Voici la suite de ma nouvelle.
⚠️Si vous me reconnaissez merci de ne pas divulguée mes information personel
Bonne lecture et au plaisir d'entendre vos critique.

Réponses

  • Par Myosotis_37 (Garçon / 2011 / Suisse, Vaud) le 29 novembre 2025 à 22:33

    Voici la suite :

    Chapitre 3 : L’effet carapace

    Les semaines passaient, et Théo s’enfermait doucement dans son monde silencieux. Il croyait que ses règles l’aidaient à devenir plus "adulte", plus sérieux. Mais, en réalité, quelque chose en lui s’éteignait.

    À la maison, ses parents remarquaient bien qu’il était moins bavard, moins souriant.
    — "Ça va à l’école ?" demandait souvent sa mère.
    — "Ouais, tranquille."
    Toujours les mêmes réponses. Courtes. Fermées.

    À l’école, c’était pareil. Il avait toujours une règle à suivre dans sa tête. Des règles qui s’ajoutaient jour après jour.
    Règle n°4 : Ne jamais dépendre des autres.
    Règle n°5 : Travailler seul pour ne pas être déçu.
    Règle n°6 : Ne pas perdre de temps avec des choses inutiles.

    Avec toutes ces règles, il pensait qu’il allait réussir. Que ses notes allaient s’envoler, que tout allait s’améliorer.

    Mais c’était l’inverse.

    Ses notes baissèrent. Pas d’un coup, mais lentement. Un 4 en maths. Un 3.5 en allemand. Un 4.5 en sciences. Des matières où il avait toujours eu la moyenne, voire plus. Il ne comprenait pas. Il travaillait dur, pourtant. Mais il ne posait plus de questions. Il ne participait plus en classe. Il n’échangeait plus avec Léa et Mathéo sur les devoirs, sur les leçons. Il ne révisait qu’en solo, souvent enfermé dans sa chambre, avec de la musique pour couvrir le silence.

    Un jour, en cours d’histoire, la prof demanda :

    — Théo, peux-tu nous résumer ce qu’on a vu la semaine passée ?

    Il resta figé. Il avait tout lu, tout révisé. Mais sa gorge était sèche. Ses mains tremblaient. Tout le monde le regardait. Il sentit le rouge lui monter aux joues.

    — Euh… je sais pas… désolé…

    La prof hocha la tête, un peu déçue, et passa à quelqu’un d’autre. Théo, lui, se sentit minuscule.

    Après le cours, Mathéo le rattrapa dans le couloir :

    — Frérot, t’as l’air à bout. Tu veux qu’on révise ensemble demain ?

    Théo le regarda, mais répondit sèchement :

    — J’ai pas besoin d’aide.

    Mathéo recula un peu, surpris. Il leva les mains.

    — OK, OK, comme tu veux…

    Et il partit.

    Théo ferma les yeux un instant. Il venait de blesser son meilleur ami. Mais dans sa tête, une nouvelle règle s’imposait déjà :

    Règle n°7 : Ne pas montrer ses faiblesses.

    Chapitre 4 : Les petits silences

    L’hiver approchait. Les jours raccourcissaient, les matins devenaient plus froids. Théo, lui, avait complètement plongé dans son système de règles. Il notait même certaines d’entre elles dans un petit carnet caché au fond de son sac.

    C’était devenu comme un jeu… sauf que ce jeu n’était pas amusant.

    En classe, il ne levait plus jamais la main. Il rendait ses devoirs, parfois à moitié finis. Et il ne cherchait même plus à comprendre pourquoi il avait de mauvaises notes. Il disait juste :
    — "Pas grave, la prochaine fois."
    Mais il ne faisait rien pour changer.

    Avec Léa et Mathéo, les choses s’étaient compliquées. Ils continuaient à lui parler, à essayer de le faire rire. Mais lui, il répondait par des phrases courtes, parfois même par des regards vides.

    Il n’y avait plus de disputes. Mais il n’y avait plus de vraies conversations non plus.

    Les silences s’installaient entre eux, comme un mur invisible. Un jour, à la pause, Léa lança timidement :

    — T’as changé, Théo. On dirait que t’es plus vraiment là.

    Il haussa les épaules.

    — Peut-être que c’est vous qui avez changé.

    Mathéo, qui grignotait un sandwich, s’arrêta de mâcher. Il regarda Théo, un peu choqué.

    — Tu rigoles ? On essaie juste de rester potes. C’est toi qui t’éloignes…

    Théo baissa les yeux. Il ne voulait pas les blesser. Mais il ne savait plus comment leur parler. Il se sentait seul, enfermé dans un costume trop lourd qu’il s’était fabriqué lui-même.

    Ce soir-là, chez lui, il ouvrit son carnet et ajouta une nouvelle ligne :

    Règle n°8 : Si les autres ne comprennent pas, tant pis pour eux.

    Il relut la phrase plusieurs fois. Il avait l’impression d’écrire quelque chose d’important, de fort. Mais en vérité, en refermant le carnet, il sentit un pincement au cœur.

    Et pour la première fois depuis longtemps, il se demanda :

    "Et si c’était moi, le problème ?"

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