Aider un proche qui consomme

Dernière modification: 11 Décembre 2018

On peut avoir dans son entourage une personne qui consomme et pour laquelle on s'inquiète. On aimerait faire quelque chose pour l'aider, on a peut-être déjà essayé d'en parler mais rien ne change.

Ce qui est sûr c'est qu'on ne pourra jamais arrêter de consommer à la place de l'autre. Par contre on peut adopter certaines attitudes qui peuvent l'aider à remettre en question sa consommation ou au contraire l'entretenir.

Situation d'urgence

Certaines situations sont des urgences médicales :

  • C'est le cas lorsqu'un·e ami·e qui a trop bu, ne répond plus et sombre dans l'inconscience.
  • C'est aussi le cas lorsque quelqu'un fait une overdose.

Si un jour tu devais te trouver face à un·e amie dans le coma à cause de l’alcool, dans une fête par exemple, tu as l’obligation de lui porter secours.

Il est recommandé d’appeler le 144 (le numéro de la centrale d’urgence, valable dans toute la Suisse) et de préciser que la personne est inconsciente (elle ne bouge plus et ne répond plus), car c’est une information décisive pour les secouristes.

Il y a d'autres situations où on peut se retrouver dans une situation difficile (par ex. un·e ami·e ivre qui déprime, quelqu'un qui fait un bad trip, etc.). Nombreuses sont les situations où on peut être confronté·e à la consommation des autres et vouloir les aider.

Un·e ami·e a un problème

Lorsqu'un·e proche a un problème de consommation, on aurait envie de lui faire la morale, de le·la convaincre qu'il·elle fait une bêtise et qu'il·elle doit arrêter de consommer. Mais parfois l'autre est en pleine lune de miel avec le produit, n'y voit que les côtés positifs et ne peut pas comprendre qu'on critique sa consommation.

Dans ce cas, il s'agit surtout de dire : dire ce qu'on voit, dire ce qu'on sent, dire ce qu'on sait, et surtout faire attention à la manière de le dire. Ainsi, il faut absolument éviter de dire à l'autre qu'il DOIT arrêter.

Une personne qui a perdu le contrôle de sa consommation se sent souvent coupable. Tout ce qui peut renforcer ce sentiment de culpabilité est à éviter. Pour cela il faut parler de soi, dire « Je » : par ex. dire « JE m'inquiète parce que tu as trop bu », plutôt qu'accuser et dire « Tu as trop bu ! ». A travers le dialogue, on peut chercher à comprendre ses motivations à consommer, et celles qui pourraient l'amener à arrêter.

C'est à travers le dialogue et non par des menaces qu'on peut encourager un·e ami·e à prendre un jour la décision de stopper sa consommation.

Consommation dans la famille

Quand un parent souffre d'un problème de dépendance, c'est toute la famille qui est perturbée par la consommation. L'enfant est sans cesse confronté à des comportements imprévisibles. Entre les humeurs extrêmement fluctuantes de ses parents et ses propres émotions, il·elle ne sait plus où il·elle en est, déchiré·e entre colère et déception, amour et haine. Il·elle est pris·e dans un terrible conflit de loyauté et n'ose pas en parler de peur de trahir ses parents, d'être rejeté·e par les autres ou d'être pris·e en pitié.

Quel que soit son âge, un enfant se sent responsable de la situation et des consommations de son parent. Il·elle se culpabilise de ne pas réussir à les faire stopper. Pouvoir parler, c'est sortir du secret et se libérer d'un poids important. C'est retrouver confiance en soi, en ses propres émotions et sentiments. Sans possibilité de se libérer de cette souffrance, l'enfant risque de souffrir lui·elle-même plus tard de problèmes de consommation ou de problèmes psychologiques.

Si tu veux en savoir plus:

Enfant dans une famille alcoolique

Poser des limites

Aider quelqu'un qui a un problème de consommation c'est

  • Lui offrir un regard critique
  • Une écoute
  • Un dialogue
  • Mais c'est aussi poser des limites à ce qu'on accepte et ce qu'on n'accepte pas

Ainsi on peut demander à une personne de ne pas consommer en notre présence, ou lui demander qu'elle ne soit pas sous l’effet du produit lorsqu'on passe du temps ensemble. On doit refuser de monter dans le véhicule - ou sur le scooter - de quelqu'un qui n'est plus apte à conduire.

Ce qui est important c'est de ne pas prendre sur soi le souci et la responsabilité de la consommation de l'autre.

La codépendance

Parfois en voulant aider l'autre, on finit par s'oublier soi-même. Par amour, par souci pour ce·tte proche qu'on aime, on se met à faire beaucoup pour lui·elle, on l'excuse, on le·la contrôle, on le·la menace, on essaie de mieux le·la comprendre, de l'aimer davantage, etc.

Mais rien n'y fait. Par contre on s'épuise, on perd courage, on se met à douter de tout, et de soi-même aussi. On perd confiance en soi, on déprime, on s'isole, on tombe malade, mais la situation ne s'est pas arrangée. Il arrive même qu'en désirant aider à tout prix la personne dépendante, on contribue sans le vouloir à la maintenir dans sa maladie.

Dans cette situation, même sans consommer, il est absolument nécessaire de se faire aider afin de pouvoir réapprendre à s'occuper de soi et se ressourcer.

  • L'entourage

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