PDV Eden

Un vent violent vint me frapper au visage alors que je la regardais s'éloigner de la maison au beau milieu de la nuit. La porte qui battait toute seule émettait de stridents grincements.

— Eden ! cria Carolyn, m'arrachant à mes pensées aussi agitées que le courant d'air qui pénétrait la pièce.

Je sentis une main m'attraper hâtivement le col et me tirer vers l'arrière.

— Elle est où ? me souffla Ambre.

Elle avait toujours eu ce don de me faire reprendre mes esprits avec une simple phrase. Je me retournai enfin :

— Elle… s'est barrée.

Carolyn fit un pas en arrière, puis un en avant. Son regard me donnait l'impression qu'elle voulait me tuer. Je ne m'éloignai pas : elle avait raison.

— Carolyn, lança la plus âgée d'un ton sec, mais dans lequel je perçus une once de supplique.

Mais elle enchaînait déjà le deuxième pas, ses yeux brillants ne quittaient pas les miens ; je fis de même, ne voulant pas fuir… Je l'avais mérité.

Soudain, Ambre attrapa le bras de la tueuse et la tira violemment vers l'arrière.Je la regardai, interloqué. Elle m'indiqua la porte d'un geste de tête.

Mais bien sûr ! Je devais la rattraper.

Je fis volte-face aux filles et fonçai dehors, suivant la direction qu'elle avait empruntée quelques minutes auparavant. Je me remémorai les seuls souvenirs que j'avais d'elle ; ceux de Kay, de son poing dans sa figure, de sa réaction dans la supérette, de ce qui lui était arrivé devant le Sushi House…

Un mélange de colère, de regret et de soif de vengeance me submergea.

Lila.

Il fallait que je la trouve, coûte que coûte. Je courais de toutes mes forces malgré le froid qui enveloppait le mince tissu de mon pyjama… composé d'un short et d'un pull, malgré le début de l'averse qui s'annonçait, malgré le nez saignant suite à l'horion que m'avait attribué Lila quelques instants plus tôt ; je devais continuer, coûte que coûte.

Je trimballai encore mes jambes quelques minutes quand je la vis enfin. Elle venait de rentrer dans un bâtiment ; je me demandai si elle était dans l'un de ses appartements.

Une fois entré, je soufflai enfin. Le son de la pluie baissait alors que j'escaladais difficilement les marches menant à son appartement. Je ne faisais jamais autant d'efforts, sauf pour le foot ou quand je jouais à Mario Kart. Mais là, c'était différent, je dirais presque que je dépendais d'elle maintenant… pour une raison qui m'échappait.

C'était parce que tu l'aimais, crétin.

Ta gueule, toi.

Un grand BOUM contre le sol se fit entendre, rompant le fil de mes pensées.

J'accélérai le pas en grimpant les escaliers quatre à quatre, usant de mes pieds en compote et de mes mains gisant dans l'air comme des spaghettis. J'avais failli me casser la gueule à maintes reprises.

J'arrivai enfin au 5ème étage quand je tombai nez à nez avec ce type. IL me regarda un instant, les yeux brillants d'une lueur douteuse, me lança un sourire narquois puis quitta les lieux en me bousculant assez violemment. Je voulus répliquer, mais mon regard s'arrêta sur elle. Son corps gisait sur le sol, inconsciente. Une vague de colère et de déni me transperça si violemment que le temps sembla s'arrêter, je sentais que tout tournait autour de moi, incapable de bouger.

Ambre n'est pas avec toi, tu devras te débrouiller tout seul, mec.

Mais soudain, tout changea. Je vis du sang couler de sa bouche, mon corps se raidit à cette vue. Plein de raisonnements tourbillonnaient dans ma tête, quand je me rappelai enfin les paroles de ma sœur à ce sujet, quelque chose et puis… danger de mort.

Merde.

J'arrachai enfin mes pieds du sol et m'élançai vers Lila. Le discours d'Ambre tournait en boucle dans ma tête : « Vérifie si elle est consciente ».

Je lui pris la main, la secouai légèrement :

— Lila ? Tu m'entends ? S'il te plaît, réponds-moi.

Rien.

— Écoute, si tu m'entends, essaie de serrer les doigts.

Toujours rien.

Je tentais de calmer mon souffle ainsi que les violents tremblements de mes mains, puis je jetai un coup d'œil à ma montre : 23:38.

