Je ne sais jamais vraiment quand ça commence ni pourquoi d'ailleurs. Le plus souvent, c'est juste une petite tension dans ma poitrine, comme si l’air autour de moi devenait plus lourd. Je ferme les yeux, j'essaye de me calmer, de me concentrer sur ma respiration sans grand succès. Puis, sans prévenir, tout s’accélère. J'ai très froid tout d'un coup et ma vision se trouble. Je veux me boucher les oreilles à cause des acouphènes, mais alors, mon souffle saccadé retentit en moi. Alors ma respiration s'accélère, mon cœur bat trop vite, mes mains tremblent, et j’ai l’impression que mon corps ne m’appartient plus.

Je respire, ou du moins j’essaie. Mais chaque inspiration semble insuffisante, comme si je manquais d’air alors que je sais, au fond, que je respire normalement. Mes doigts se crispent autour de moi, et une peur irrationnelle s’installe. Une peur sans visage, sans raison précise, mais terriblement réel.

Mais autour de moi, tout continue. Les gens parlent, marchent, vivent. Je veux m'éloigner, mais mes jambes me soutiennent à peine, j'ai le temps de faire quelque pas avant de m'écrouler. J’aimerais dire quelque chose, demander de l’aide, hurler de toutes mes forces. Mais les mots restent coincés entre deux respirations haletantes. Alors je lutte en silence.

On m’a appris à attendre. À laisser passer la vague. À me concentrer sur ma respiration, à fermer les yeux et imaginer un endroit apaisant ou je ne suis pas, à me rappeler que ça va finir. Parce que ça finit toujours.

Puis petit à petit, les battements de mon cœur ralentissent. Mes mains se détendent. L’air redevient plus léger. La peur s’éloigne comme elle est venue. Et il ne reste que la fatigue, et ce mélange étrange de soulagement et d'accablement.

Je me relève comme ci de rien n'était. Quelques personnes se sont figées autour de moi. Je ne réponds pas à leurs questions silencieuses, je n'en n'ai pas la force. Je préfère m'enfuir en ayant l’impression d’avoir laissé quelque chose derrière moi, comme une version fragile de moi-même que je refuse de regarder.

Je m'éloigne des autres autant que je le peux, puis je m’appuie contre un mur. Mes mains sont froides, mon cœur encore agité, mais la tempête est passée. Il ne reste qu'un écho cette fatigue lourde, ce vide étrange qui s’installe après.

Alors je me redresse à nouveau, je lisse mes vêtements, j’efface les traces comme je le peux. Et je repars, comme si de rien n’était. Parce qu’au fond, c’est ce que je fais à chaque fois : continuer, malgré tout, avec cette peur discrète accrochée quelque part en moi, prête à surgir, mais que j’apprends, peu à peu, à apprivoiser.

Réponses

  • Par Achille&^^ (Garçon / 2012 / France) le 24 mars 2026 à 22:48

    deja dis toi que tu dois vivre avec et c bien que t arrives a te controler bravo !

  • Par mimi886 (Fille / 2008 / France) le 25 mars 2026 à 00:02

    kikou et bienvenue dans la team je le suis aussi donc je comprend déjà FELICITATION tu sais l'apprivoiser c'est géniale sa veut dire que tu sais te poser les bonnes question et trouver ce qui marche le mieux pour toi franchement continue dans cette lancée tu est parfaite ne l'oublie jamais 🫶❤

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