Bonjour
J'aurais voulu savoir si:
- le divorce,
- la contraception,
- l'avortement,
- la virginité
avant le mariage étaient des choses que refusaient l'Eglise conservatrice ou si c'était Dieu ou Jésus qui l'avaient interdit de même pour la religion musulmane
Merci de votre réponse.
Bonjour
Merci pour votre question qui, en fait, en comporte plusieurs.
Commençons par 'l'Eglise conservatrice', comme vous la nommez: précisons que l'on ne peut pas répondre sans la situer plus précisément par rapport aux thèmes de vos questions. J'espère ne pas me tromper en la comprenant, ici, comme la tradition conservatrice de l'Eglise catholique (L'Eglise protestante, conservatrice ou non, a un point de vue différent sur les questions qui vous intéressent ; voir plus bas).
Donc, cette Eglise s'appuie sur un principe incontournable, celui du respect de la vie telle que l'être humain la reçoit de sa conception à sa mort. Ce principe s'appuie en particulier sur le commandement biblique qui dit: 'Tu ne tueras point'. Si on entend ces mots au pied de la lettre, cela implique de ne pas se faire avorter, de ne pas utiliser de contraceptif qui empêche la vie de se former ou qui élimine l'embryon et aussi toutes autres pratiques qui interviendraient volontairement sur la vie humaine, à l'exception des soins.
Mais, il me semble important de souligner aussi une autre chose qui se trouve dans la Bible, Dieu sait aussi que l'être humain est faible et qu'il ne parvient pas à vivre de manière parfaite, il y a donc aussi une parole qui résume les autres et prescrit d'aimer son prochain comme soi-même (son conjoint, son enfant, sa famille, etc.) et de l'aimer lui, Dieu, plus que tout. Ce qui conduira à tenir compte des circonstances de la vie et des limites des uns et des autres pour faire des choix. C'est ce que le conservatisme oublie parfois et ce dont le point de vue plus ouvert tient compte.
Concernant la virginité avant le mariage, et le divorce (la fin du mariage), je répondrai rapidement et si vous voulez d'autres détails, vous pourrez utiliser le moteur de recherche de cette rubrique pour trouver encore davantage d'informations car nous avons souvent répondu à ce thème.
La vie reçue concerne le biologique dans la première partie de ma réponse, elle concerne ici, le relationnel, et relève de la rencontre d'un homme et d'une femme, qui parfois aboutit au mariage. C'est pour préserver le sérieux de l'engagement de cette rencontre que la virginité est proposée avant le mariage, par l'Eglise conservatrice, et aussi pour éviter de mettre en route la vie d'un enfant alors que le cadre sécurisant du mariage n'est pas encore prêt.
Il est important de savoir aussi que le mariage y est considéré comme un sacrement, donc un moyen aussi de faire son chemin avec Dieu, pour chacun des époux. Une fois établi, il est considéré comme indissoluble. Et donc, le divorce ne peut être pris en considération dans cette perspective.
Ce sacrement est développé par l'Eglise et non directement par Jésus. Cette dernière est constituée d'êtres humains croyants et conduite par Dieu et son Christ. Ce peuple essaie de comprendre et d'obéir à ce que Dieu veut, mais n'y parvient pas toujours.
Là aussi, la compassion de Dieu et de Jésus pour l'être humain, pour ses limites, pour ses erreurs, les conduit à pardonner à celles et ceux qui ne peuvent plus poursuivre une union devenue difficile et se séparent, parfois jusqu'au divorce. Ou essaient de recommencer une nouvelle vie. Ou encore un couple qui ne peut accueillir un enfant de plus, et décide d'avorter.
En suivant mon explication, vous comprenez peut-être aussi que les Eglises plus progressistes (et les Eglises protestantes notamment) s'appuient davantage sur cette compassion de Dieu ou de Dieu, pour l'être humain, pour l'accompagner dans ses choix par rapport à sa vie, dans le respect et le sérieux des engagements pris. Elles ne se réfèrent pas d'abord à un principe, mais d'abord à un amour de compassion et dans certaines circonstances autorisent le divorce ou l'avortement. Elles mettent aussi au premier plan de la vie à deux, l'amour entre époux, et sa réalisation sociale, diversifiée, qui ne se réduit donc pas seulement à la procréation. Et pour cela permettent l'usage de la contraception dans le respect de la vie des conjoints. Il y a donc différents points de vue sur les thèmes qui vous intéressent à l'intérieur du Christianisme.
La religion musulmane n'a pas non plus une position unanime face à vos questions. Et il est impossible de détailler l'ensemble des points de vue ici. Vous savez que son texte de référence est le Coran. Il peut être lu de différentes manières, comme la Bible. Il y a donc là aussi une compréhension plus conservatrice que l'autre.
En deux mots et en général: l'avortement et la contraception sont interdits, de même que le suicide ou l'euthanasie, au nom du respect de la vie que Dieu donne à l'être humain depuis avant sa naissance jusqu'à sa mort. Avoir de nombreux enfants est considéré comme une bénédiction et le Coran autorise un homme à avoir jusqu'à quatre femmes, dans la mesure où il peut assumer la vie des enfants à venir.
Il y a quelques débats sur le temps avant la naissance et le moment où l'embryon reçoit son âme, ce qui donne lieu à des positions diverses au sujet de l'avortement, selon que l'âme est arrivée ou non dans le foetus. L'avortement thérapeutique, pour sauver la mère, est généralement admis.
Le divorce est possible et la procédure est même prévue, dans cette religion. Le mariage béni par Dieu, n'est pas un sacrement, mais d'abord un contrat. Et c'est ce dernier qui peut être rompu lors du divorce, dans le respect l'un de l'autre, et devant témoins.
La virginité avant le mariage est plutôt liée aux règles générales de chasteté qui sont valables pour les hommes et les femmes. Ce que condamne sévèrement le Coran, ce sont les relations sexuelles hors mariage.
Cependant, dans de nombreuses cultures traditionnelles, souvent liées aussi à la religion musulmane (d'où une certaine confusion), la virginité des filles jusqu'au mariage est exigée. Et on va même jusqu'à vérifier si elle était réelle lors de la nuit de noces. Cette pratique sert en particulier l'idée qu'une fille est un 'bien précieux' d'autant plus précieux qu'elle n'a appartenu qu'à sa famille avant d'être 'acquise' par son mari. La dot est parfois calculée en conséquence. Et un lien culturel entre virginité de la fille et honneur de la famille s'est développé, qui conduit à certains épisodes dramatiques, parfois relatés dans la presse, lorsque le doute sur la virginité de l'épousée subsiste. Celle de l'époux n'étant pas vérifiable, ne peut servir de repère au respect entre familles ou clans.
Voilà, quelques grandes lignes de réponses à vos questions.
Mais sachez que toutes : virginité, divorce, contraception, avortement, mériteraient de vastes développements.
Vous pouvez chercher encore chacun de ces mots avec le moteur de recherche et trouver bien des compléments nuancés à ma réponse, déjà fort longue.
Revenez nous questionner si vous en éprouvez la nécessité. Bonne suite.
Ciao