Question (2009)

Bonjour,

Comme l'indique le titre, je suis faussement accusé d'agression sexuelle. Je tiens à préciser que je ne recherche aucun soutien émotionnel, car j'ai développé une grande force mentale face aux traumatismes que j'ai traversés, et je ne me laisse pas facilement déstabiliser. Je souhaite uniquement obtenir un avis externe sur les options qui s'offrent à moi et les actions les plus appropriées à entreprendre dans cette situation.

Contexte :

Nous sommes tous deux élèves dans une petite école privée. J' (appelons-moi A) ai commencé à sortir avec elle (appelons-la B) fin novembre 2024. Nous avons tous les deux expérimenté pour la première fois avec nos corps, sans aller jusqu'à la pénétration. Pendant toute cette relation, j'ai toujours veillé à respecter l'autre et son consentement. Je l'encourageais régulièrement à me dire "non" si elle n'en avait pas envie ou hésitait. Chaque fois que nous étions ensemble, je m'assurais de lui demander si elle se sentait bien, pour m'assurer qu'elle ne se sentait pas inconfortable.

Elle m'a finalement dit qu'elle me donnait son consentement implicite lors de nos câlins et baisers pour glisser ma main sous ses vêtements, mais pour ma part, j'avais un blocage : je ne pouvais pas avancer sans un accord vocal explicite.

Entre mai et juin 2025, ses problèmes familiaux se sont intensifiés, et elle a eu de moins en moins de temps pour me voir, communiquer ou passer du temps ensemble. J'ai essayé d'aborder la situation dans plusieurs longs messages, où je lui exposais les différents problèmes que je voyais dans notre relation (aucun de ces problèmes n'étant lié à notre vie sexuelle), tout en lui offrant deux options : 1) essayer de résoudre les problèmes ensemble, ou 2) nous séparer. Elle n'a pas répondu pendant deux mois. Puis, le 23 juin, elle m'a quitté, affirmant que "ça n'allait pas". Quelques jours après, je lui ai envoyé un message long et réfléchi pour la remercier, entre autres, de tout ce qu'elle avait fait pour moi, et lui demander des clarifications sur son absence de réponse à mes messages de résolution de problèmes. Elle m'a répété que "ça n'allait pas entre nous".

J'ai traversé quelques jours difficiles, mais j'ai réussi à me remettre rapidement grâce à une introspection approfondie et à la relecture de certains ouvrages (notamment de Cioran et Marc Aurèle). J'ai pu me concentrer sur mes premiers examens pour la maturité fédérale en août.

Quant à ce qu'elle a ressenti après la rupture, j'ai eu quelques bribes d'information. Elle s'inquiétait initialement de mon état mental, ce que je comprends, car je lui avais partagé mes pensées suicidaires (cela ne fait pas partie de cette discussion, mais je précise que j'ai surmonté cette période et je ne risque plus de passer à l'acte). Je sais aussi qu'elle a eu une grande dispute avec son père, ce qui est la principale source de ses problèmes familiaux ayant mené à notre rupture. Elle s'est également disputée avec ses deux meilleures amies (appelons-les C et D). Ces deux filles, qui joueront un rôle important dans la suite de l'histoire, m'ont dit qu'elles ne comprenaient pas le changement qu'elles avaient observé chez B. Elles m'ont expliqué qu'elle avait beaucoup changé de personnalité : avant, elle était empathique, timide, discrète et respectueuse, mais maintenant, elle insulte toutes les autres filles de "putes" et, selon ce qu'on m'a rapporté, elle "chercherait à coucher avec tous les garçons de l'école".

Le nœud du problème :

Un jour, C et D viennent me parler et me disent que B aurait dit à une autre fille (appelons-la E) que je l'aurais agressée sexuellement. Je n'ai pas encore pu déterminer précisément quels actes spécifiques sont mentionnés dans cette accusation.

Les preuves que j'ai rassemblées :

C et D sont prêtes à témoigner en ma faveur. Étant ses anciennes meilleures amies, B leur avait raconté, en détail, ce qui s'était passé pendant notre relation, et elles peuvent témoigner de mon comportement respectueux.

J'ai téléchargé l'intégralité de la conversation WhatsApp entre B et moi (notre seul moyen de communication électronique), qui contient des messages importants où elle mentionne la raison de notre rupture ("ça n'allait pas entre nous") et plusieurs messages où elle me remercie pour avoir toujours été respectueux envers elle et disant clairement que j'ai toujours respecté son consentement.

