pas intéressant mais l’algorithme me montre quand même ça et à force ça commence à me toucher alors que je connais personne qui as été toucher mais ça me crée des énorme angoisse

Réponse

Tu fais preuve de beaucoup de courage en exprimant ce que tu ressens. Ce que tu vis est profondément compréhensible et légitime. Être exposé·e de façon répétée à des images et des vidéos choquantes peut provoquer de vraies réactions d’angoisse, même lorsqu’on ne connaît personne directement concerné·e. Ton esprit et ton corps réagissent à quelque chose de violent et d’insécurisant, et ils essaient simplement de te protéger ; c'est une réaction naturelle.

Tu as eu le bon réflexe d'indiquer que les vidéos de Crans-Montana ne t'intéressent pas, car les algorithmes ne tiennent pas compte de ton bien-être émotionnel. Et parfois, même quand tu indiques que ce contenu ne t’intéresse pas, elles continuent d’apparaître, parce que ce sont des images fortes qui attirent l’attention, et qui sont regardées par les personnes avec qui tu es en lien.

Le problème avec cela, c'est qu'à force de voir ces vidéos, ton cerveau reste en état d’alerte, comme si le danger était constamment présent. Ces vidéos entretiennent donc ce cercle vicieux de chocs et de violences répétés auxquels tu es confrontée quotidiennement. Sache qu'il est totalement légitime que cela puisse provoquer des pensées envahissantes, une angoisse, et cette impression que ça "monte à la tête" comme tu l'exprimes bien.

Dans ta situation, il pourrait être aidant de t’autoriser à prendre un peu de distance avec les réseaux, même temporairement. Non pas pour fuir, mais pour te protéger. Faire une pause, réduire le temps passé dessus, ou te tourner vers des activités plus apaisantes (ex. passer du temps avec ton entourage, lire un bon livre, écouter de la musique, regarder un film joyeux, etc.) pourrait permettre à ton système nerveux de redescendre et de retrouver un sentiment de sécurité. Tu as le droit de ne pas tout voir, tu as le droit de refuser de tout regarder et tu as le droit de choisir ce qui est bon pour toi.

Il peut aussi être important de ne pas rester seule avec ces émotions. En parler à un·e adulte de confiance (ex. un·e parent, un·e proche, un·e enseignant·e, l’infirmier·e scolaire, etc.) peut vraiment aider à alléger ce que tu portes. Mettre des mots, être écoutée, se sentir comprise, cela fait souvent une grande différence et peut ouvrir la voie vers quelque chose de très précieux : l’amour, la bienveillance et le soutien de celleux que tu aimes.

Et si cette situation pèse trop sur tes épaules, t’orienter vers un·e professionnel·le peut aussi être une vraie ressource pour déposer ce que tu ressens dans un cadre sécurisant et bienveillant. Beaucoup de psychologues ont libéré des places pour accueillir des jeunes, et tu peux faire une recherche <u>ici</u> à ce sujet. Demander de l’aide ne signifie en aucun cas minimiser ce que tu vis, mais au contraire prendre soin de toi et te protéger.

De plus, si tu ressens le besoin de discuter avec des professionnel·le·s, tu peux appeler le +41 (0)800 012 210, un numéro gratuit mis à disposition des personnes qui ont besoin d'un soutien psychologique. Ces professionnel·le·s pourront t'orienter vers la prestation la plus adaptée à tes besoins.

Tu peux aussi à tout moment appeler le 147, une ligne d'écoute et de soutien pour les ados où des professionnel·le·s sont aussi là pour toi.

Tu as déjà fait quelque chose de très juste en parlant de ce que tu ressens. Nous t'encourageons de continuer sur ce chemin et de continuer à en parler.

Nous restons là pour toi,

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 12 janvier 2026

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Avec le soutien financier de la Confédération, en vertu de l'ordonnance sur des mesures de protection des enfants et des jeunes et sur le renforcement des droits de l'enfant.

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