OK, je dois retenir l'heure. Désormais sûr qu'elle est inconsciente, je dois…

Je sentis une présence derrière moi.

— Lila !

Je me tournai et vis Carolyn sur le point de se jeter sur elle. Je me jetai sur elle à mon tour, ouf, juste à temps.

— Tu fous quoi ?! Laisse-moi la…

Je mis une main sur sa bouche.

— Ton agitation diminue ses chances de survie, tais-toi, je m'en occupe.

Je me relevai quand elle me prit le bras et me tira vers elle. Nos visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre ; par contre, elle me fusillait du regard.

— Fais-moi confiance, lançai-je tout en soutenant son regard.

Elle me lâcha enfin quand j'entendis le son que je redoutais plus que tout : le gargouillement du sang. Je me retournai et vis qu'elle s'étouffait avec son propre sang. Carolyn porta sa main sur sa bouche tandis que je courais de l'autre côté de son corps.

OK, calme-toi Eden. Tu dois la retourner pour éviter qu'elle ne s'étouffe, mais si je la bouge trop brusquement, elle risquera une paralysie cervicale, que faire…

— Eden… grouille-toi, je crois que…

J'inspirai rapidement et entrepris de la retourner sur le côté.

— Il est quelle heure ? dis-je d'un ton sérieux tout en supportant son tronc et son cou.

Elle me répondit qu'il était 23:43 après quelques secondes de silence.

23:38 et 23:43.

— Viens m'aider.

Elle accourut.

— Je… fais quoi ? bafouilla-t-elle.

— Maintiens sa tête en pointant sa bouche vers le sol, surtout pas de geste brusque.

Elle s'exécuta avec précision, comme si sa vie en dépendait. Le sang coula hors de sa bouche et s'écoula vers le sol.

Ouf, une seconde de plus et il se retrouverait dans ses poumons.

Je posai ma main sur son front ; elle est gelée, ce n'est pas bon.

— Tu peux réussir à la maintenir comme ça 30 secondes ?

Elle acquiesça.

Je m'écartai lentement d'elle alors que Carolyn prenait le relais pour maintenir sa position, puis je courus à travers la maison dans l'espoir de trouver de quoi la réchauffer. J'aperçus une couverture sur un lit et j'entrai dans la pièce pour l'attraper. Bizarre, j'ai cru voir un ballon de foot un instant, mais je n'avais plus le luxe de m'attarder sur les détails.

La couverture dans mes bras, je courus vers le couloir et m'agenouillai devant Lila. Je la couvris doucement en prenant garde de ne pas toucher les blessures sur son visage. Mon visage se durcit à la vue de ce dernier, ce Kay… si je le trouve.

— Les secours ne vont plus tarder.

— Tant mieux alors.

Je lançai un regard à ma montre : 23:58.

23:38, 23:43 et 23:58.

— Dis, Eden…

— Hm ?

— Tu crois qu'elle respire bien maintenant ?

Je la regardai un instant. Elle avait l'air très inquiète, mais sa voix était si calme… je l'envie. Je me penchai vers Lila de façon à ce que mon oreille soit au-dessus de sa bouche, tout en ayant une vue sur sa poitrine afin de vérifier si son souffle était constant. Il est faible, mais perceptible, puisqu'il me procura un frisson.

— Ça va aller pour l'instant.

— Comment ça, pour l'instant ?

Réponses

  • Par juste_une_meuf3 (Fille / 2011 / Bénin) le 31 décembre 2025 à 20:30

    Franchement,j'adore ^^
    G vrm hate de lire la suite ^^
    Je cesserai jms de le dire,t'as bcp de talent ^^
    Continue, stpppppppppp

  • Par liloll. (Garçon / 2009 / Suisse, Tessin) le 31 décembre 2025 à 22:25

    Essaye de trouver des éditeurs et envoie leurs tes œuvres tu as du talent mec

  • Par liloll. (Garçon / 2009 / Suisse, Tessin) le 31 décembre 2025 à 22:26
    En réponse à liloll.
    Essaye de trouver des éditeurs et envoie leurs tes œuvres tu as du talent mec

    Meuf*

Répondre au sujet

Pour répondre à un sujet ou à un commentaire, tu dois d’abord te connecter.

Connecte-toi à ton compte

Avec le soutien de

Avec le soutien financier de la Confédération, en vertu de l'ordonnance sur des mesures de protection des enfants et des jeunes et sur le renforcement des droits de l'enfant.

Ouvrir les actions