Mes inquiétudes :

Craintes concernant mon intégrité physique : Je ne sais pas si mes inquiétudes sont fondées ou si ce sont simplement des peurs sans fondement. Je me demande si B a informé son père (qui est un amateur d'armes à feu et possède certaines armes de guerre, obtenues de manière illégale) et son nouveau copain. Si tel est le cas, il est possible qu'ils cherchent à m'agresser physiquement. Cependant, son nouveau copain ne m'a pas semblé violent lorsqu'il m'a croisé récemment à la gare.

Craintes de répercussions à l'école : Je crains que cette accusation puisse avoir des conséquences négatives sur mon environnement scolaire. Cela me semble peu probable, car après les vacances de Noël, il me reste seulement deux semaines avant de partir pour mes examens de maturité, et mes professeurs ainsi que les camarades de classe que j'apprécie me respectent et me connaissent comme une personne respectueuse, tandis qu'ils voient B comme une "fille à problème".

La crainte d'une plainte de sa part : Je m'inquiète également de la possibilité qu'elle porte plainte contre moi pour agression sexuelle.

Mes options :

Cela fait maintenant plusieurs semaines que cette situation a commencé, et j'ai eu le temps de réfléchir à mes options :

Elle porte plainte pour agression sexuelle : Cette option est possible, mais je suis confiant dans le fait que je peux prouver mon innocence.

Je porte plainte pour diffamation (article 174 du Code pénal suisse). Je pense avoir des chances de gagner une bataille judiciaire, et ma famille dispose d'une bonne assurance légale. Cependant, étant discret, je n'ai pas informé mes parents de cette situation, mais je sais qu'ils me soutiendront. Je préfère cependant ne pas m'engager dans une procédure légale qui risquerait de me stresser inutilement. Je souhaite prioriser mes études et projets annexes.

Je la confronte directement : J'envisage de l'enregistrer lors d'une conversation pour lui confronter son mensonge et lui citer l'article 174 du Code pénal en lui expliquant que je pourrais porter plainte. J'espère qu'en insistant sur la gravité des conséquences, elle avouera son mensonge.

Elle oublie l'incident : Bien que cette option soit peu probable, je sais qu'elle a une mauvaise mémoire et il est possible qu'elle oublie son mensonge. Cela semble de plus en plus probable, car il n'y a eu aucune nouvelle accusation depuis plusieurs semaines.

Je vous remercie d'avoir pris le temps de lire ce long message et je serais très reconnaissant de recevoir vos retours sur cette situation.

Je vous souhaite de bonnes fêtes.

Réponse

Merci d’être venu vers nous afin d’obtenir un avis externe sur les options que tu as face à cette situation complexe que tu es en train de vivre. Nous tenons à souligner ta capacité à mettre des mots sur ce qui se passe pour toi, et ta clarté. Nous te félicitons également d’avoir pu trouver les ressources nécessaires t’ayant permis de te concentrer pour tes examens.

Tout premièrement, si tu as des craintes concernant ta sécurité et ton intégrité physique, il est important que tu ne restes pas seul·e avec cela et que tu en parles à une personne ressource adulte de ton entourage. Le fait que tu évoques que ton ex-copine s’inquiétait pour ta santé mentale et que tu le comprends (même si tu dis aller mieux aujourd’hui) nous encourage d’autant plus à t’encourager à en parler à un·e adulte de confiance afin que cette personne puisse t’accompagner à trouver du soutien (médical ou psychologique par exemple).

Si les propos tenus sont de l’ordre de la Calomnie (art.174), alors effectivement tu as le droit de porter plainte. Comme il s’agit d’un délit pénal, tu peux aller à la LAVI qui est un centre d’aide aux personnes ayant été victimes d’une infraction. Les professionnel·les peuvent t’accueillir gratuitement, t’écouter et t’informer de tes droits en matière pénale et t’orienter vers d’autres professionnel·les (par exemple des psychologues/psychothérapeutes qui pourraient t’aider avec tout ce que tu décris) et te proposer un soutien financier pour aller voir ces professionnel.les. D’ailleurs, ce·tte professionnel·le pourrait t’aider à choisir l’option qui te conviendrait le plus et répondrait le mieux à tes besoins.

Quoique tu choisisses, nous te conseillons vraiment d’informer un·e adulte de ton entourage pour ne pas rester seul·e avec cette situation. À plusieurs, on réussit toujours mieux à réfléchir et à se protéger, et nous sommes là si tu as d’autres questions !

L'équipe ciao.ch

Dernière modification le 22 décembre 2025

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